Critique Ciné : Pet Shop Days (2025)

Critique Ciné : Pet Shop Days (2025)

Pet Shop Days // De Olmo Schnabel. Avec Dario Yazbek Bernal, Jack Irv et Camille Rowe.

 

Avec Pet Shop Days, premier long métrage signé Olmo Schnabel, le cinéma indépendant new-yorkais s’offre une nouvelle tentative de chronique générationnelle. L’idée m’a intrigué : une romance queer sur fond de dérive criminelle, entre deux jeunes hommes qui se rencontrent dans une animalerie et plongent ensemble dans une spirale de nuits agitées. Dans les faits, le film laisse une impression plus contrastée, entre envie de cinéma et maladresses assez visibles. Dès les premières minutes, Pet Shop Days pose un univers particulier. L’histoire démarre avec Alejandro, un jeune homme issu d’un milieu très privilégié, en rupture avec son père. 

 

Poussé par le désespoir, Alejandro, le fils rebelle d’une famille mexicaine, décide de tout quitter pour échapper à l’emprise de son père. À New York, il rencontre Jack, un jeune employé d’animalerie à l’univers tout aussi cabossé. Entre eux, l’attirance est immédiate, et leur histoire d’amour les entraîne dans une spirale envoûtante au cœur des bas-fonds de Manhattan, entre excès, drogues et perte de repères…

 

Un événement violent précipite son départ vers New York. Là-bas, il croise Jack, un garçon plus discret, un peu perdu, qui travaille dans une animalerie. Leur rencontre lance une relation difficile à définir : attirance, dépendance, fascination… un mélange un peu flou, mais central dans le récit. Le film navigue ensuite entre plusieurs directions. D’un côté, une histoire d’amour queer qui se veut libre et moderne. De l’autre, une trajectoire plus sombre où les deux personnages enchaînent les excès et flirtent avec des activités illégales. Cette dualité aurait pu créer une vraie tension dramatique, mais le scénario semble parfois hésiter sur la route à suivre. 

 

Résultat : une impression de dispersion, comme si le film refusait de choisir entre romance, drame et thriller. Visuellement, Pet Shop Days tente clairement d’imposer une identité. Le New York montré ici n’est pas vraiment ancré dans une époque précise. Entre les clubs, les appartements encombrés et les rues filmées de manière presque brute, le film cherche une esthétique proche du cinéma indépendant des années 90. Certaines séquences fonctionnent bien, notamment dans les intérieurs ou les scènes nocturnes. Il y a une vraie énergie dans la façon de filmer les lieux, comme une envie de tout capter, de ne rien laisser échapper. Mais cette approche visuelle a aussi ses limites. 

 

À force de vouloir en faire beaucoup, le film devient parfois un peu confus. Les plans s’enchaînent sans toujours donner du sens à l’ensemble, et certaines scènes donnent l’impression d’être là plus pour le style que pour faire avancer l’histoire. Cette envie de cinéma est palpable, mais elle manque parfois de maîtrise. Côté casting, Pet Shop Days réserve quelques surprises. Le film rassemble des visages connus dans des rôles secondaires, ce qui crée un contraste intéressant avec les deux personnages principaux. Dario Yazbek Bernal incarne Alejandro avec une certaine intensité, presque nerveuse. Son personnage agit comme un élément perturbateur constant, imprévisible et souvent difficile à suivre. 

 

En face, Jack Irv propose un personnage plus en retrait, presque passif au début, mais qui évolue au contact de cette relation. Le duo fonctionne par moments. Il y a une vraie alchimie, surtout dans les scènes les plus intimes ou les plus chaotiques. Pourtant, cette relation reste difficile à saisir émotionnellement. Le film montre beaucoup de choses, mais creuse peu. La romance, censée être le cœur du récit, manque parfois de profondeur. Elle avance vite, enchaîne les étapes, sans vraiment laisser le temps de comprendre ce qui lie réellement ces deux personnages. Le scénario multiplie les pistes : tensions familiales, fuite, criminalité, sexualité, identité… mais ne développe jamais complètement ces thèmes. 

 

Certains arcs narratifs apparaissent puis disparaissent sans réelle conclusion. Cette accumulation donne une impression de chaos permanent, qui peut séduire par son côté brut, mais qui finit aussi par fatiguer. Dans cette confusion, Pet Shop Days rappelle parfois certains films du cinéma queer des années 90, avec des personnages marginaux, des relations instables et une certaine indifférence aux règles narratives classiques. Cette filiation est assumée, mais elle peut aussi donner le sentiment d’un film qui regarde beaucoup vers le passé sans réussir à trouver sa propre voix. Il faut malgré tout reconnaître une forme de sincérité dans la démarche. Pet Shop Days ne cherche pas à plaire à tout le monde. 

 

Il avance avec ses défauts, ses excès, et une certaine liberté. Ce n’est pas un film formaté, et cela se ressent. Certaines scènes fonctionnent vraiment, notamment dans leur capacité à capter une forme d’urgence ou de désorientation propre à cette jeunesse. Mais cette sincérité ne suffit pas toujours. Le film reste inégal, parfois maladroit, souvent trop chargé. L’émotion peine à s’installer durablement, et l’ensemble donne l’impression d’un projet encore en construction. Comme ses personnages, Pet Shop Days semble chercher sa direction sans vraiment la trouver.

 

Note : 5/10. En bref, Pet Shop Days est un film curieux. Ni totalement raté, ni vraiment abouti, il oscille entre bonnes idées et exécution incertaine. Les amateurs de cinéma indépendant et de récits queer y trouveront peut-être matière à réflexion, ou au moins quelques moments intéressants. Pour les autres, l’expérience risque de paraître confuse et un peu distante. Un premier film qui montre une envie de cinéma réelle, mais qui laisse surtout entrevoir ce qu’il aurait pu être avec un peu plus de clarté et de maîtrise.

Sorti le 22 octobre 2025 au cinéma - Disponible en VOD

 

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