Critique Ciné : Crime 101 (2026, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : Crime 101 (2026, Amazon Prime Video)

Crime 101 // De Bart Layton. Avec Chris Hemsworth, Halle Berry et Mark Ruffalo.

 

Avec Crime 101, le cinéma de braquage revient sur le devant de la scène avec une proposition qui sent clairement l’amour du genre. Entre tension, face-à-face et ambiance urbaine, le film de Bart Layton s’inscrit dans la lignée des grands thrillers policiers, sans pour autant chercher à révolutionner quoi que ce soit. Et c’est peut-être là que réside à la fois sa force… et sa limite. Avant toute chose, j'aurais préféré voir ce film au cinéma. De plus, j'aurais préféré que Amazon Prime Video en fasse aussi la promo plutôt que d'annoncer la veille pour le lendemain sa sortie directement sur sa plateforme. Comme si ce film prometteur méritait d'être bazardé de la sorte.

 

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Dès les premières minutes, Crime 101 installe son terrain de jeu : Los Angeles, ville tentaculaire, baignée de soleil mais traversée par des zones d’ombre. Le décor fonctionne immédiatement. Il y a quelque chose de familier dans cette atmosphère, un parfum de polar des années 90 remis au goût du jour. Pas un simple copier-coller, plutôt une réinterprétation moderne. L’histoire suit Davis, un voleur méthodique qui opère avec précision. Un homme discret, presque invisible, qui a construit sa routine sur le contrôle et la patience. En face, un inspecteur déterminé commence à remarquer des schémas dans ses braquages. Le jeu du chat et de la souris peut alors commencer, avec ce qu’il faut de tension et d’attente.

 

Le film repose beaucoup sur ce duel. D’un côté, un criminel qui veut garder la main. De l’autre, un flic qui refuse de lâcher prise. Une mécanique classique, mais efficace quand elle est bien menée. Ici, ça fonctionne par moments, surtout dans les scènes les plus calmes. Les échanges entre les personnages sont souvent plus intéressants que les séquences d’action. Le casting est clairement un des gros atouts de Crime 101. Chris Hemsworth surprend dans un rôle plus contenu que d’habitude. Loin du héros invincible, il incarne un homme fatigué, parfois hésitant, ce qui rend son personnage plus humain. Mark Ruffalo, en face, apporte une vraie présence. Son enquêteur est tenace, mais jamais caricatural.

 

Halle Berry, de son côté, apporte une touche plus élégante au récit, avec un rôle lié au monde des assurances de luxe. Un personnage qui permet aussi d’aborder, en arrière-plan, la question des inégalités sociales. Ce n’est pas le cœur du film, mais l’idée est là : certains vivent dans l’excès pendant que d’autres prennent tous les risques. Barry Keoghan, lui, vient ajouter une dose d’imprévisibilité. Son personnage de braqueur concurrent casse légèrement l’équilibre installé, même si son rôle manque parfois de développement. Comme plusieurs personnages secondaires, il donne l’impression d’être là pour servir l’intrigue sans exister pleinement.

 

Visuellement, le film est soigné. La mise en scène est propre, parfois même assez élégante. Les plans de Los Angeles fonctionnent bien, notamment dans les scènes nocturnes. La musique, discrète, accompagne efficacement sans jamais prendre le dessus. Tout est calibré pour maintenir une tension constante. Mais c’est justement là que le film commence à montrer ses limites. Le rythme pose problème. Avec une durée qui dépasse les deux heures, Crime 101 prend parfois son temps… un peu trop. Certaines scènes s’étirent sans réelle nécessité, tandis que d’autres moments importants passent trop vite. Ce déséquilibre donne une impression étrange : le film n’est jamais ennuyeux, mais il manque de fluidité.

 

La première partie installe bien les enjeux. La tension monte progressivement, les personnages prennent place. Puis, dans la seconde moitié, le récit devient plus fragile. Certaines facilités scénaristiques apparaissent, avec des coïncidences un peu trop pratiques. L’ensemble perd alors en crédibilité. Autre point frustrant : certains éléments restent en surface. Le passé du personnage principal est évoqué, mais jamais vraiment exploré. Pourtant, il y avait là une vraie matière pour enrichir le récit. Résultat, l’évolution de Davis semble parfois un peu forcée, comme si certaines étapes avaient été survolées. Le film donne aussi l’impression de retenir ses coups. Là où il pourrait aller plus loin dans ses choix, il préfère rester dans une zone de confort. 

 

Même le final, pourtant tendu, manque d’un vrai impact. Il fonctionne, mais sans laisser une empreinte durable. Cela dit, tout n’est pas à jeter, loin de là. Crime 101 reste un thriller solide. Il y a du savoir-faire dans la réalisation, une vraie envie de proposer un polar sérieux, sans tomber dans le spectaculaire inutile. Les scènes de braquage sont bien construites, les face-à-face fonctionnent, et l’ensemble tient la route. Le film brille surtout dans ses détails. Certains petits éléments montrent une vraie attention dans l’écriture, notamment dans la manière dont les personnages préparent leurs actions. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment précis pour donner de la crédibilité à l’ensemble. 

 

Note : 6.5/10. En bref, Crime 101 ressemble à ces films qui maîtrisent leur sujet sans jamais complètement décoller. Il y a de bonnes idées, un casting solide, une ambiance réussie… mais aussi des longueurs et un manque de prise de risque. Ce n’est pas un polar qui marquera durablement le genre, mais il mérite clairement le détour pour les amateurs d’histoires de braquage. À condition d’accepter un rythme parfois irrégulier et un scénario qui reste en terrain connu.

Sorti le 1er avril 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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