29 Mai 2026
Starbright // De Francesco Lucente. Avec Ted Levine, John Rhys-Davies et Elisabeth Röhm.
Sur le papier, Starbright donnait plutôt envie. Avec son univers magique, ses étoiles filantes, ses anges et sa promesse de nous replonger dans l'ambiance des vieux contes fantastiques de notre enfance, il y avait de quoi être curieux. Pourtant, dès les premières minutes, on déchante assez vite. Le projet est pétri de bonnes intentions, mais il ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Derrière une esthétique féerique très appuyée et une musique qui en fait des caisses, cette production ressemble surtout à un énorme brouillon qui s'étire en longueur pendant plus de deux heures. L'histoire commence pourtant d'une manière assez classique et plutôt accrocheuse.
Un conte de fées moderne qui rencontre un thriller d'action.
On suit Aisling, une jeune fille profondément marquée par la perte de sa mère, qui vit avec ses grands-parents dans une ferme isolée. Un soir, après avoir fait un vœu face au ciel, sa vie bascule : un drôle de personnage débarque chez elle, accompagné d'un ange censé réaliser son souhait. Le problème, c'est que le film choisit ce moment précis pour greffer une intrigue secondaire avec des criminels lancés à leurs trousses, sans jamais vraiment prendre le temps d'expliquer ce qu'ils font là. Dès lors, le récit part dans tous les sens, mélangeant de la fantasy, de l'aventure, de la romance et du drame familial sans aucune transition logique.
C'est là que le long-métrage perd définitivement le spectateur. Le scénario est tout simplement décousu. Ce n'est pas une question de mystère complexe ou d'intrigue subtile à tiroirs, c'est juste que les événements s'enchaînent sans aucun bon sens. Les personnages passent leur temps à courir, à discuter dans le vide, à fuir et à se retrouver dans des situations improbables sans qu'on ressente la moindre progression dans l'histoire. Au bout d'une heure de visionnage, on cherche encore à comprendre ce que les protagonistes essaient concrètement d'accomplir. On a constamment l'impression que le script a été écrit au jour le jour, scène par scène, sans vision d'ensemble.
Certaines séquences s'ouvrent en fanfare comme si elles allaient bouleverser l'intrigue, puis sont totalement oubliées la scène suivante. À l'inverse, d'autres moments s'éternisent sans aucune raison. Le réalisateur abuse des ralentis, des longs regards silencieux et des grands panoramas sur la nature, mais la mayonnaise ne prend pas. L'émotion reste totalement artificielle derrière ces jolies images de carte postale. C'est d'autant plus frustrant qu'il y avait un vrai potentiel. Starbright essaie sincèrement de retrouver l'esprit un peu naïf et innocent des films fantastiques des années 80 ou 90. Visuellement, certains décors ont un charme indéniable.
Quelques plans de nuit et certaines ambiances forestières rappellent brièvement ces vieux films de fantasy qu'on aimait regarder à la télévision le dimanche après-midi. Le charme opère quelques secondes, mais la déception revient au galop. Chaque fois qu'une bonne atmosphère commence enfin à s'installer, le film brise son propre élan avec une séquence maladroite ou un dialogue qui tombe complètement à plat. La mise en scène manque cruellement de punch et de savoir-faire. Les rares scènes d'action font penser à de l'improvisation totale, tandis que le montage impose une lenteur pesante. Même les moments de tension dramatique manquent de rythme et paraissent mous.
Les acteurs ne parviennent pas non plus à redresser la barre. Les deux comédiens principaux manquent cruellement de charisme et de complicité, ce qui rend leurs échanges très artificiels. On sent que le film force le trait pour nous arracher une larme, mais le spectateur reste totalement extérieur à ce qui se joue à l'écran. Par moments, on a franchement l'impression de regarder un téléfilm de l'après-midi plutôt qu'un vrai film de cinéma taillé pour le grand écran. La présence du vétéran John Rhys-Davies laissait espérer un peu de consistance, surtout dans un rôle d'archange. Malheureusement, même lui semble se demander ce qu'il fait là. Son personnage devait amener une touche de mystère et d'autorité, mais sa prestation reste plate.
Le scénario s'entête à lui donner des répliques grandiloquentes qui sonnent creux, se perdant dans une philosophie de comptoir assez fatigante. Pour couronner le tout, la bande-son devient vite insupportable. Les chœurs omniprésents tentent de créer une grandeur artificielle, mais finissent par se transformer en un bruit de fond répétitif qui pèse encore plus sur le film. Le plus gros défaut reste sans doute sa durée. Dépasser les deux heures pour une histoire aussi mince est une grave erreur de montage. Une bonne demi-heure de coupes n'aurait absolument rien changé à la cohérence globale. Trop de scènes servent uniquement à meubler le temps, entre conversations stériles et plans de paysages étirés jusqu'à l'ennui.
Le ton général est d'ailleurs très bancal. Le film navigue constamment entre un ton très enfantin axé sur la magie et des scènes beaucoup plus sombres avec des hommes armés, sans jamais réussir à lier les deux. C'est vraiment dommage, car avec une écriture plus rigoureuse et une vraie direction artistique, cette histoire de deuil et d'évasion par l'imaginaire aurait pu donner un joli conte touchant. Au lieu de cela, Starbright s'impose comme un immense gâchis. Malgré quelques beaux plans et une vraie sincérité dans sa démarche, le film s'embourbe dans ses propres défauts et étouffe la moindre étincelle de magie.
Note : 2/10. En bref, Starbright se veut un conte fantastique à l'ancienne, mais il s'effondre sous le poids d'un scénario décousu et d'un mélange de genres totalement incohérent. Avec un rythme interminable de plus de deux heures et une réalisation qui manque de punch, le film gâche ses quelques jolies idées pour ne laisser qu'un sentiment d'immense gâchis.
Sorti le 31 mars 2026 directement en SVOD
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