Critique Ciné : Busboys (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Busboys (2026, direct to SVOD)

Busboys // De Jonah Feingold. Avec David Spade, Theo Von et Tim Dillon.

 

Franchement, j'attendais pas mal de Busboys. Quand on réunit sur une affiche David Spade, pilier de la comédie américaine, et Theo Von, qui cartonne avec ses podcasts et son humour complètement décalé, on se dit qu’il y a un vrai coup à jouer. Sur le papier, cette comédie indépendante avait tout pour plaire et faire des étincelles. Mais une fois le film lancé, la douche est plutôt froide. Le résultat est très loin de nos attentes. Le pitch est simple, presque nostalgique. On suit deux employés de restaurant persuadés que décrocher une promotion pour devenir serveurs va régler tous leurs problèmes. 

 

David et Theo pensent que devenir serveurs résoudra tous leurs problèmes. Ils se trompent.

 

Ça rappelle immédiatement les comédies légères des années 2000, où des grands gamins tentent de changer de vie avec des objectifs un peu absurdes. Le problème, c’est que ce genre de film ne marche que si les situations sont mémorables et les répliques ultra percutantes. Et là, Busboys galère à trouver son rythme dès le départ. Le gros point noir vient de l'écriture. Tout au long du film, j’ai eu l'impression de regarder une suite de sketchs posés là sans vrai fil conducteur. Les scènes s'enchaînent sans progression logique. On sent trop le côté improvisation, mais pas celle qui dynamise un plan, plutôt celle qui comble les trous d'un scénario un peu vide. 

 

L'humour tourne en boucle autour de quiproquos vus mille fois et de vannes potaches. Presque rien ne reste en tête après le générique. C’est super frustrant parce que David Spade et Theo Von sont des mecs hyper drôles à la base. Si vous les suivez sur scène ou dans leurs podcasts, vous savez de quoi ils sont capables. Ils ont un sens du timing incroyable. Mais dans ce film, on a l'impression que leur talent est coincé, enfermé dans une histoire qui ne leur donne jamais l'espace nécessaire pour s'exprimer. Le cas de Theo Von va d’ailleurs diviser. Autant le mec est un génie derrière un micro de stand-up, autant l’exercice de l’acting sur un long-métrage semble trop lourd pour lui. 

 

Ses répliques sonnent parfois faux, le jeu manque de fluidité et son personnage n'arrive pas à exister par lui-même. On a juste l'impression de voir une version édulcorée de sa personnalité publique. De son côté, David Spade s’en sort un peu mieux grâce à son expérience. On retrouve par moments son humour sarcastique, mais c’est trop court pour sauver des scènes entières. Surtout, le vrai problème, c’est qu’on ne ressent aucune alchimie entre les deux acteurs. Ils jouent côte à côte, mais ils ne jouent pas ensemble, et pour un duo comique, c'est fatal. Pour le reste du casting, le choix s'est porté sur des visages connus du stand-up américain. 

 

L'intention était cool, mais ça met surtout en lumière une vérité cruelle : être bon sur scène ne fait pas de vous un bon acteur de cinéma. Les dialogues entre les personnages secondaires tombent souvent à plat et les échanges font très mécaniques. Heureusement, tout n'est pas raté. Quelques apparitions surprises et des gags purement absurdes parviennent à décrocher un sourire. Ces petites bouffées d'énergie font du bien, mais elles restent trop rares pour compenser les longs moments de mou qui plombent le film. Techniquement, Busboys souffre aussi de sa production indépendante. Le montage manque cruellement de punch et certaines scènes s’étirent sans raison. 

 

Même la musique ne vient pas arranger les choses. Les choix sonores tombent souvent à côté, ce qui donne un côté un peu amateur à des séquences qui auraient mérité plus de soin. Le plus étonnant, c'est le décalage entre l'énergie investie et le rendu. Les deux stars ont tout fait sur ce projet : écriture, production, financement. Ils avaient carte blanche pour livrer une œuvre originale. Mais finalement, on se dit que le film a manqué d'un regard extérieur, de quelqu'un capable de couper dans le gras et de réécrire les passages fragiles avant le tournage.

 

Note : 2/10. En bref, Busboys plaira peut-être aux fans absolus des deux artistes, ceux qui capteront les clins d'œil. Le film a pour lui une vraie sincérité, il ne prétend pas être autre chose qu'une comédie légère. Mais la sincérité ne suffit pas à faire un bon film. À force de balancer des vannes sans direction, Busboys passe à côté de son sujet. C'est une vraie occasion manquée pour deux grands noms de la comédie.

Prochainement en France en SVOD

 

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