15 Juin 2026
Encore plus sexy // De Michela Andreozzi. Avec Diana Del Bufalo, Valentina Nappi et Mario Ermito.
Quand j’ai vu débarquer Encore plus sexy sur mon écran, j'avais plutôt envie d'y croire. La réalisatrice Michela Andreozzi nous replonge dans l’univers de Pensati Sexy pour retrouver Maddalena. Sur le papier, notre héroïne a enfin coché toutes les cases de la vie d'adulte réussie. Elle a un boulot qui tourne bien, un mec qui a tout du partenaire idéal et un mariage en ligne de mire. Le tableau de famille semble idyllique, mais la machine se grippe rapidement. Chassez le naturel, il revient au galop : les vieux doutes de Maddalena refont surface et viennent bousculer toutes ses jolies certitudes.
Maddalena semble enfin avoir trouvé sa place : c'est une écrivaine reconnue, fiancée avec bonheur à Vanni, un éditeur brillant et aimant. Mais lorsque Valentina réapparaît, elle se retrouve à tout remettre en question.
L’idée de départ n’était pas mauvaise. Il y a un vrai sujet de fond sur le désir, la liberté d'esprit, la confiance en soi et cette fichue pression sociale qui nous pousse tous vers le moule du couple parfait et du mariage traditionnel. C'est le genre de thématiques qui parlent à tout le monde. Le problème, c’est que le film effleure à peine ces pistes. On reste constamment au niveau des bonnes intentions, sans jamais creuser le sujet pour lui donner de la consistance. Le vrai point noir du film, c’est son scénario. On a l'impression d'assister à un recyclage géant de toutes les comédies romantiques des vingt dernières années.
La mariée qui panique à l'approche du jour J, le séducteur mystérieux qui débarque pile au mauvais moment pour foutre le bazar, les quiproquos téléphonés, les grands choix de vie existentiels... Tout arrive exactement au moment où on l'attend. Très vite, on comprend que l'intrigue avance sur pilote automatique, et c'est franchement dommage. Heureusement, le duo d'actrices principales sauve un peu les meubles. L’alchimie entre Diana Del Bufalo et Valentina Nappi est évidente et crève l’écran. Leur complicité apporte une vraie fraîcheur et une énergie qui font du bien, surtout quand le rythme commence à traîner en longueur.
Valentina Nappi, qui joue le rôle d'une sorte de bonne conscience totalement délurée et irrévérencieuse, décroche les meilleurs moments. Ses répliques piquantes cassent la monotonie ambiante et réveillent un peu le spectateur. Malheureusement, cette bonne entente ne suffit pas à masquer les faiblesses du reste de la distribution. Dès que la caméra s'éloigne de notre duo pour s'intéresser aux intrigues secondaires ou aux personnages masculins, le soufflé retombe. Les deux hommes qui gravitent autour de Maddalena sont des caricatures sur pattes. Vous avez le choix entre le gendre idéal, symbole de la stabilité rassurante, et le bad boy ténébreux, qui incarne la passion et l’imprévu.
Aucun des deux n'a de réelle profondeur. Ils ne sont pas traités comme de vrais personnages, mais plutôt comme des outils scénaristiques pour alimenter les hésitations de l'héroïne. Cette sensation de vide se propage aussi chez les seconds rôles. Beaucoup de visages défilent sans laisser de souvenir impérissable, servant juste à meubler le décor ou à faire avancer l'histoire de manière artificielle. Le film tente bien de s'en sortir en multipliant les caméos de célébrités italiennes. Ça amusera peut-être le public local qui reconnaîtra les têtes, mais pour le reste du monde, cela ressemble surtout à un défilé de clins d’œil internes qui n’apportent absolument rien au récit.
Même quand le long-métrage essaie de délivrer un message plus intime ou féministe, il choisit la facilité. Le discours sur l'importance de s'accepter tel que l'on est, ou sur le fait que le mariage n'est pas le but ultime de l'existence, est tout à fait louable. Le souci, c'est la manière dont c'est amené. Le film devient hyper démonstratif, limite moralisateur, au lieu de faire passer ses idées avec finesse. Côté technique, la mise en scène est dynamique, colorée et plutôt agréable à l'œil. Visuellement, c'est propre, mais cela ressemble à un joli vernis posé sur une structure fragile. Les scènes s'enchaînent avec fluidité, mais l'émotion ne prend jamais. On regarde les événements se dérouler sans se sentir particulièrement impliqué dans le destin de Maddalena.
Les moments qui devraient nous toucher ou nous faire réfléchir passent à la trappe, faute d'une écriture assez solide pour nous accrocher. L'humour est lui aussi assez inégal. Quelques répliques bien senties font sourire, portées par le charme naturel des comédiennes, mais la plupart des vannes reposent sur des ressorts comiques ultra prévisibles. Le film essaie constamment de jongler entre la tendresse, la grosse rigolade et la romance fleur bleue, sans jamais trouver le bon équilibre. C'est ce qui laisse ce goût amer de rendez-vous manqué. Il y avait vraiment de la matière pour faire une comédie romantique moderne, piquante et originale sur le désir féminin et les injonctions de notre époque.
À la place, Encore plus sexy préfère jouer la sécurité en suivant une recette classique et sans prise de risque. Ce n'est pas un navet absolu, le film se laisse regarder un dimanche soir pluvieux grâce à son duo d'actrices, mais il s'oublie aussitôt le générique de fin commencé. Une suite un peu superficielle qui divertit cinq minutes mais qui peine à justifier son existence.
Note : 4/10. En bref, Encore plus sexy tente d'aborder des sujets modernes comme le désir et la pression sociale, mais l'ensemble s'embourbe rapidement dans les clichés prévisibles d'une comédie romantique classique. Si la complicité pétillante et l'énergie du duo d'actrices principales sauvent le film de l'ennui, le manque de profondeur du scénario en fait une suite superficielle et vite oubliée.
Sorti le 12 juin 2026 directement sur Amazon Prime Video
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog