Critique Ciné : Flavia (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Flavia (2026, direct to SVOD)

Flavia // De Bharat Nalluri. Avec Martin Freeman, Jonathan Pryce et Toby Jones.

 

Si vous aimez l’ambiance des vieux polars anglais, les tasses de thé au coin du feu et les secrets de famille bien enfouis, le nouveau film de Bharat Nalluri devrait vous taper dans l’œil. Avec Flavia, adapté des romans d’Alan Bradley, on plonge direct dans l’Angleterre des années 1950. On y suit une gamine pas comme les autres qui se retrouve mêlée à une histoire de meurtre assez tordue. C’est typiquement le genre de long-métrage pensé pour les dimanches après-midi en famille, qui coche toutes les cases du divertissement rétro sans prise de tête. Le vrai point fort du film, c’est sans aucun doute son héroïne. Molly Belle Wright incarne Flavia De Luce, et elle crève littéralement l’écran. 

 

Quand Flavia, 11 ans, découvre un cadavre dans le manoir familial et que son père est accusé de meurtre, elle se lance dans sa propre enquête. Au cours de ses recherches, elle met au jour de vieux secrets de famille soigneusement enfouis et se retrouve confrontée au véritable meurtrier.

 

Oubliez les ados clichés des productions habituelles, Flavia est une vraie passionnée de chimie, une touche-à-tout curieuse qui passe ses journées dans son laboratoire improvisé à concocter des potions et à analyser tout ce qui lui tombe sous la main. Quand elle tombe sur un cadavre dans le domaine familial, sa réaction n’est pas de s’enfuir en hurlant, mais plutôt d’observer les indices avec un œil scientifique. C’est là que le film devient vraiment sympa à suivre. L’enquête officielle est menée par l’inspecteur Hewitt, mais Flavia décide de faire ses propres recherches en parallèle. Ce double point de vue donne une bonne dynamique à l'histoire. 

 

On adore voir cette gamine utiliser ses fioles et ses connaissances en poison pour faire avancer les choses, quitte à être plus maligne que les adultes qui l'entourent. Son enthousiasme est contagieux, ses petites maladresses la rendent super humaine, et on s'attache à elle en quelques minutes seulement. Visuellement, le film est super propre. Les décors, les costumes d'époque et les immenses manoirs anglais nous plongent immédiatement dans cette atmosphère si particulière de l’après-guerre. Les amateurs de mystères traditionnels vont retrouver tout ce qui fait le charme du genre : un village tranquille en apparence, des voisins bizarres, des secrets enfouis depuis des années et une tension qui monte doucement à chaque fois qu’un nouvel indice fait surface. 

 

La réalisation ne cherche pas à faire de grands éclats ou à révolutionner le cinéma, mais elle pose une ambiance cosy et rétro très agréable. Autour de la jeune actrice, le réalisateur a rassemblé une équipe de visages bien connus qui font le job avec beaucoup de talent. Martin Freeman joue le père de Flavia, un homme mystérieux, collectionneur de timbres et un peu distant, qui se retrouve rapidement dans le collimateur de la police. Face à lui, Toby Jones campe un inspecteur Hewitt très crédible, un brin dépassé mais tenace. Même si ces grands noms du cinéma britannique apportent du poids et de la légitimité au projet, ils n'éclipsent jamais Molly Belle Wright. 

 

C’est elle qui mène la danse et qui maintient le rythme, même quand le scénario commence à devenir un peu plus prévisible. Il faut quand même être clair sur ce qu'est ce film. Si vous vous attendez à un thriller hyper sombre, complexe et psychologique à la David Fincher, vous risquez d’être déçus. L’intrigue reste accessible, les indices sont parfois un peu trop mis en avant, et on devine assez vite où le réalisateur veut nous emmener. C’est vraiment un film d’initiation, parfait pour faire découvrir les codes du roman policier à des ados ou pour passer un bon moment sans se fendre le cerveau. 

 

Pour les habitués du genre, certaines ficelles paraîtront un peu grosses, notamment le fait que les adultes ont parfois l'air complètement aveugles à côté de Flavia, mais cela fait partie des règles du jeu dans ce type de récit. Le seul vrai bémol vient de l'écriture de certains personnages secondaires. Les deux grandes sœurs de Flavia sont assez caricaturales en adolescentes pimbêches et méchantes. Leurs chamailleries apportent un peu d’humour au début, mais ça manque cruellement de nuance au fil des scènes. On aurait aimé que les relations familiales soient un peu plus bossées, d’autant plus que le deuil de la mère est évoqué en arrière-plan sans jamais être vraiment creusé. 

 

Cela aurait donné un peu plus de profondeur émotionnelle à l'ensemble. Malgré ces quelques faiblesses, le voyage vaut le coup. L’enquête avance sans temps mort, l'humour apporte la légèreté nécessaire et le dénouement reste satisfaisant. Le film trouve le bon équilibre entre mystère et grand divertissement. 

 

Note : 5.5/10. En bref, Flavia ne va pas bouleverser l’histoire du cinéma policier, mais il remplit parfaitement son contrat. C'est une comédie policière rafraîchissante, portée par une jeune détective hyper attachante qui a un potentiel de dingue. On sent que ce film pose les bases d’une franchise, et franchement, je serais curieux de voir Flavia résoudre une nouvelle énigme dans une suite. Si vous cherchez un bon moment d'évasion british pour votre prochaine soirée ciné, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Prochainement en France en SVOD

 

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