5 Juin 2026
Hokum // De Damian McCarthy. Avec Adam Scott, David Wilmot et Austin Amelio.
Le nouveau film d'horreur de Damian McCarthy, Hokum, avait tout pour plaire sur le papier. Des fantômes, de la sorcellerie, des secrets de famille et les paysages brumeux de l'Irlande. C’est typiquement le genre de cinéma d'épouvante atmosphérique qui attire immédiatement l'œil. Pourtant, après le visionnage, je reste surtout avec un gros sentiment de frustration. Derrière sa très belle esthétique, Hokum oublie simplement de raconter une histoire prenante. À force de se focaliser sur l'ambiance visuelle, le réalisateur oublie le rythme, et le film s'enlise rapidement dans une intrigue qui tourne en rond.
Ohm Bauman, un romancier se retire dans une auberge en Irlande pour disperser les cendres de ses parents. Mais les récits du personnel au sujet d’une sorcière ancestrale hantant la suite nuptiale s’emparent peu à peu de son esprit...
L'intrigue commence plutôt bien. On suit un écrivain américain qui débarque dans une auberge totalement isolée en Irlande pour y disperser les cendres de ses parents. Cet établissement cache un lourd passé, et notamment une suite nuptiale que l'on dit hantée par une sorcière. Très vite, notre protagoniste fait face à des phénomènes étranges qui bousculent sa perception de la réalité. Entre les visions nocturnes et les secrets locaux, Hokum essaie de mélanger le drame psychologique et l'horreur folklorique. Ce point de départ est bon. Le décor de cette auberge perdue au milieu de nulle part a un vrai potentiel pour installer une tension permanente.
Le problème ne vient pas de l'idée de base, mais plutôt de la direction que prend le film, ou plutôt du fait qu'il n'en prend aucune. Il faut reconnaître une qualité à Hokum : son travail sur l'atmosphère. Damian McCarthy sait filmer ses décors et crée un univers visuel vraiment cohérent. Les couloirs sombres, les planchers qui craquent et l'aspect vieillot des chambres fonctionnent bien. L'auberge devient un personnage à part entière, ce qui est une excellente chose pour un film de maison hantée. La photographie est soignée et apporte un côté presque onirique aux scènes de nuit. Ce mélange entre les souvenirs du personnage et les apparitions réelles donne parfois une ambiance étrange assez réussie.
Mais le cinéma ne se résume pas à de belles images, et cette réussite esthétique ne cache pas longtemps les grosses faiblesses du scénario. Le vrai point noir de Hokum, c'est sa lenteur. Le film installe un rythme très posé dès le départ. Pourquoi pas, si cela permet de faire grimper la tension marche après marche. Mais ici, l'histoire fait du surplace. On revoit constamment les mêmes situations. La fameuse chambre hantée devient le centre unique du récit et le mécanisme s'use vite. Une porte bouge, le héros se pose des questions, et on recommence la scène suivante. L'intrigue avance par petits morceaux sans jamais décoller. Même quand les explications arrivent enfin, elles ne provoquent aucune surprise ni aucune émotion.
Le temps passe doucement, et s'ennuyer devant un film d'horreur est rarement bon signe. Le choix du personnage principal pose aussi un problème. Incarné par Adam Scott, cet écrivain en plein deuil aurait pu être un héros touchant ou complexe. Malheureusement, l'écriture en fait un homme profondément désagréable. Sa façon de parler au personnel de l'hôtel ou aux gens du coin est souvent agressive sans raison valable. L'acteur fait pourtant du bon travail et donne de la crédibilité à ce rôle ingrat, mais le spectateur se retrouve bloqué. Il est difficile de s'impliquer et de trembler pour un personnage principal aussi antipathique. C'est sans doute ce qui m'a le plus déçu. L'Irlande possède une richesse incroyable en légendes et en histoires de sorcières.
Hokum utilise ce décor mais ne creuse jamais le sujet. La sorcière de l'auberge reste un mystère mal exploité. Le scénario ouvre des pistes narratives pour les abandonner quelques minutes plus tard. On accumule les symboles mystiques sans leur donner de sens ni d'importance réelle, ce qui rend la fin de l'histoire confuse au lieu de la rendre passionnante. Si vous cherchez de la pure terreur, vous risquez de rester sur votre faim. Hokum choisit l'ambiance plutôt que les effets faciles, un choix respectable, mais la tension ne prend pas. Les moments de peur sont trop rares et manquent d'impact. On croise quelques visions et deux ou trois sursauts prévisibles, mais l'adrénaline ne monte jamais.
Le film semble se retenir en permanence, même durant ses scènes clés. Je voulais vraiment aimer ce film. Le cadre mystérieux et le style gothique me plaisaient beaucoup. Mais malgré la bonne prestation d'Adam Scott et une belle image, Hokum ne décolle jamais. Le scénario tourne à vide et les personnages manquent cruellement de profondeur. Le film reste une jolie coquille vide qui promet beaucoup visuellement mais n'offre pas grand chose à raconter. C'est une curiosité pour les passionnés absolus de maisons hantées, mais clairement pas le film d'horreur de l'année.
Note : 3/10. En bref, malgré une ambiance irlandaise soignée et une esthétique gothique réussie, Hokum s'embourbe rapidement dans un rythme soporifique et une intrigue qui tourne en rond. Entre un protagoniste antipathique et un folklore sous-exploité, ce film d'horreur s'avère être une jolie coquille vide qui manque cruellement de frissons.
Sorti le 29 avril 2026 au cinéma
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