4 Juin 2026
Once We Were Us // De Kim Do-Young. Avec Kyo-hwan Koo, Ga-young Moon et Mal-Geum Kang.
J'ai toujours eu un faible pour les drames romantiques qui parlent de regrets, d'occasions manquées et de premiers amours qui refusent de s'effacer. C’est exactement la promesse de Once We Were Us : nous plonger dans une relation compliquée qui traverse les années, coincée entre passion et nostalgie. Sur le papier, tous les ingrédients étaient là pour nous toucher en plein cœur. Pourtant, après le générique de fin, je suis resté sur une impression bizarre. Le film a de vrais bons moments, mais il tourne un peu à vide et n'arrive jamais à décoller complètement. L'histoire s'intéresse à deux jeunes adultes dont la rencontre va bouleverser la vie.
Deux anciens amants se retrouvent de manière inattendue dix ans plus tard.
On les suit au milieu de leurs rêves de réussite, de leurs galères de thunes et de choix de vie super lourds à assumer. Le scénario fait des allers-retours entre leurs moments de pur bonheur et leurs blessures d'adultes, avec l'ambition de montrer comment un premier amour peut hanter quelqu'un pendant des années. S'il y a bien un truc réussi, c'est l'ambiance. Le réalisateur a visiblement tout misé sur la nostalgie de la fin des années 2000. Les décors, les looks, les petits détails du quotidien : on s'y revoit direct. Cette atmosphère un peu mélancolique fonctionne super bien et donne de la gueule à plusieurs séquences.
On a envie d'y croire et on se laisse volontiers porter par cette capsule temporelle. Mais voilà, une bonne ambiance ne suffit pas à sauver les faiblesses évidentes de l'écriture. Dès le départ, le film va beaucoup trop vite. Les personnages se rencontrent, se rapprochent, s'aiment à la folie et traversent des épreuves censées marquer une vie entière, le tout en un claquement de doigts. Les scènes s'enchaînent sans nous laisser le temps de respirer. On sent que le film veut absolument griller les étapes pour nous prouver la force de leur lien, au lieu de prendre le temps de l'installer tranquillement.
Le vrai problème, ce ne sont pas les coïncidences, parce que le cinéma romantique adore ça. Le souci, c'est qu'il y en a partout. À force d'utiliser des raccourcis pour forcer le destin, le film perd en crédibilité et devient artificiel. L'émotion, qui devrait arriver naturellement, semble parfois commandée au forceps. Heureusement, les choses s'arrangent nettement dans la seconde partie. Quand le couple commence à se fissurer sous le poids du quotidien, des frustrations et des choix personnels, le film devient enfin intéressant. Les silences s'installent, les regards remplacent les grands discours un peu clichés et les personnages prennent de l'épaisseur.
Cette période capte avec beaucoup de justesse la douleur d'un amour qui n'est jamais vraiment mort mais qui ne peut plus exister. Les passages sur le regret sont clairement les meilleurs. Là où la première heure essayait de nous arracher une larme à tout prix, la suite laisse l'émotion venir toute seule, et ça fait du bien. Cependant, le rythme global reste un gros point noir. Le film veut courir trop de lièvres à la fois : romance, carrière, crise financière, ruptures et retrouvailles. Du coup, il s'éparpille. Certaines intrigues apparaissent pour disparaître l'instant d'après sans rien apporter, tandis que d'autres éléments importants sont à peine survolés. On sent que le montage a eu du mal à trancher et a préféré tout garder, ce qui donne une sensation de fouillis qui nuit à la cohérence du récit.
Côté casting, les deux acteurs ont une alchimie assez variable. Par moments, leur complicité crève l'écran et on y croit à fond, tandis que dans d'autres scènes, le jeu devient mécanique. Les dialogues n'aident pas toujours : ils passent parfois trop de temps à expliquer ce qu'ils ressentent plutôt qu'à simplement le vivre devant la caméra. Visuellement, le film est propre mais il ne réinvente pas la poudre. La mise en scène fait le job mais manque de personnalité et de folie créative. C’est un peu le résumé de toute l'expérience : c'est appliqué, mais ça manque d'inspiration. Au fond, le plus grand reproche qu'on peut faire à Once We Were Us, c'est qu'il n'apporte rien de neuf.
En tant que spectateur, on ne peut pas s'empêcher de penser à d'autres œuvres qui ont déjà raconté exactement la même chose, mais en mieux. En restant sagement dans sa zone de confort, le film oublie de se construire sa propre identité. Ce n'est pas un mauvais film pour autant. Il y a de jolies séquences et un vrai parfum de mélancolie qui parlera à tous ceux qui ont déjà eu un regret amoureux. Mais à cause d'un début bâclé et d'un manque d'audace, le film s'oublie malheureusement presque aussi vite que les souvenirs qu'il tente de raconter. Une romance sympa pour un dimanche soir, mais qui ne laissera pas une grande trace.
Note : 5/10. En bref, Once We Were Us est une romance mélancolique réussie dans sa reconstitution nostalgique des années 2000 et touchante dans sa seconde moitié centrée sur les regrets. Cependant, le film souffre d'un manque cruel d'originalité, d'un rythme éparpillé et d'un début beaucoup trop rapide qui rend l'évolution du couple artificielle.
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