Super Market (Saison 1, 6 épisodes) : le grand vide du discount italien 

Super Market (Saison 1, 6 épisodes) : le grand vide du discount italien 

Quand j'ai vu arriver Super Market sur Prime Video, je me suis dit que planter une comédie de six épisodes dans un supermarché discount au bord de la faillite avait un certain potentiel. Le quotidien absurde de la grande distribution, la faune de clients improbables, les chefs aux méthodes managériales totalement lunaires : il y avait clairement de quoi signer une petite satire sociale piquante et rafraîchissante. Résultat des courses ? Un véritable désastre. On n'est pas devant une déception mitigée, on est face à un navet dans les règles de l'art, une coquille vide qui peine désespérément à décrocher le moindre sourire. L'action se déroule chez Eury, une enseigne fictive à l'agonie. Pour éviter la clé sous la porte, l'équipe du magasin doit impérativement remonter ses chiffres. 

 

L'arrivée d'Edoardo, jeune stagiaire à son premier jour, bouleverse le chaos quotidien de la succursale la plus délabrée d'Eury, un supermarché de quartier menacé de fermeture. Entre les idées folles du directeur Enrico, la pression de la responsable de zone Cristina, des clients ingérables et des employés improbables, le groupe tentera désespérément de sauver le magasin qui, pour le meilleur et pour le pire, est devenu leur maison.

 

Sur le papier, le pitch permettait d'évoquer la précarité ou la pression absurde des objectifs de vente. En pratique, la série balaye ces thèmes en deux secondes pour nous infliger un humour de mauvaise qualité. Chaque épisode déroule exactement le même schéma répétitif : une idée foireuse pour faire venir le chaland, un fiasco prévisible, et retour à la case départ. L'entrée dans cet enfer commercial se fait par les yeux d'Edoardo, un jeune stagiaire parachuté au milieu d'une bande de bras cassés. Sauf que le pauvre gamin ne sert absolument à rien. Il regarde le vide, subit les scènes, et n'apporte aucun moteur narratif. Du côté de ses collègues, le tableau n'est guère plus reluisant. 

 

On nous sert une collection d'archétypes essorés jusqu'à la corde : le directeur à côté de ses pompes qui se prend pour un leader inspirant, le magasinier benêt, l'employé blasé et la responsable sous tension qui essaie d'éviter le naufrage. Aucun personnage n'échappe à sa caricature d'origine. C'est creux, c'est vu mille fois, et l'écriture s'avère incapable d'offrir la moindre profondeur à cette galerie de figurants. Mais le plus affligeant reste sans doute l'interprétation. En dehors du comédien qui joue le directeur et qui tente tant bien que mal de sauver deux ou trois meubles au milieu de la casse, le reste du casting débite son texte avec la spontanéité d'un robot en fin de batterie. La production a cru bon d'aller piocher des têtes connues de la télévision italienne et des réseaux sociaux pour faire du chiffre. 

 

Mauvaise pioche. La notoriété Instagram ne remplace pas le talent d'acteur, et cela se voit à chaque plan. Les punchlines tombent à plat, les quiproquos tombent à plat, même les silences sont pesants. La réalisation, quant à elle, fait le strict minimum syndical. C'est plat, sans la moindre intention visuelle, filmé comme une publicité institutionnelle pour du liquide vaisselle. Le format de trente minutes permet d'enchaîner les épisodes sans trop souffrir physiquement, mais le temps paraît quand même infiniment long. On attend le gag qui sauvera la mise, la vanne bien sentie ou la situation originale, mais rien ne vient jamais. La série empile les clichés de sitcoms périmées sans jamais insuffler une once de personnalité.

 

Même le décor bien reconstitué de supermarché discount finit par faire mal au cœur. Voir autant de moyens logistiques et de soutien institutionnel gâchés pour nourrir une écriture aussi indigente a quelque chose de désopilant. On sent le potentiel d'un cadre qui aurait pu donner une vraie satire grinçante sur la précarité du monde du travail, mais tout est lissé, édulcoré et réduit à des gags éculés qui manquent cruellement d'esprit.

 

Note : 2/10. En bref, si vous cherchiez une comédie italienne fine, drôle ou simplement divertissante pour meubler votre soirée, passez votre chemin sans hésiter. Cette première saison de Super Market est un ratage complet, une perte de temps pure et simple qui prouve qu'un bon concept ne suffit pas quand le script est au niveau zéro. À éviter soigneusement.

Prochainement sur Amazon Prime Video

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article