28 Juillet 2026
Quand Peacock a annoncé l'adaptation du roman d'Elin Hilderbrand, il y avait de quoi être curieux. La formule est connue, mais elle fonctionne souvent très bien quand elle est réussie : un cadre idyllique, un groupe d'amies réunies après des années et un cocktail de secrets qui refont surface au fil du séjour. Ajoutez à cela un casting mené par Jennifer Garner et des paysages magnifiques à Nantucket, et vous obtenez sur le papier le parfait divertissement pour décompresser. Pourtant, après avoir visionné les huit épisodes, le résultat laisse un sentiment un peu mitigé. La série se regarde avec plaisir, mais elle n'ose jamais aller au bout de son potentiel.
Hollis Shaw, une célèbre influenceuse culinaire connue pour ses délicieuses recettes, son goût impeccable et son comportement chaleureux, est dévastée par un deuil. Son incapacité à aller de l'avant fait apparaître des fissures dans la vie parfaite de Hollis : son mariage tendu, sa relation compliquée avec sa fille et sa quête croissante de validation de la part de ses followers. Dans un effort pour surmonter son chagrin et se retrouver, Hollis a l'idée d'organiser un week-end dans sa maison de Nantucket avec trois amis de différentes étapes de sa vie : son enfance, sa vingtaine, sa trentaine et un invité surprise. Dans un décor luxueux et côtier, ils gagner en maturité d'une manière qu'ils n'auraient jamais pu imaginer, à mesure que les limites sont repoussées et que les secrets sont révélés.
L’histoire tourne autour de Hollis Shaw, une créatrice de contenu culinaire très suivie dont la vie rangée vole en éclats après la mort brutale de son mari. Pour tenter de remonter la pente quelques mois plus tard, elle décide d'organiser un grand week-end chez elle, sur l'île de Nantucket. L'idée est originale : réunir quatre femmes représentant chacune une étape clé de son existence. Une amie d'enfance, une copine de fac, une voisine rencontrée au moment d'être jeune maman, et enfin une participante récente qu'elle connaît à peine. Ce rendez-vous doit l'aider à retrouver ses repères, mais force aussi tout ce petit monde à replonger dans des souvenirs qu'il aurait parfois été plus simple de laisser de côté. Ce point de départ est sans doute l'un des aspects les plus réussis.
Regarder ces cinq femmes cohabiter alors qu'elles ne se connaissent pas toutes crée immédiatement une petite tension naturelle. Chacune arrive avec son propre bagage, ses failles, ses incertitudes et ses petites rancœurs. Dès les premiers repas, les écarts de personnalité sautent aux yeux et amènent des conversations plutôt justes sur ce que deviennent les amitiés avec les années. La série montre très bien à quel point entretenir un lien demande parfois autant de travail que de préserver une relation de couple, surtout quand la vie nous emmène dans des directions opposées. Le problème vient plutôt du traitement de ces thématiques. Le deuil de Hollis, par exemple, offrait une matière dramatique solide.
Derrière son image parfaite de femme épanouie sur les réseaux, elle traîne une lourde culpabilité liée aux derniers moments passés avec son époux. Malheureusement, le récit préfère trop souvent esquiver ces zones d'ombre. Dès que l'émotion devient plus intime ou plus lourde, le scénario bifurque rapidement vers une scène plus légère ou vers un rebondissement secondaire qui manque de force. Cette retenue touche aussi l'ensemble du groupe. Tatum affronte des soucis de santé pesants, Dru-Ann voit sa carrière menacée par une polémique, Brooke essaie tant bien que mal de sortir d'un carcan familial étouffant, tandis que Gigi garde un secret directement lié au passé de l'hôte.
Les pistes sont intéressantes et permettent à chaque actrice de briller par moments, mais les intrigues défilent sans avoir le temps d'exister pleinement. Les tensions apparaissent, s'enflamment brièvement, puis se résolvent souvent un peu trop vite pour qu'on se sente véritablement touché par leur issue. Le rythme est volontairement très calme, presque contemplatif. Pour les spectateurs qui recherchent une fiction estivale sans prise de tête, cette ambiance posée sera un vrai plus. En revanche, si vous attendez des rebondissements captivants à chaque fin d'épisode, vous risquez de trouver le temps long. De larges séquences reposent uniquement sur des promenades au bord de l'eau, des repas partagés ou des discussions autour d'un verre.
On navigue constamment entre le drame psychologique et la chronique réconfortante, sans que la série ne choisisse vraiment son camp. Sur le plan visuel, la réalisation fait un sans-faute. L'île de Nantucket est sublimée à chaque plan, avec ses maisons en bois typiques, ses couchers de soleil dorés et ses plages battues par les vents. On sent une vraie volonté de faire voyager le spectateur, et cette atmosphère chaleureuse devient presque le moteur principal du show. C'est magnifique à regarder, et cela comble parfois la baisse de régime de l'écriture. Côté distribution, l'interprétation d'ensemble reste très solide. Jennifer Garner apporte beaucoup de douceur et de sincérité à Hollis, même si son jeu s'avère parfois un peu trop appuyé.
Face à elle, Chloë Sevigny tire clairement son épingle du jeu dans le rôle d'une femme plus piquante et sans filtre, apportant un vrai souffle d'énergie dès qu'elle apparaît à l'écran. Regina Hall et D'Arcy Carden complètent très bien ce tableau avec beaucoup de naturel, tandis que Gemma Chan installe un mystère intrigant autour de son personnage, dommage que le scénario ne lui donne pas davantage d'espace. Enfin, Timothy Olyphant fait preuve de beaucoup d'aisance dans le rôle de Jack, l'ancien amour de jeunesse, même si leur dynamique amoureuse manque d'imprévu. Le vrai frein de cette adaptation reste son manque d'audace. La majeure partie des révélations se devine très tôt dans la saison, et la série préfère toujours rassurer son public plutôt que de bousculer ses protagonistes.
C'est une fiction qui cherche avant tout à faire du bien, mais cette prudence généralisée enlève de la force à l'ensemble. Les lecteurs du livre d'Elin Hilderbrand noteront d'ailleurs plusieurs ajustements importants qui édulcorent la complexité des personnages d'origine.
Note : 5/10. En bref, The Five-Star Weekend s'apparente à un séjour fort sympathique dans un bel endroit. On s'y sent bien, la distribution est attachante et la promesse d'évasion est tenue. Mais une fois le générique du dernier épisode passé, il ne reste pas grand-chose de marquant. La série offre un moment de détente agréable pour les amateurs de drames légers, mais passe à côté de l'opportunité de devenir une grande mini-série.
Prochainement en France
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