Critique Ciné : After All (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : After All (2026, direct to SVOD)

After All // De Kerstin Karlhuber. Avec Erika Christensen, Penelope Ann Miller et Kiara Muhammad.

 

Les drames familiaux me touchent particulièrement lorsqu'ils prennent le temps d'observer la complexité de leurs personnages. Sur le papier, After All, réalisé par Kerstin Karlhuber, partait exactement dans cette direction. Le film propose d'explorer la transmission des traumatismes sur trois générations de femmes : une grand-mère, sa fille et sa petite-fille. L'intention est là, la sincérité aussi, et le casting livre des prestations très honorables. Malheureusement, l'ensemble peine à s'envoler, noyé sous une accumulation d'épreuves et une structure narrative pas toujours très heureuse. L'histoire tourne autour d'Ellen, une femme d'une quarantaine d'années dont le quotidien part complètement à vau-l'eau. 

 

Ellen retourne chez elle pour s'occuper de sa mère malade et de sa fille adolescente dont elle est séparée.

 

Après avoir perdu son job, elle se voit contrainte de revenir s'installer dans sa petite ville natale. Sa mission : s'occuper de sa mère, Verna, victime d'un AVC et rattrapée par des troubles de la mémoire. Ce retour forcé remet aussi sur sa route Haley, sa fille adolescente qu'elle a pratiquement abandonnée pour la laisser grandir chez sa grand-mère. Dès le départ, le film installe une lourdeur presque étouffante. C'est d'ailleurs l'un de ses gros défauts : le scénario en fait beaucoup trop. Entre les dépendances à l'alcool, les maladies mentales, le deuil, le harcèlement à l'école, les violences conjugales et le fardeau de s'occuper d'un proche dépendant, la liste ressemble presque à un inventaire d'épreuves. 

 

À trop vouloir empiler les sujets dramatiques, After All finit par diluer la force émotionnelle de son sujet central. On flirte plus d'une fois avec le mélodrame, sans que la mise en scène, extrêmement classique, ne réussisse à équilibrer le tout. Ce qui sauve un peu les meubles, c'est ce trio de femmes. Le portrait croisé reste l'aspect le plus digeste du récit. Verna incarne la vieille garde qui a appris à souffrir en silence, Ellen est le produit direct de cette répression émotionnelle, et la jeune Haley subit les contrecoups de tout cet héritage sans trop savoir quoi en faire. Pour orchestrer tout ça, la réalisation abuse malheureusement des flashbacks. On passe notre temps à sauter entre le présent et différentes époques passées. 

 

Si cette idée aide au début à reconstruire le puzzle familial, elle finit vite par fatiguer. Ces sauts temporels cassent constamment le rythme et empêchent les scènes d'aujourd'hui de respirer. On a l'impression que le film s'accroche un peu trop à ce qui est arrivé avant, au lieu de se concentrer sur la façon dont ces femmes tentent de s'en sortir maintenant. C'est franchement dommage, parce que les meilleurs moments sont justement les plus simples. Quand la caméra pose enfin ses valises et laisse juste les comédiennes se parler sans artifice, le film touche enfin juste. Erika Christensen apporte une nervosité intéressante à Ellen, un personnage pas forcément aimable mais compréhensible. 

 

Penelope Ann Miller livre une prestation toute en retenue dans le rôle de cette mère vieillissante, évitant de tomber dans la caricature. Quant à la jeune Kiara Muhammad, elle s'en sort très bien, même si son personnage méritait clairement d'être un peu plus creusé tant son intrigue semble survolée. Sur la forme, les décors ruraux du Texas offrent un cadre correct, et la métaphore des horloges disséminées un peu partout fait le job, même si elle manque de finesse. Derrière ce tableau bien sombre, le film cherche heureusement à laisser filtrer une lueur d'espoir. Il ne s'agit pas d'une grande réconciliation magique, mais plutôt d'un timide apprentissage du pardon et de la reconstruction. 

 

C'est une intention louable, mais qui arrive un peu tard après deux heures de charge émotionnelle ininterrompue. En fin de compte, After All est un film tout juste correct. On sent un désir sincère de bien faire et d'aborder des thèmes douloureux avec gravité, mais l'exécution manque de punch et de sobriété. Entre son rythme hésitant, ses retours en arrière répétitifs et son envie de traiter tous les drames possibles en une seule fois, le métrage passe à côté de son sujet. Ça se regarde, les comédiennes font de leur mieux, mais ça reste bien trop moyen pour marquer les esprits.

 

Note : 5/10. En bref, After All est un film tout juste correct. On sent un désir sincère de bien faire et d'aborder des thèmes douloureux avec gravité, mais l'exécution manque de punch et de sobriété. 

Prochainement en France en SVOD

 

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