Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 6.

Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 6.

Lanterns // Saison 1. Episode 6. Bad Optics.

 

Après un épisode 5 qui avait fait exploser la situation à Rushville, la série casse son élan avec cet épisode 6 intitulé « Bad Optics ». Le récit saute dix ans en avant pour revenir en 2026, un choix fort qui permet enfin de recoller les morceaux avec la scène d'ouverture du tout premier épisode : la mort mystérieuse de Hal Jordan sur ce fameux terrain de football. Le problème, c'est que ce virage est brutal. Passer de l'affrontement massif de la semaine dernière à un drame intime m'a presque donné l'impression de repartir sur une autre série. En dix ans, John Stewart a rangé ses velléités d'héroïsme au placard. Après avoir rendu son anneau à la fin de l'épisode 5, il s'est reconstruit une vie très ordinaire. 

 

Il bosse dans l'architecture avec son frère Marcus et concocte des pièces sécurisées pour des clients fortunés. C'est quand même assez ironique de le voir vendre des bunkers de protection après avoir été entraîné toute sa vie à affronter les menaces en première ligne. John semble pourtant avoir trouvé un certain équilibre. Il ne parle plus à ses parents et fuit tout ce qui rappelle le Corps des Green Lantern. Une sérénité de façade qui saute évidemment au premier coup de fil. Sa mère Bernadette le piège en lui faisant croire que Hal cherche à s'excuser, le poussant à revenir à Rushville. Sur place, la surprise est totale. Hal et John ont gardé le contact, mais surtout, Hal s'est mis en couple avec Kerry Kane après le divorce de cette dernière. 

 

On découvre alors un Hal qui a purgé dix ans de prison pour ce qui s'est passé à Rushville et qui tente tant bien que mal d'éponger ses dettes envers la ville. La confrontation entre John et Hal est clairement le sommet de l'épisode. Kyle Chandler n'a pas besoin de longues tirades pour faire passer la lourdeur des dix années écoulées. Son Hal Jordan est toujours aussi agaçant et incapable de reconnaître ses torts, mais il apparaît fatigué, beaucoup plus usé par la taule et par son bannissement. De son côté, John recoupe ses vieilles blessures. Le ton monte très vite, les rancœurs ressortent et John finit par coller une droite à Hal avant de claquer la porte. La scène pose bien le gâchis d'une relation qui n'a jamais eu le temps de se consolider avant de piquer du nez. 

 

Avant de le quitter, Hal lui demande étrangement de ne raconter à personne qu'ils se sont vus. Quelques heures plus tard, il est retrouvé mort. C'est là que la série raccroche les wagons avec son concept de départ. Hal est mort, et John se retrouve embarqué dans l'enquête menée par Kerry. Le récit repasse en mode polar très classique : qui en voulait à Hal ? Pourquoi ce retour discret à Rushville ? Que cachait-il ? John découvre aussi un coffre scellé dans un garde-meuble loué par Hal. Impossible de l'ouvrir pour le moment, mais la piste est trop grosse pour ne pas resurgir rapidement. Je regrette simplement que le rythme soit freiné par des intrigues secondaires poussives. 

 

Le chantage exercé sur John par Maggie ne m'a absolument pas captivé, surtout à côté de la disparition de Sinestro ou de la quête du tueur de Hal. L'arrivée de Guy Gardner permet heureusement d'injecter une belle dose d'énergie. Nathan Fillion débarque dans le costume du Lantern officiellement en charge de la Terre, avec un côté poseur et décontracté qui tranche immédiatement avec la rigidité de John. Guy se fiche pas mal du passé de John, et son assurance rappelle continuellement à ce dernier le choix qu'il a fait en renonçant à son anneau. La dynamique fonctionne très bien, même si j'aurais aimé que l'épisode creuse un peu plus la restructuration du Corps à ce moment précis.

 

La séquence de l'enterrement de Hal fait partie des plus belles réussites du chapitre. Pour un gars capable d'accomplir des prouesses à l'autre bout de la galaxie, se retrouver avec une cérémonie quasi vide où se courent après John, Kerry et Carol Ferris, ça fait un choc. Le vrai coup de génie vient de l'éloge funèbre rédigé par Hal de son vivant. En lisant ses propres mots, on mesure la lucidité du personnage sur sa propre chute, ce qui lui apporte une vraie profondeur dramatique. C'est d'ailleurs ce texte qui pousse John à retourner sur la tombe pour y déterrer l'anneau. Il claque la dernière charge pour activer le Halogram, et la réaction de cet enregistrement virtuel face à son propre cadavre vaut largement le détour.

 

Cet épisode 6 n'a évidemment pas le souffle épique du précédent, et ce ralentissement pourra en déstabiliser certains. Sortir d'un gros épisode d'action pour basculer dans du polar policier plus posé demande un petit temps d'adaptation. Mais ce bond en 2026 était crucial. John doit assumer ses choix passés, la mort de Hal redistribue l'ensemble des cartes et le Halogram promet une interaction assez inédite entre les deux hommes pour la suite. Avec la menace Sinestro toujours dans la nature et un meurtre à résoudre, les deux temporalités commencent enfin à se répondre.

 

Note : 7/10. En bref, cet épisode 6 n'a évidemment pas le souffle épique du précédent, et ce ralentissement pourra en déstabiliser certains. Sortir d'un gros épisode d'action pour basculer dans du polar policier plus posé demande un petit temps d'adaptation. Mais ce bond en 2026 était crucial.

Disponible sur HBO max

 

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