Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 7.

Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 7.

Lanterns // Saison 1. Episode 7. The Jordan Boys Legacy.

 

Après un épisode 6 qui servait principalement à remettre l’intrigue principale sur les rails, ce septième chapitre intitulé « The Jordan Boys » retrouve enfin ce qui faisait le sel de la série à ses débuts : John Stewart et Hal Jordan réunis pour mener l’enquête. Enfin, presque. Hal est mort, John a remisé son anneau, et le seul moyen de revoir le duo à l’écran passe désormais par le « Halogram ». L’idée paraît farfelue sur le papier, pourtant elle fonctionne très bien à l’écran. Ce bond dans le temps entamé la semaine dernière permet d’explorer ce qui se cache vraiment derrière la personnalité de Hal Jordan. 

 

Plus le récit avance, plus le bonhomme s’éloigne de l’image du pilote arrogant et trop sûr de lui des premiers épisodes. La fin de l’épisode précédent indiquait clairement la marche à suivre. John utilise l’anneau de son ancien partenaire pour réactiver sa sauvegarde holographique. Le Halogram découvre donc d’un coup qu’il est mort, qu’il a passé dix ans derrière les barreaux et qu’il a vécu une grande histoire d’amour avec Kerry. Le réveil est brutal, mais cette version virtuelle de Hal possède une chose que le personnage de 2026 avait perdue en chemin : une vraie légèreté. N’ayant pas vécu les dix années qui séparent les deux timelines, il a gardé son humour grinçant, son insolence et sa manie de chauffer John.

 

La mayonnaise prend tout de suite. John est plus posé, mais aussi complètement verrouillé sur le plan émotionnel. Hal, de son côté, ne ferme plus sa gueule vu qu’il n’a plus grand-chose à perdre. Après un épisode 6 où l’absence de Kyle Chandler pesait lourdement sur le rythme, retrouver cette alchimie redonne un coup de fouet salutaire à la série. L’épisode prend le temps de creuser l’enfance de Hal via un flashback centré sur son père, Martin Jordan. Jusqu’ici, on nous le présentait comme un pilote d’essai mort au combat dans un tragique accident. La réalité est nettement plus sombre. Martin s’est suicidé, reprenant le même schéma que son propre père avant lui. 

 

Hal s’est construit avec ce drame familial sur les épaules sans mesurer l’impact que ça avait sur ses choix. Pendant des années, sa témérité et son mépris du danger passaient pour du courage pur et dur. Le récit apporte un éclairage bien plus fin. Hal n’est pas dénué de peur : il a simplement passé sa vie à fuir à toute vitesse pour ne jamais affronter ses propres traumatismes. Ce constat fait un écho direct au vécu de John. Lui aussi a été façonné depuis l’enfance pour refouler toute forme de crainte, sous la pression d’un père marqué par ses propres faiblesses. Deux trajectoires, deux familles cassées, mais une manière d’aborder le traumatisme qui finit par se croiser. Ce parallèle donne enfin du relief à leur relation et montre pourquoi ils se ressemblent autant malgré leurs engueulades.

 

Ce périple permet à John de porter un autre regard sur celui qu’il considérait comme un mentor défaillant. Pour lui, Hal restait le mec qui l’avait abandonné en 2016 et qui avait une responsabilité directe dans le drame de Rushville. Le Halogram offre une perception différente. Il vanne toujours, il prend des risques stupides, mais il accepte d’évoquer son passé sans filtre. Quand il aborde la trajectoire de son père et sa hantise de répéter les mêmes erreurs, John réalise que derrière l’armure du Green Lantern se terrait un type ravagé par ses blessures. La scène où Hal admet qu’il n’a jamais été cet homme sans peur est particulièrement réussie. Quand on revoit la saison avec cette confession en tête, beaucoup de séquences prennent une couleur bien différente.

 

L’autre grand virage de cet épisode concerne l’enquête sur la mort de Hal. Le mystérieux coffre découvert la semaine passée contient la clé pour voyager vers un autre monde. Lanterns quitte enfin le plancher des vaches, et ça fait un bien fou. Le changement de décor choque un peu après tant de temps passé entre les ruelles de Rushville, les bureaux de la police et les décors poisseux de la ville. John et Hal débarquent sur une planète en ruines, ravagée par le passage des Manhunters. Cette escale rappelle que l’intrigue dépasse de loin les petites histoires locales. Ce qu’on observe depuis le pilote n’est que la partie émergée d’un bordel bien plus vaste à l’échelle cosmologique. 

 

Les plans de ce monde dévasté redonnent du poids aux révélations sur Zoe, sur les Manhunters et sur la responsabilité des Gardiens. Pour finir en beauté, les dernières minutes marquent le retour très attendu de Sinestro. Le personnage planait comme une ombre sur le récit depuis un moment. On entendait son nom à longueur de temps, mais la série gardait le mystère complet sur ses intentions. Cette fois, plus de doute : Sinestro est bel et bien de la partie. Son apparition au milieu de cette planète morte relance immédiatement les compteurs. Qu’est-ce qu’il fabrique là ? Quel est son rôle exact dans l’engrenage de Rushville ? Et quel impact a-t-il eu sur le destin de Hal et John ? 

 

À un épisode du final, la série conserve encore pas mal de cartes dans sa manche. Après les détours un peu poussifs des épisodes 5 et 6, ce chapitre 7 remet l’église au centre du village. Ce mélange entre polar poisseux, drame intime et science-fiction fonctionne tout de suite mieux quand le duo principal occupe le devant de la scène. Le coup du Halogram reste un prétexte très pratique pour garder Kyle Chandler à l’écran, mais le script l’utilise intelligemment pour gratter sous la surface du personnage. Hal n’est plus seulement le mentor imbu de sa personne des débuts. C’est un homme brisé par un héritage lourd, rongé par ses regrets et hanté par la frousse qu’il masque depuis toujours. 

 

De son côté, John avance à tâtons pour savoir ce qu’il veut faire de sa vie. L’anneau n’est plus un symbole de statut ou de devoir, mais le rappel de tout ce qu’il cherche à fuir. À l’aube du final de cette saison 1, Lanterns resserre les boulons autour de son duo tout en ouvrant grand les portes de son univers. La planète dévastée, le dossier Sinestro et le mystère autour du meurtre de Hal vont devoir trouver une conclusion la semaine prochaine. Après un milieu de parcours en dents de scie, cette réunification arrive pile au bon moment pour lancer le sprint final.

 

Note : 8/10. En bref, à l’aube du final de cette saison 1, Lanterns resserre les boulons autour de son duo tout en ouvrant grand les portes de son univers. 

Disponible sur HBO max

 

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