The Varnell Hill Show (Saison 1, épisodes 1 et 2) : l’accident industriel que Paramount+ a osé sortir

The Varnell Hill Show (Saison 1, épisodes 1 et 2) : l’accident industriel que Paramount+ a osé sortir

Il y a des projets dont on se demande franchement quelle mouche a bien pu piquer les producteurs avant de valider le chèque. Le retour de Varnell Hill à l’écran en faisait partie, mais j’avais presque envie d’y croire par pure curiosité nostalgique. Pour situer le décor, on parle d’un personnage secondaire aperçu au début des années 90 dans la série Martin. Trente ans plus tard, quelqu’un chez Paramount+ a estimé que c’était une idée lumineuse de lui filer son propre show. Le pitch tenait sur un ticket de caisse mais pouvait éventuellement faire sourire : un vieux présentateur de talk-show, encroûté dans ses habitudes du siècle dernier, percute de plein fouet une industrie de la télévision qui a totalement tourné la page. 

 

Varnell s'adapte pour rester pertinent dans un secteur en mutation tout en gérant les relations entre les dirigeants du réseau, les parties prenantes commerciales et les équipes créatives pendant la production de spectacles.

 

Sur le papier, le choc des générations avait de quoi nourrir deux ou trois vannes bien senties. Devant l’écran, c’est une tout autre limonade. Après m’être infligé les épisodes 1 et 2, le constat est absolument sans appel. Je m’attendais à une comédie grinçante, je suis tombé sur un désastre phénoménal, une sorte d’étron cosmique qui réussit l’exploit d’être aussi daté que pénible à regarder. Le souci numéro un saute aux yeux dès les cinq premières minutes. La série prétend se moquer de la télévision d’autrefois, sauf qu’elle est elle-même réalisée avec les pieds et coincée dans une faille spatio-temporelle. Les dialogues tombent systématiquement à côté, la mise en scène est d’une lourdeur embarrassante et les rires enregistrés viennent vous assommer dès qu’un comédien souffle un mot. 

 

C'est le genre de production qui tente désespérément d'expliquer au spectateur pourquoi une scène est censée être drôle au lieu de simplement écrire un gag efficace. Un personnage débite une ligne creuse, la caméra zoome lourdement sur sa tronche, la piste sonore hurle des rires de synthèse et la séquence s’arrête. C'est d'une paresse écrasante. On se retrouve coincé face à un spectacle agonisant qui essaie de nous convaincre qu'il a du talent, alors qu'il n'y a absolument rien à sauver. Au milieu de cette débâcle, on retrouve Tommy Davidson. C’est sans doute pour lui qu’on a eu la curiosité de lancer le premier épisode. On espérait retrouver l’énergie débordante et l’imprévisibilité qui faisaient le sel du personnage à l’époque. Quelle erreur. 

 

Davidson semble totalement bridé, coincé dans un rôle de vieux sage assommé par son propre scénario. Varnell Hill est censé être un monstre sacré de l’antenne, un type imbu de sa personne et complètement largué face aux nouvelles règles du jeu. Le script aurait dû en faire une bombe à retardement, un mec incontrôlable qui fout le bordel à chaque prise de parole. Au lieu de ça, il subit les événements avec une mollesse déprimante. Le scénario passe son temps à lui couper les ailes, étouffant la moindre étincelle de folie sous des couches de clichés éculés. Du côté du reste de la distribution, Wendy Raquel Robinson tente tant bien que mal de sauver les meubles dans le rôle de la productrice venue dépoussiérer le plateau. 

 

Elle a du dynamisme, un débit rapide et montre une belle présence à l’écran, mais elle se heurte très vite aux limites d'une écriture en panne d'inspiration. Tout le monde autour d'elle est réduit à une caricature ambulante. Prenez Kym Whitley par exemple. C'est une comédienne qui sait d'habitude imposer son style, mais ici, la mise en scène se contente de lui faire hurler ses répliques pour simuler de la comédie. Brasser du vent en montant le volume sonore n'a jamais remplacé une vraie vanne, et l'exercice devient très vite usant pour les oreilles. Pour couronner le tout, la série s'emmêle les pinceaux avec ses propres références. La présence de Martin Lawrence était pourtant l'argument numéro un pour appâter les fans de la première heure. 

 

Sauf que les scénaristes ont eu la brillante idée de lui donner un tout autre rôle plutôt que de faire revenir son personnage culte. L'intention de ne pas faire une simple suite était peut-être louable, mais le résultat est juste frustrant. On se retrouve devant un clin d'œil manqué qui tombe complètement à plat et laisse un goût amer. Même lorsqu'elle essaie de filmer les coulisses du plateau ou les séquences du faux talk-show, la série peine à maintenir mon attention. Il y a bien une ou deux pauses musicales qui laissent apercevoir un soupçon de rythme, mais c'est bien trop peu pour rattraper le naufrage global.

 

Note : 1/10. En bref, au bout de deux épisodes, ma patience a atteint ses limites. The Varnell Hill Show est une coquille vide, un projet dispensable qui accumule les pires travers de la comédie télévisée d'il y a trente ans tout en prétendant donner des leçons de modernité. C'est raté, c'est lourd, et je vais m'arrêter là avant d'y perdre définitivement mon temps.

Disponible sur Paramount+

 

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