Critiques Séries : Ted Lasso. Saison 4. Episode 7.

Critiques Séries : Ted Lasso. Saison 4. Episode 7.

Ted Lasso // Saison 4. Episode 7. Yes & Baby.

 

Après un passage très centré sur Ted et Michelle la semaine dernière, la saison 4 de Ted Lasso remet enfin le projecteur là où elle aurait dû le poser depuis le début : sur les Lady Greyhounds. Et franchement, ça fait un bien fou. Les joueuses commencent enfin à exister en dehors du terrain avec leurs galères de fric, leurs contraintes familiales, leurs cours ou leurs petits boulots à côté. Même si l'épisode retombe par moments dans certains travers agaçants de la série, ce septième chapitre intitulé « Yes & Baby » apporte une vraie matière qui manquait cruellement. L’épisode s’ouvre sur une série de petites tranches de vie qui posent immédiatement le décor du quotidien de ces athlètes. 

 

Lizzie doit composer avec son fils parce que son ex lui faux-bond. Gemma décroche un entretien d’embauche qui tombe pile au moment d'un entraînement capital. Siobhan et Niamh voient leur loyer grimper en flèche. Boots se retrouve en rade de voiture, pendant que Shannon enchaîne les livraisons de repas à vélo pour tenter de joindre les deux bouts. En montrant tout ça, la série retrouve enfin ce qui fait sa force : transformer ces figures de footballeuses en véritables personnes. Le football féminin de seconde division est abordé par un prisme très concret. Ces femmes ont des factures à payer, des gamins à faire garder et des jobs d'appoint pour survivre. 

 

L'amour du maillot ne suffit plus à remplir le frigo, et le problème saute aux yeux : la notoriété de l'équipe monte en flèche, mais leurs fiches de paie restent désespérément basses. Quand les joueuses font comprendre à Ted qu'elles en ont marre des belles paroles et de la simple « visibilité », le propos prend une tournure vraiment captivante. Elles réclament un salaire décent, à la hauteur de leur investissement. Le parallèle avec la section masculine est saisissant. D'un côté, des agents viennent négocier des rallonges financières astronomiques pour des joueurs déjà blindés, de l'autre, des femmes doivent se battre pour obtenir le minimum vital. 

 

C'est une thématique forte pour une saison axée sur le sport féminin, et j'aurais vraiment aimé que l'épisode accepte de creuser cette zone d'inconfort un peu plus longtemps. Les filles ne veulent plus de petites tapes dans le dos, elles veulent des moyens. C'est là qu'intervient la fameuse séquence du panneau BELIEVE. Alice décide de déplacer le mythique panonceau du bureau de Ted directement vers le vestiaire des filles. Le geste se veut fort, mais la réaction du groupe est d'une justesse redoutable : pourquoi devaient-elles récupérer un symbole pensé à l'origine par et pour les mecs ? Et surtout, à quoi bon « croire » quand on n'arrive pas à payer son loyer ou à réparer sa caisse ? C'était l'un des passages les plus stimulants de l'épisode.

 

Seulement voilà, Alice choisit de rajouter un Post-it barré d'un « And Win ». J'ai eu un peu plus de mal avec ce raccourci. L'idée claque comme un joli slogan d'avant-match, mais elle débarque comme une baguette magique face à un problème social bien réel. Ajouter deux mots sur une affiche ne règle en rien la précarité des joueuses. C'était l'occasion rêvée de laisser le conflit s'installer et de confronter le club à ses contradictions. La série a préféré botter en touche un peu trop vite. Du côté du staff, Alice fait son retour après sa suspension avec la ferme intention d’évoluer. Sa méthode du moment ? Dire oui à tout ce que demandent ses joueuses. Elle pousse le concept jusqu'à l'absurde. 

 

Gemma arrive en retard ? Pas de souci. Lizzie amène son gamin sur le terrain ? Oui. Boots s'entraîne pieds nus ? Pourquoi pas. Mady veut jouer les yeux bandés ? Allez, vendu. Ted et Beard interviennent alors pour lui enseigner la fameuse technique d'improvisation du « Oui, et… ». L'idée est de faire comprendre à Alice qu'écouter son groupe ne veut pas dire renoncer à son rôle d'entraîneur. On peut accepter une idée tout en lui donnant un cadre. Sur le papier, la leçon est belle. Dans les faits, la métamorphose d'Alice paraît expédiée. Passer d'une coach caractérielle et complètement bloquée à une manager à l'écoute en l'espace de deux scènes manque cruellement de progressivité. 

 

Heureusement, Tanya Reynolds continue d'injecter une belle sensibilité au personnage. Son côté maladroit et son envie frénétique de bien faire la rendent attachante malgré tout. Pendant ce temps-là, Roy et Keeley continuent leur jeu du chat et de la souris qui commence sérieusement à tourner en rond. Roy ne fait que parler de Keeley alors qu'il roule toujours sa bosse avec Erin. La situation devient tellement voyante qu'Erin prend la seule décision logique : elle stoppe les frais et lui dit d'aller retrouver celle qu'il aime vraiment. Un grand merci à Erin au passage, qui méritait bien mieux que de servir de bouche-trou dans un triangle amoureux étiré jusqu'à la corde. 

 

Le duo Roy-Keeley a pourtant assez de bagage pour nous raconter quelque chose de mature, mais les scénaristes s'obstinent à rejouer la carte des hésitations et des occasions manquées. Ce n'est même plus frustrant par suspense, c'est juste dommage de voir l'écriture faire du surplace. Ted, de son côté, remet un pied dans le monde du dating. Aidé par Keeley, il tente de se créer un profil sur Bantr, où résumer sa vie en trois mots ressemble évidemment à une épreuve de philosophie. C'est léger, plutôt amusant, et ça rappelle le charme des premières saisons. Sa tentative de rencard avec la régisseuse rencontrée plus tôt tombe à l'eau puisqu'elle a déjà trouvé quelqu'un d'autre entre-temps. 

 

Pas de gros drame à l'horizon, juste un petit coup dans le pneu. Et c'est très bien ainsi : Ted n'a pas besoin de recaser sa vie à toute vitesse, il a juste besoin de se remettre en mouvement. Au final, cet épisode 7 n'est pas exempt de défauts. Les histoires de cœur traînent la patte et certains secondaires comme Zelda manquent encore de cap. Mais l'arrivée au premier plan des Lady Greyhounds insuffle enfin un vrai sujet à cette saison 4. Ces femmes ne réclament pas une formule magique ou un discours motivant, elles demandent juste à pouvoir vivre de leur sport. C'est quand elle accepte de se frotter à la réalité du terrain que la série redevient captivante, et j'espère sincèrement qu'elle aura l'audace d'aller au bout de sa démarche d'ici la fin de saison.

 

Note : 6.5/10. En bref, cet épisode 7 n'est pas exempt de défauts. Les histoires de cœur traînent la patte et certains secondaires comme Zelda manquent encore de cap. Mais l'arrivée au premier plan des Lady Greyhounds insuffle enfin un vrai sujet à cette saison 4. 

Disponible sur Apple TV

 

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