Star Trek: Strange New Worlds (Saison 4, épisodes 9 et 10) : un final réussi

Star Trek: Strange New Worlds (Saison 4, épisodes 9 et 10) : un final réussi

Star Trek: Strange New Worlds touche à sa fin pour sa quatrième saison avec un final en deux temps. Ces deux derniers épisodes montrent parfaitement ce qui fait le charme de la série, mais aussi ce qui l’a parfois freinée cette année. Après avoir exploré plein de genres différents, multiplié les clins d’œil aux fans et parfois donné l’impression de s’éparpiller un peu, le show revient enfin à ce qui fonctionne le mieux : l’humain et le développement des personnages. L’épisode 9 met La’an au centre de l’attention et mise encore une fois sur un concept très fantaisiste. 

 

De son côté, l’épisode 10 préfère utiliser les voyages dans le temps et les réalités alternatives. Deux approches vraiment différentes, mais qui partagent une même idée : derrière les effets spéciaux et les idées farfelues, ce qui compte vraiment, c’est de voir comment l’équipage de l’Enterprise grandit. La’an aura vraiment eu une saison chargée. Entre son ADN augmenté, ses doutes sur qui elle est vraiment, ses échanges poignants avec Spock et surtout son rapprochement avec Kirk, son personnage a pris une place énorme. L’épisode 9 pousse l'idée un cran plus loin en plongeant tout le monde dans un univers qui ressemble plus à un livre de contes qu’à une mission spatiale classique.

 

Le résultat s’avère franchement divertissant. Les tenues, les décors et les rôles décalés permettent aux acteurs de s’amuser comme jamais. Anson Mount et Ethan Peck s'en donnent à cœur joie dans des versions inédites de Pike et Spock, pendant que Christina Chong jongle avec plusieurs facettes de son rôle. C’est d’ailleurs là que l’épisode touche juste. La’an a toujours été le personnage réservé, très fermé, porté par un passé lourd et incapable de lâcher prise. La plonger dans un monde où elle doit littéralement faire face à une autre version d’elle-même rend son conflit intérieur totalement visible à l'écran. Le seul petit point faible reste la manière dont le problème se règle. 

 

La série veut résumer une psychologie complexe à une idée simple : La’an doit juste accepter toutes les facettes de ce qu'elle est. C'est une belle idée, mais la transition paraît un peu précipitée. Plusieurs éléments amenés plus tôt dans la saison auraient gagné à être creusés un peu plus pour donner de la force à ce dénouement. L'ensemble se regarde malgré tout avec grand plaisir, surtout grâce à la prestation de Christina Chong. L'actrice profite de la situation pour apporter une nuance différente à sa prestation. Sans oublier Kirk. Sa relation avec La’an prend une forme plus évidente, portée par une vraie alchimie à l'écran entre Paul Wesley et Christina Chong. 

 

On passe enfin des sous-entendus à quelque chose de plus concret, ce qui apporte une belle touche de fraîcheur. Au fond, cet épisode 9 ressemble plus à un petit détour sympathique qu’à une grosse étape pour La’an. C’est drôle et parfois touchant, même s'il manque un peu d'impact dramatique pour marquer les esprits sur le long terme. Le final change totalement d’ambiance et revient aux bases de la science-fiction avec un phénomène temporel étrange et deux versions de Nyota Uhura. Et le résultat est excellent. Uhura est sans doute la personne qui a le plus progressé depuis le début. La jeune cadette pleine de doutes des premières saisons est devenue une officière confiante et indispensable sur l'Enterprise. 

 

La faire croiser la route d’une version d’elle-même venue du futur est une excellente manière de faire le bilan de son parcours. Celia Rose Gooding livre une prestation solide. Jouer deux versions d'un même personnage aurait pu tourner au gadget, mais les deux figures ont assez de relief pour que la magie fonctionne. L’une cherche encore sa voie, tandis que l’autre porte déjà le poids de ses choix passés. L’histoire accorde aussi une belle place à Scotty. Sa relation avec Uhura ajoute une note personnelle bienvenue au milieu de toutes les explications techniques sur le temps. Même si ce rapprochement peut surprendre au début, il reste très naturel et montre Uhura sous un jour plus intime.

 

Évidemment, l’intrigue n’échappe pas aux casse-têtes temporels. Mieux vaut ne pas trop décortiquer la logique scientifique sous peine de se faire des nœuds au cerveau. Mais le sujet principal est ailleurs : l'épisode cherche surtout à comprendre ce qu'on devient après des années de missions, de choix et de rencontres. Ces deux épisodes résument bien la trajectoire de cette saison 4. La série a parfois trop cherché le concept rigolo ou la parodie au détriment de l'émotion. Mais dès qu’elle se recentre sur La’an, Uhura, Kirk ou le reste de la bande, le charme opère à nouveau. L’épisode 9 travaille sur l'intérieur avec La’an, alors que l’épisode 10 regarde devant avec Uhura. 

 

Le message reste le même : ces officier·es sont en train de devenir petit à petit les figures légendaires qu'on connaît. Strange New Worlds sait exactement où elle va depuis le premier jour. Pike, Kirk, Spock et Uhura finiront tous par rejoindre la série originale des années 60. Le plus intéressant n'est pas la destination, mais la manière dont ils y arrivent. 

 

Note : 8/10. En bref, tout n’a pas été parfait dans cette saison 4 entre l’humour, le fan service et l’action. Pourtant, à l’approche du final, on ressent forcément quelque chose. Les visages ont changé, les liens se sont resserrés et l’Enterprise s'approche doucement de son avenir. Il ne reste plus qu’une ultime saison pour conclure l'aventure, et la jonction avec la série classique commence enfin à se faire sentir.

Disponible sur Paramount+

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article