Critiques Séries : The Equalizer (2021). Saison 5. Episode 18 (series finale)

Critiques Séries : The Equalizer (2021). Saison 5. Episode 18 (series finale)

The Equalizer (2021) // Saison 5. Episode 18. Decisions.

SERIES FINALE

 

Avec l’épisode 18 de cette cinquième saison, The Equalizer tire sa révérence. Et même si une part de moi espérait que la série puisse se poursuivre, je dois reconnaître que ce final, bien que classique dans sa construction, offre une belle sortie à Robyn McCall et à son entourage. C’est une fin à la hauteur de ce que la série a su proposer au fil des années : du suspense, de l’émotion, des liens familiaux solides et une héroïne déterminée jusqu’au bout. Ce dernier épisode n’a pas fait dans la dentelle. Angel Salazar, figure montante du crime organisé, a réussi là où tant d'autres ont échoué : découvrir l'identité de Robyn McCall. 

 

C’est un détail qui m’a frappé car tout au long des saisons, Robyn a toujours fait preuve d’une extrême prudence. Ancienne agent de la CIA et du renseignement militaire, elle ne laissait rien au hasard. Que Salazar parvienne à l’identifier et à la traquer jusqu’à son escapade romantique avec Dante dans les Poconos donne tout de suite le ton : ce ne sera pas un épisode tranquille. Si la tension est au rendez-vous, il faut reconnaître que le développement de Salazar reste un peu simpliste. Ce dernier épisode nous dévoile ses intentions de devenir un acteur majeur du trafic d’armes via un attentat politique avorté. 

Une ambition un peu précipitée, comme si les scénaristes avaient dû boucler l’intrigue faute de renouvellement pour une saison 6. On comprend que la série savait qu’elle touchait à sa fin, et cela se ressent dans le rythme soutenu de la narration. Malgré l’action omniprésente, l’épisode prend le temps de développer ce qui a toujours été une force de The Equalizer : les relations humaines. L’évolution de la relation entre Robyn et Dante est enfin concrétisée par une demande en mariage – touchante, inattendue et parfaitement intégrée à l’intrigue. Ce couple, que la série a construit patiemment depuis la saison 2, trouve ici une belle forme d’accomplissement. 

 

Même si, fidèle à l’esprit Equalizer, ce bonheur passe par la case hôpital après que Dante ait été blessé. Ce n’est pas la première fois que la série met Dante en danger pour créer du suspense (on se souvient du final de la saison 3), mais cette fois-ci, c’est l’aspect émotionnel qui prend le dessus. Voir Robyn porter la bague, même avant que Dante ne se réveille, témoigne d’un engagement sincère et profond. Cela permet aussi à la série de clore le chapitre personnel de son héroïne avec une note d’espoir. L’autre point fort de la série, c’est sa galerie de personnages secondaires. Dans cet épisode, Harry et Mel brillent une fois de plus par leur efficacité et leur loyauté. 

Leur intervention rapide dans les bois des Poconos permet d’éviter un bain de sang. On sent toutefois que leur histoire touche aussi à un tournant : ils envisagent de quitter le monde du vigilantisme pour fonder une famille. Une décision logique après tout ce qu’ils ont traversé, notamment dans la saison 4 où ils avaient déjà évoqué leur désir de changement. Aunt Vi, quant à elle, trouve enfin un équilibre sentimental avec le capitaine Curtis. Leur relation, développée en toile de fond depuis plusieurs épisodes, trouve ici une conclusion douce et rassurante. Vi n’a plus le même rôle à jouer à la maison : Dee s’apprête à quitter le nid familial, Robyn construit sa vie de couple… Vi peut donc penser à elle.

 

The Equalizer, au fil de ses cinq saisons, a su se démarquer des autres séries policières. Portée par une Queen Latifah impliquée et crédible dans un rôle exigeant, elle a su mêler action, engagement social, et dynamique familiale. Elle n’a jamais prétendu révolutionner le genre, mais elle a toujours su rester humaine, accessible, et profondément ancrée dans son époque. Ce dernier épisode clôt de manière efficace la menace Salazar, sans artifice. Pas de cliffhanger bâclé, pas de nouveau grand méchant annoncé à la dernière minute. On sent que les scénaristes ont fait le choix du bouclage, de la satisfaction du public fidèle plutôt que de la promesse d’un "peut-être" incertain.

Alors oui, la résolution de l’intrigue peut sembler un peu rapide. Le face-à-face final entre Robyn et Salazar manque de subtilité. Un combat au couteau un peu expédié, certes, mais qui permet à notre héroïne de reprendre le contrôle et de tirer un trait sur une menace récurrente. Cela évite l’écueil d’une sixième saison construite autour d’un antagoniste déjà affaibli. 

 

Note : 7/10. En bref, The Equalizer s’achève comme elle a vécu : avec honneur, intensité et humanité. Ce n’est peut-être pas la fin la plus spectaculaire de l’histoire des séries policières, mais c’est une fin juste. Et c’est exactement ce qu’on attendait d’elle.

CBS a annulé The Equalizer (2021) après 5 saisons, il n'y aura donc pas de saison 6.

 

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