Critiques Séries : The Equalizer (2021). Saison 5. Episode 17.

Critiques Séries : The Equalizer (2021). Saison 5. Episode 17.

The Equalizer (2021) // Saison 5. Episode 17. Acceptance.

 

Après l’intensité explosive de l’épisode précédent, on aurait pu s’attendre à une pause dans le rythme de The Equalizer. Pourtant, l’épisode 17 parvient à conjuguer tension dramatique, enjeux émotionnels et développement de personnages avec une finesse bienvenue. C’est un retour à une structure plus classique de la série, tout en mettant en lumière un personnage souvent en retrait : le détective Marcus Dante, cette fois épaulé — ou plutôt, perturbé — par son demi-frère James. Le cœur de cet épisode repose sur un faux-semblant. Quand James, avocat idéaliste, demande de l’aide à Dante pour retrouver un client disparu, l’affaire semble, au premier abord, être celle d’un malentendu judiciaire. 

 

Très vite, on comprend que sous cette façade se cache un complot d’envergure : un tueur professionnel, sous fausse identité, projette de faire exploser une conférence internationale sur l’antiterrorisme. Rien que ça. Si la trame peut sembler classique sur le papier — l’énième course contre la montre pour désamorcer une bombe — elle est relevée ici par les dilemmes personnels des protagonistes. Dante, tout juste réintégré dans la police, hésite à faire appel à Robyn, l’Equalizer, par loyauté envers ses engagements et par crainte des représailles de sa hiérarchie. Une décision lourde de conséquences. L’autre intérêt majeur de cet épisode, c’est la relation entre Dante et James. 

À peine réunis depuis un an, les deux demi-frères s’explorent, se testent, se blessent aussi. Là où l’épisode 16 faisait la part belle aux tensions explosives et aux révélations sur les ennemis de Robyn, cet épisode 17 joue une partition plus intime. James n’est pas seulement le déclencheur de l’intrigue : il est aussi un miroir pour Dante, un rappel que la famille est parfois une zone grise entre loyauté, jugement et espoir. Ce développement ajoute une vraie profondeur à Dante, souvent cantonné au rôle de flic rigide ou d’allié fidèle. Le voir tiraillé entre devoir professionnel, loyauté fraternelle et désir de réconciliation le rend plus humain, plus vulnérable. Une belle réussite scénaristique.

 

En parallèle, l’intrigue secondaire autour de Delilah offre un contrepoint plus léger mais tout aussi symbolique. Sa préparation au bal de promo, l’annonce de son acceptation à UCLA, et la dispute avec son petit ami Cameron montrent que la série ne délaisse pas les enjeux personnels au profit de l’action. Robyn, en mère absente mais dévouée, incarne bien cette dualité entre mission et maternité. La scène finale, où elle parvient à rejoindre sa fille pour une photo de bal grâce à une faveur bien méritée, donne un joli moment d’émotion sans jamais tomber dans la mièvrerie. Cela rappelle que, derrière les combats et les menaces, il y a des liens familiaux à préserver — une thématique récurrente dans The Equalizer, mais toujours efficace.

Ce qui rend cet épisode particulièrement intéressant, c’est qu’il parvient à équilibrer plusieurs arcs narratifs sans jamais perdre le spectateur. Contrairement à certains épisodes de cette saison qui misaient tout sur le sensationnel (souvenons-nous de l’affrontement musclé de l’épisode 16), l’épisode 17 revient à une écriture plus subtile, presque "à l’ancienne", où chaque personnage a sa place et son évolution. L’arrivée en toute fin de Salazar, l’antagoniste récurrent, remet un peu de tension et suggère que les deux derniers épisodes de la saison seront plus explosifs. Mais pour l’heure, cet épisode agit comme une respiration maîtrisée. Il prend le temps de construire, de poser les bases pour la suite, et de renforcer les relations humaines qui font la force de la série.

 

Alors que CBS avait évoqué l’idée d’un spin-off — finalement abandonné —, The Equalizer semble plutôt vouloir recentrer ses efforts sur son noyau dur. Et c’est tant mieux. Cette saison 5 a su mettre en avant des personnages secondaires comme Vi, Delilah, Harry ou encore Dante de manière plus équilibrée. L’épisode 17 en est la preuve : il est tout à fait possible de livrer un épisode captivant sans faire intervenir Robyn à chaque instant. Avec une saison 6 probablement en préparation, la série pourrait capitaliser sur ce casting solide et cette volonté de raconter des histoires plus humaines, sans renoncer à la tension dramatique. Si les scénaristes continuent dans cette voie, nul doute que The Equalizer a encore de belles années devant elle.

 

Note : 6/10. En bref, la série revient aux fondamentaux entre famille et aventures policières qui permettent de développer les personnages. Le cliffangher avec le retour de Salazar me rend particulièrement curieux de voir ce que le final de la saison va bien pouvoir nous réserver. 

Prochainement sur M6 et M6+

 

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