25 Juillet 2025
Souviens toi… l’été dernier (2025) // De Jennifer Kaytin Robinson. Avec madelyn Cline, Chase Sui Wonders, Jonah Hauer-King, Freddie Prinze Jr et Jennifer Love Hewitt.
Trente ans après la sortie du premier Souviens-toi… l’été dernier, la franchise revient avec un nouveau chapitre, entre suite directe et reboot partiel. Si le projet pouvait inquiéter — recyclage, nostalgie facile, écriture paresseuse —, le résultat, sans être renversant, parvient à raviver une certaine flamme. Ce legacyquel assume pleinement son héritage sans trop se prendre au sérieux, et c’est sans doute là que réside sa relative réussite. Le film reprend les codes du slasher des années 90 avec une fidélité presque appliquée : un groupe de jeunes responsables d’un drame, un secret enfoui, une menace mystérieuse qui ressurgit un an plus tard. Rien de neuf à l’horizon, mais une exécution suffisamment solide pour capter l’attention.
Lorsque cinq amis causent involontairement un accident de voiture mortel, ils décident de dissimuler leur implication et concluent un pacte pour garder le secret plutôt que de faire face aux conséquences de ce terrible évènement. Un an plus tard, leur passé revient les hanter et ils sont confrontés à une terrible vérité : quelqu'un sait ce qu'ils ont fait l'été dernier... et est déterminé à se venger. Traqués un à un par un mystérieux tueur, ils découvrent que cela s'est déjà produit auparavant et se tournent vers deux survivants du terrible Massacre de Southport de 1997 dans l’espoir d’obtenir leur aide.
L’histoire se déroule à nouveau à Southport, ce petit port de pêche rendu iconique par le premier opus. La ville a changé, mais l’ombre du passé plane toujours. On y suit un nouveau groupe d’adolescents pris dans un engrenage de culpabilité, de secrets et de meurtres. L’élément déclencheur est une erreur tragique, couverte par une promesse de silence — un schéma bien connu, mais que le film tente d’approfondir par de légers ajustements narratifs. La surprise vient davantage de la construction de cette suite que de son intrigue. Le film ne cherche pas à réinventer la roue : il embrasse sa nature de slasher classique tout en glissant quelques éléments de malice. Les nouveaux personnages évitent les clichés les plus éculés, sans pour autant atteindre une grande profondeur.
Ils sont suffisamment dessinés pour éviter l’effet “chair à crochet” immédiat, même si certains disparaissent un peu trop vite. Ce n’est pas tant le “qui” que le “comment” qui maintient l’intérêt jusqu’à la fin. Le retour de Jennifer Love Hewitt (Julie) et Freddie Prinze Jr. (Ray) est bien intégré. Il ne s’agit pas d’un simple caméo fan-service, mais d’une participation justifiée dans l’histoire. Le film joue habilement avec les images d’archives, les flashbacks et les traumatismes non cicatrisés. Julie, toujours hantée par les événements passés, fait face à une nouvelle génération qui semble répéter les mêmes erreurs. Quant à Ray, plus effacé, il apporte une présence rassurante dans un univers qui semble lui échapper.
Une apparition plus inattendue vient surprendre le spectateur dans la scène de cauchemar d’un des nouveaux personnages : Sarah Michelle Gellar fait un bref retour, clin d’œil furtif et assumé à son personnage tragique du premier film. L’effet fonctionne, sans peser sur l’intrigue. Visuellement, Souviens-toi… l’été dernier (2025) reste dans les clous. Les plans sont propres, le montage rythmé, et les scènes d’action suffisamment lisibles. On n’échappe pas aux jump scares attendus ni aux effets de style téléphonés, mais la facture reste correcte pour ce type de production. L’ambiance balnéaire, les rues désertes de Southport, les cabanes en bois et les docks embrumés offrent le décor parfait à cette chasse à l’homme estivale.
Le tueur, toujours vêtu d’un ciré et armé de son crochet, n’innove pas dans la forme, mais sa présence fonctionne. Le film joue avec l’attente, avec la silhouette menaçante aperçue au loin, et avec l’ambiguïté sur l’identité réelle du meurtrier. Malheureusement, le twist final peine à convaincre. Prévisible dès les premières minutes pour les spectateurs habitués au genre, il repose sur une logique fragile et une motivation mal construite. La résolution expédie un peu trop vite ce que le film s’était appliqué à installer. Le principal moteur de ce nouvel opus reste sans doute la nostalgie. Les références au film de 1997 sont nombreuses, mais pas étouffantes. Le plaisir coupable d’assister au retour de visages familiers ou de décors iconiques agit comme un fil conducteur, parfois au détriment de la cohérence ou de la nouveauté.
Le scénario, bien que classique, parvient à tenir le rythme sans trop de longueurs. Mais lorsqu’il s’agit de franchir le pas vers quelque chose de plus audacieux, il préfère rebrousser chemin. La scène post-générique, par exemple, mise sur un effet de surprise plutôt qu’une réelle ouverture. On y découvre Karla (Brandy Norwood), rescapée du deuxième volet, découvrant les derniers événements via un journal télévisé. Le clin d’œil fonctionne, mais reste superficiel, comme une carte postale envoyée aux fans de la première heure. Impossible de ne pas noter à quel point ce film semble calibré pour un jeune public. Les personnages parlent d’amour, de sexe, de réseaux sociaux, et prennent parfois des décisions absurdes.
L’écriture des dialogues trahit une volonté de séduire une nouvelle génération, au risque de perdre un peu de son identité initiale. Le film flirte avec la caricature, sans jamais vraiment l’assumer. Cela dit, cette “bêtise” scénaristique, propre aux slashers des années 90, fait presque partie du charme du genre. Le film n’est pas particulièrement violent, mais s’aventure dans des zones plus suggestives qu’effrayantes. Les meurtres sont stylisés mais peu graphiques, les émotions contenues. Cela donne un film qui cherche davantage à divertir qu’à terrifier, avec un ton presque pop, parfois même second degré.
Souviens-toi… l’été dernier (2025) ne prétend pas réinventer le genre. Ce quatrième volet joue avec les codes, s’amuse de ses références et respecte à la lettre les règles du legacyquel : nouveaux héros, anciens visages, intrigue miroir, et une bonne dose de nostalgie. Malgré une écriture inégale et un dénouement bancal, le film parvient à offrir ce qu’il promet : un divertissement estival, efficace dans sa simplicité. Ce n’est ni une grande réussite, ni un désastre. Juste un slasher de plus, bien fait mais sans éclat, qui ravira surtout les fans de la première heure — et ceux qui ont encore envie de croire que le crochet du passé peut encore frapper juste.
Note : 6/10. En bref, un crochet nostalgique dans l’ère des legacyquels. Souviens-toi… l’été dernier (2025) ne prétend pas réinventer le genre. Ce quatrième volet joue avec les codes, s’amuse de ses références et respecte à la lettre les règles du legacyquel : nouveaux héros, anciens visages, intrigue miroir, et une bonne dose de nostalgie.
Sorti le 16 juillet 2025 au cinéma
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