7 Août 2025
Mercredi // Saison 2. Episode 2. The Devil You Woe.
Cet épisode s’ouvre sur une ambiance troublée. Mercredi, visiblement marquée par ce qu’elle vient de vivre, se confronte à sa mère, Morticia, qui s’inquiète pour sa santé mentale. Pas de drame exagéré, simplement une inquiétude maternelle posée sur un phénomène bien particulier : des larmes noires. Ce n’est pas seulement un effet esthétique étrange, c’est le symptôme d’un épuisement psychique. Morticia appelle cela « l’abus du don ». Pour Mercredi, ce genre de remarque n’a pas sa place. La priorité reste de comprendre ce qui se trame. La discussion entre Mercredi et sa mère révèle une tension latente autour d’un membre oublié de la famille : la tante Ophélia. Son nom est rarement évoqué, mais cette fois, il revient avec insistance. Morticia semble craindre que sa fille suive le même chemin.
La référence n’est pas anodine. Il y a un passé silencieux derrière ce nom, une histoire qui n’a pas encore été racontée. Le décès du shérif Galpin ajoute une couche de trouble. Le retrouver sans vie, dans des conditions aussi grotesques que symboliques, frappe fort. Des corbeaux s’échappant de son corps : l’image est saisissante. Mercredi tente une nouvelle fois d’induire une vision pour comprendre ce qui s’est passé, mais tout ce qu’elle obtient, c’est du bruit, de l’instabilité mentale, un signal brouillé. Cette tentative, pourtant risquée, lui vaut un passage par le poste de police. Arrêtée en pleine scène de crime, elle se retrouve dans une posture difficile. La police soupçonne, fouille, et l’ambiance tourne à l’interrogatoire.
Heureusement, Gomez fait son apparition au bon moment, en père protecteur mais surtout en avocat averti. L’échange père-fille dans la voiture est court, mais révélateur : il préfère taire certains détails à Morticia. L’histoire d’Ophélia reste une affaire entre sœurs. Pendant ce temps, Pugsley poursuit ses propres expérimentations. Il pense avoir trouvé un compagnon de jeu et de vie en animant un assemblage mécanique étrange qu’il appelle Slurp. L’idée d’un monstre apprivoisé, détenu dans un abri de jardin, rappelle immédiatement certains récits classiques mal digérés. Ce n’est pas un clin d’œil innocent à Frankenstein — ici, l’insouciance prend le dessus sur la conscience morale. Slurp s’échappe rapidement, et ses intentions restent imprévisibles.
Eugene, qui assiste à cette tentative de dressage, tente d’introduire une forme de raison, mais ses conseils sont rejetés. Nourrir une créature obscure avec du miel n'était peut-être pas l'idée du siècle. Mercredi révèle à Thing qu’une vision l’a avertie : Enid est en danger, et elle en serait responsable. L’information n’est pas nouvelle, elle a déjà été présentée en fin d’épisode précédent. Pourtant, l’insistance à répéter ce fait montre une volonté de renforcer la tension dramatique. Mercredi n’a pas l’habitude de culpabiliser, mais là, un doute s’installe. Au dortoir, elle découvre Enid étendue, inerte. L’espace d’un instant, la prophétie semble s’être réalisée. Mais la scène bascule rapidement vers une blague : c’est le jour des farces à Nevermore, une tradition étudiante que Mercredi ignorait.
L’émotion est désamorcée aussi vite qu’elle s’est installée. L’un des mystères persistants de la série trouve une première résolution. La personne qui suivait Mercredi dans l’ombre n’est autre qu’une adolescente fascinée, avide d’attention. Elle se révèle dotée d’un pouvoir rare : l’invisibilité. Mercredi, bien que distante, semble reconnaître en elle une certaine singularité. Pas d’hostilité, mais un regard mesuré. Cette fan, prénommée Agnes, n’a pas de mauvaises intentions à première vue, mais elle a tout de même volé le téléphone de Galpin et s’est appropriée le roman de Mercredi. Son besoin de proximité dépasse l’admiration. Cela ajoute une nouvelle nuance à la trame : l’obsession et l’identification peuvent rapidement se transformer en intrusion.
Nevermore n’échappe pas aux logiques de pouvoir. Le principal Dort tente de convaincre Hester Frump, la mère de Morticia, de financer l’établissement. Bianca est chargée de manipuler Morticia pour atteindre cet objectif. Le rapport de force s’installe subtilement, sans jamais tourner à l’affrontement direct. Bianca utilise son chant de sirène, retirant son pendentif protecteur, pour influer sur Morticia. Ce geste soulève une question simple : jusqu’où peut aller le personnel de Nevermore pour sauver leur école ? Et surtout, à quel prix ? Décidée à tirer les choses au clair, Mercredi rend visite à Tyler à l’hôpital psychiatrique. Il est enfermé, muselé, enchaîné. Ce face-à-face met en lumière deux visions opposées de la monstruosité. Tyler se pense semblable à Mercredi ; elle refuse toute comparaison.
La confrontation est brutale, verbale plus que physique. Tyler, provocateur, menace à demi-mot Enid. Mercredi reste droite. Elle ne répond pas à la menace, elle l’écarte. Ce moment n’apporte pas de réponse concrète, mais renforce l’idée que Tyler n’est pas fini. Son rôle reste ouvert. Au retour au dortoir, Thing reçoit une attention bien méritée. Tout le monde a oublié son anniversaire, sauf Oncle Fester. Une petite scène de reconnaissance se joue, loin du tumulte général. Mercredi finit par s’excuser pour son oubli et lui offre un cadeau étrange mais symbolique : un ancien instrument de torture. Dans le même temps, elle découvre que Goody’s book, un grimoire ancien, a été subtilisé par Morticia grâce à la complicité passive de Thing. Ce détail pourrait sembler anodin, mais il souligne une rupture de confiance.
Même les alliés les plus fidèles peuvent avoir leurs propres priorités. Enid et Bruno, en pleine discussion, se retrouvent kidnappés. Thing est enfermé. Un compte à rebours s’enclenche. Mercredi dispose de trente minutes pour résoudre une série d’énigmes. L’ambiance rappelle un jeu d’évasion grandeur nature, mais les conséquences sont bien réelles. Les énigmes sont subtiles, ancrées dans la littérature et la musique. Le stalker n’est pas simplement un fan : c’est quelqu’un d’intelligent, cultivé, qui connaît Mercredi de l’intérieur. La mise en scène, les pièges, tout semble pensé pour la provoquer tout en lui offrant un défi à sa hauteur.
La résolution se fait dans la dernière minute, au terme d’un jeu dangereux.
Le stalker se révèle alors : Agnes. Elle n’a tué personne, mais elle voulait simplement créer un lien. Son admiration dépasse les limites du raisonnable, mais ne semble pas animée de haine. Pendant ce temps, Slurp, la créature de Pugsley, rôde en liberté. Le moniteur d’auto-école, totalement dépassé par l’environnement de Nevermore, est sa première victime. La bête, affamée, attaque brutalement, sans logique apparente. La menace est donc bien réelle, tapie en arrière-plan, prête à revenir. Cet épisode enrichit l’univers de Mercredi sans chercher à tout expliquer. Il pose les bases de nouveaux conflits tout en continuant à explorer les dynamiques familiales et les zones d’ombre psychologiques.
Pas besoin d’ajouter de la poudre aux yeux. La série joue sur des tensions internes, des non-dits, et des retournements mesurés. Tout ne tient pas dans l’action, loin de là. C’est dans les petits détails — les phrases lancées sans insistance, les objets volés, les regards échappés — que les choses se dessinent. Loin d’un simple divertissement, Mercredi invite à observer, à douter, à relier. L’épisode 2 n’apporte pas toutes les réponses, mais il propose une continuité qui donne envie de regarder la suite — sans promesse grandiloquente, simplement avec justesse.
Note : 7/10. En bref, cet épisode enrichit l’univers de Mercredi sans chercher à tout expliquer. Il pose les bases de nouveaux conflits tout en continuant à explorer les dynamiques familiales et les zones d’ombre psychologiques.
Disponible sur Netflix
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