Critiques Séries : Mercredi. Saison 2. Episode 4. If These Woes Could Talk.

Critiques Séries : Mercredi. Saison 2. Episode 4. If These Woes Could Talk.

Mercredi // Saison 2. Episode 4. If These Woes Could Talk.

MID-SEASON FINALE

 

Après trois épisodes déjà bien denses, le quatrième chapitre de cette saison 2 de Mercredi continue de tisser une toile complexe, faite de secrets de famille, d’expériences interdites, et d’un passé qui semble vouloir resurgir, peu importe à quel point certains aimeraient qu’il reste enterré. Le cœur de cet épisode repose sans surprise sur les relations tendues au sein de la famille Addams. La présence prolongée de Morticia et Grandmama Hester à Nevermore agit comme un catalyseur pour Mercredi, qui ne supporte ni la surveillance étroite de ses parents ni les leçons de morale mal dissimulées sous des allures de bienveillance. Cette tension familiale devient encore plus palpable lorsqu’il est question d’Ophelia, la tante disparue. 

 

Ce nom, jusqu’ici seulement murmuré, devient central. Et le silence prolongé de Morticia à ce sujet suscite davantage de méfiance que de compassion. Ce qu’Hester révèle à demi-mot ne fait que renforcer cette impression : l’histoire d’Ophelia a été volontairement effacée. Il ne s’agit pas simplement d’une absence, mais d’un effacement progressif. Et c’est ce genre de détails qui alimente l’obsession de Mercredi. Une obsession qu’elle préfère toujours cacher sous une couche d’indifférence maîtrisée, bien qu’on sente qu’elle vacille. La piste des fausses morts, que Mercredi suit depuis quelques épisodes, prend ici une tournure plus inquiétante. En examinant les restes supposés de plusieurs personnes déclarées décédées, un détail l’alerte : l’absence totale d’odeur humaine dans les cendres. 

 

Une absence trop flagrante pour être ignorée, et qui l’amène à une conclusion plutôt froide : ces gens ne sont pas morts. C’est à ce moment-là que les choses dérapent. Un mystérieux oiseau, probablement lié à cette organisation obscure qui plane depuis le début de la saison, s’empare des preuves. Un symbole presque évident du contrôle qu’on tente de maintenir sur les vérités trop bien dissimulées. L’amitié entre Mercredi et Enid semble prendre l’eau. Pas à cause d’un conflit frontal, mais plutôt par omission. L’échange entre les deux jeunes femmes, bien que bref, souligne un déséquilibre qui s’est installé depuis un moment. Enid tente de maintenir le lien, de rappeler qu’elle peut être une alliée, une confidente. 

 

Mais Mercredi persiste à s’enfermer dans un isolement volontaire, pensant peut-être qu’il s’agit de la seule manière de protéger ceux qu’elle aime. Le paradoxe est cruel : à force de vouloir épargner Enid, elle finit par l’écarter. Willow Hill, cet établissement psychiatrique au nom presque poétique, s’impose comme le véritable centre névralgique de la saison. Derrière ses murs se cache une réalité moins soignée : expériences sur les marginaux, manipulations génétiques, et peut-être même un programme secret d’intégration forcée. Le nom “LOIS” apparaît alors comme un acronyme, et non un prénom, mettant en lumière un projet clandestin sur lequel repose une partie du mystère. La découverte d’un sous-sol rempli de prisonniers soi-disant morts rend cette intrigue encore plus oppressante. 

 

Ces personnes ont été rayées des registres pour mieux être exploitées, étudiées, oubliées. L’ancienne enseignante, donnée pour morte à la fin de la première saison, refait surface dans un rôle à la fois inquiétant et familier. Son retour s’inscrit dans une dynamique presque perverse, où elle tente à nouveau de manipuler Tyler, de jouer sur ses failles. La voir interagir avec les autorités psychiatriques, se positionner en tant que patiente et non prisonnière, soulève une question troublante : jusqu’où les institutions sont-elles prêtes à aller pour garder le contrôle sur ceux qu’elles prétendent protéger ? Son influence sur Tyler reste tangible, même si ce dernier semble de plus en plus en conflit avec sa propre nature. La scène où il semble hésiter, avant de libérer sa violence, montre qu’il n’est plus totalement sous emprise — mais pas non plus libéré.

 

Libéré, mais à quel prix ? Tyler n’est pas un allié. Pas vraiment un ennemi non plus. Il est piégé dans un entre-deux, tiraillé entre son humanité et ce que l’on a fait de lui. La promesse faite de tuer Enid dès sa sortie laisse entrevoir la profondeur de sa colère — ou de sa détresse. Sa relation avec Thornhill évolue. Ce qui pouvait ressembler à une loyauté toxique se transforme en confrontation brutale. La scène où il l’agresse est troublante, pas seulement par sa violence, mais parce qu’elle marque peut-être la rupture définitive entre eux. Un autre élément marquant de l’épisode est l’infiltration de Fester à Willow Hill. Contrairement aux autres personnages, Fester semble presque à l’aise dans cet environnement. Mais sous cette apparente légèreté se cache un objectif très précis : obtenir des réponses.

 

Sa complicité avec Thing continue d’apporter une touche d’humour noir, sans tomber dans la caricature. Le duo fonctionne, surtout dans un épisode où l’ambiance devient de plus en plus pesante. Les indices qu’ils récupèrent, notamment grâce à un perroquet bien placé, permettent à Mercredi de reconstituer une partie du puzzle. Il ne s’agit plus d’un nom murmuré dans les conversations de famille. Ophelia prend une forme bien réelle dans cet épisode. Une femme au regard perdu, au visage marqué par les épreuves, mais encore capable de formuler des phrases pleines de lucidité. Est-ce vraiment elle ? Tout semble l’indiquer. La voir enfermée avec les autres "expérimentés" donne un poids nouveau aux craintes de Morticia. 

 

Et si elle avait tenté de protéger sa sœur en lui cachant la vérité ? Et si cette protection n’avait fait que renforcer l’obsession de Mercredi ? Ce quatrième épisode fonctionne comme un point de bascule. Les révélations s’enchaînent, mais les questions, elles, restent ouvertes. On devine que les décisions de Mercredi auront des conséquences. Elle refuse de faire confiance, rejette toute forme d’autorité, mais dépend encore beaucoup des autres. Son attachement à Thing, à Fester, même à Enid, est évident — mais nié. Contrairement aux premiers épisodes, plus ouverts, celui-ci joue beaucoup sur les espaces clos : cellules, couloirs, sous-sols. Ce choix visuel participe à l’impression d’étouffement. 

 

Les personnages sont physiquement enfermés, mais aussi psychologiquement coincés dans des schémas qu’ils ne savent pas briser. La violence éclate sans prévenir. Mais elle ne cherche pas à choquer. Elle semble inévitable, comme le résultat logique d’un engrenage lancé bien avant les événements actuels. Ce quatrième épisode apporte son lot de révélations, mais laisse surtout l’impression d’un monde qui vacille. Les repères deviennent flous. Les alliances se déplacent. Et même les certitudes que Mercredi pensait acquises — sa propre force, sa lucidité, son détachement — commencent à se fissurer. La série, sans chercher à tout expliquer, trace un sillon intéressant entre enquête surnaturelle et drame familial. Reste à voir si le reste de la saison réussira à maintenir cet équilibre sans se perdre dans ses propres détours.

 

Note : 7/10. En bref, ce quatrième épisode apporte son lot de révélations, mais laisse surtout l’impression d’un monde qui vacille, et même les certitudes que Mercredi pensait acquises commencent à se fissurer. La série, sans chercher à tout expliquer, trace un sillon intéressant entre enquête surnaturelle et drame familial.

Disponible sur Netflix

La partie 2 de la saison 2 de Mercredi arrivera le 3 septembre 2025 sur Netflix. Netflix a également renouvelé Mercredi pour une saison 3.

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