3 Septembre 2025
Mercredi // Saison 2. Episode 5. Hyde and Woe Seek.
La première partie de la saison 2 de Mercredi m’avait laissé une impression positive sans être renversante. J’avais apprécié l’univers toujours aussi soigné et l’évolution de certains personnages, mais j’avais aussi trouvé que certaines intrigues traînaient en longueur. Le cinquième épisode, intitulé « Hyde and Woe Seek », reprend le fil après cette pause et relance l’histoire avec un ton un peu différent. J’ai eu le sentiment d’assister à un chapitre de transition, mais qui ouvre tout de même des pistes intéressantes pour la suite. L’épisode s’ouvre sur Mercredi, encore marquée par l’affrontement violent avec Tyler. Son réveil à l’hôpital installe une ambiance lourde, renforcée par l’apparition inattendue de Weems.
La voir revenir comme guide spirituel surprend, surtout après la manière dont la saison précédente l’avait écartée. Ce choix scénaristique n’a rien d’anodin. Weems n’est plus la directrice autoritaire qu’il fallait affronter, elle devient une voix intérieure que Mercredi ne peut ignorer totalement. L’explication généalogique donnée par les scénaristes, qui rattache Weems de façon lointaine à la famille Addams, m’a semblé un peu forcée, mais j’ai préféré me concentrer sur la dynamique que cela instaure. Weems, en revenant sous cette forme, agit comme une conscience que Mercredi refuse d’écouter mais qu’elle est obligée de confronter.
Parallèlement à ce retour inattendu, les séquelles de Willow Hill continuent de peser sur le récit. Judi, qui avait déjà révélé ses ambitions dans la première partie, prend ici une place plus subtile mais tout aussi inquiétante. Elle gère les conséquences de l’explosion du projet LOIS avec un aplomb glaçant, tout en manipulant les discours officiels pour protéger sa propre position. J’ai trouvé sa relation avec Mercredi particulièrement tendue, faite de menaces implicites et de jeux d’influence. On sent que cette confrontation ne fait que commencer et que Judi représente une adversaire bien plus redoutable que les monstres visibles.
Tyler, quant à lui, reste une menace omniprésente. Son retour sous les traits d’un fugitif qui se cache en ville renforce la paranoïa ambiante. Ce qui m’a marqué, c’est surtout l’obsession de Mercredi à son égard. Elle ne cherche pas seulement à l’arrêter, elle élabore un plan étrange pour devenir sa nouvelle maîtresse en tant que Hyde. Cette idée paraît insensée, mais elle correspond à la logique du personnage : protéger Enid à tout prix, quitte à franchir des limites dangereuses. Cette obstination met en lumière un paradoxe. Mercredi rejette souvent toute forme de dépendance affective, mais elle agit sous l’influence de ses propres liens, et ses décisions trahissent l’importance qu’elle accorde à ceux qu’elle veut préserver.
La conversation avec la professeure Capri sert de déclencheur. Celle-ci partage une expérience personnelle avec un ancien compagnon Hyde, ce qui éclaire d’un jour nouveau la relation complexe entre ces créatures et leurs maîtres. J’ai trouvé ce passage intéressant parce qu’il enrichit la mythologie de la série sans en faire trop. On comprend mieux pourquoi Mercredi s’accroche à cette idée de contrôle, même si elle s’avère vouée à l’échec. En parallèle, Enid prend ses distances. Elle interprète l’attitude de Mercredi non pas comme une preuve d’amitié, mais comme une tentative de la dominer. Cette incompréhension les éloigne encore plus.
Enid préfère relancer les Nightshades pour agir par elle-même, ce qui accentue la fracture entre les deux. J’ai ressenti une vraie douleur dans cette séparation. Ce n’est pas seulement une divergence stratégique, c’est une cassure dans une amitié qui jusque-là représentait une respiration lumineuse dans l’univers sombre de la série. La révélation la plus marquante reste toutefois l’apparition de Francoise, la mère de Tyler. La découvrir sous l’identité de Patient 1938 change radicalement la situation. Mercredi pensait pouvoir piéger Tyler et prendre le dessus, mais l’intervention de sa mère déjoue tout. Le pacte conclu avec Morticia, qui prévoit un départ définitif de Jericho, donne l’impression d’un répit temporaire.
Pourtant, rien ne garantit que cette promesse sera tenue. Ce face-à-face entre une mère protectrice et un fils tourmenté ouvre de nouvelles perspectives. Il ne s’agit plus seulement de contrôler un monstre, mais de comprendre une relation familiale complexe. Un autre personnage gagne en importance : Slurp. Jusqu’ici, je le considérais comme un élément secondaire, presque anecdotique. Mais sa transformation progressive en être plus humain m’a surpris. Sa capacité à parler, à exprimer des émotions et à tisser un lien fort avec Pugsley lui confère une place nouvelle dans le récit. Lorsqu’il demande de l’aide pour échapper à la capture, j’ai senti que la série ne le traitait plus comme une curiosité mais comme un personnage à part entière.
Cette évolution laisse deviner qu’il jouera un rôle bien plus central dans la suite. Pugsley et Gomez, en cherchant Slurp, offrent aussi un regard différent. Leur duo m’a plu parce qu’il rappelle que la famille Addams ne se limite pas à Mercredi. Le fait que Gomez reconnaisse Isaac Night derrière Slurp ajoute une dimension intrigante. On devine un passé commun encore enfoui, qui pourrait relier l’histoire familiale à la trajectoire des outcasts. Cela donne plus de profondeur à un personnage qu’on aurait pu croire sans importance. En refermant cet épisode, je n’ai pas eu l’impression d’assister à un moment spectaculaire ou décisif. Ce n’était pas l’objectif.
J’y ai plutôt vu un chapitre qui redistribue les cartes et prépare le terrain pour ce qui va suivre. Le retour de Weems comme guide, la stratégie douteuse de Mercredi face à Tyler, la fracture avec Enid, la révélation de Francoise et la montée en puissance de Slurp composent un ensemble qui fait avancer l’histoire en douceur, sans chercher à choquer à tout prix. Ce que je retiens surtout, c’est l’évolution intérieure de Mercredi. Elle prétend agir avec froideur et détachement, mais ses choix sont dictés par l’attachement qu’elle refuse d’avouer. Cette contradiction me semble au cœur de l’épisode et, plus largement, de la série. Plus elle nie ses émotions, plus elles la poussent à agir.
« Hyde and Woe Seek » ne brille pas par son rythme ou ses grandes révélations spectaculaires, mais il réussit à recentrer les enjeux et à donner une nouvelle dimension à des personnages qu’on aurait pu croire secondaires. J’ai terminé l’épisode avec l’impression que la suite allait plonger plus profondément dans les relations, les fidélités et les trahisons. Et surtout avec une question qui me reste en tête : jusqu’où Mercredi est-elle prête à aller pour protéger ceux qu’elle aime, au risque de se perdre elle-même ?
Note : 6/10. En bref, « Hyde and Woe Seek » ne brille pas par son rythme ou ses grandes révélations spectaculaires, mais il réussit à recentrer les enjeux et à donner une nouvelle dimension à des personnages qu’on aurait pu croire secondaires.
Disponible sur Netflix
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog