Twisted Metal (Saison 2, 12 épisodes) : une suite aussi chaotique qu’attachante

Twisted Metal (Saison 2, 12 épisodes) : une suite aussi chaotique qu’attachante

La première saison de Twisted Metal m’avait laissé un sentiment étrange : une série bordélique, parfois incohérente, mais portée par un duo d’acteurs charismatiques et une énergie comique contagieuse. J’avais souligné à l’époque qu’il ne fallait pas chercher du sens dans cette intrigue, mais plutôt s’abandonner à son humour et à son univers bricolé. Avec l’arrivée de la saison 2, composée cette fois de 12 épisodes, j’étais curieux de voir si l’équipe créative allait capitaliser sur ses forces ou s’enliser dans ses défauts. Après avoir visionné l’intégralité de cette nouvelle salve, je peux dire que l’expérience a été contrastée, mais loin d’être déplaisante. 

 

L’une des frustrations de la première saison venait du fait que le fameux tournoi, pourtant annoncé comme le cœur de l’univers, restait en arrière-plan. La saison 2 corrige partiellement ce point : le tournoi est désormais au centre de l’intrigue. Les personnages se retrouvent confrontés à des éliminatoires sanglantes, organisées par Calypso, une figure mystérieuse qui promet au vainqueur un vœu capable de bouleverser son destin. Ce choix structure davantage la narration. Chaque épisode s’inscrit dans une progression claire vers la grande finale, ce qui donne une cohérence que la saison 1 n’avait pas toujours. Mais cette clarté a aussi un revers : parfois, l’intrigue s’étire, notamment dans les épisodes intermédiaires où le tournoi semble mis de côté pour laisser place à des sous-intrigues familiales ou politiques. 

 

Ce rythme inégal peut frustrer, surtout quand l’on attend des séquences de chaos motorisé qui, au final, se font plus rares que prévu. Impossible de parler de Twisted Metal sans évoquer ses scènes d’action. Sur ce point, la saison 2 oscille entre intensité et retenue. Les séquences de poursuite et de combat en véhicules sont spectaculaires, avec un mélange d’effets pratiques et numériques qui donne un rendu brut et efficace. Certains passages marquent les esprits, comme l’affrontement sous un orage électrique ou l’apparition d’Axel, un personnage singulier lié à deux énormes roues. Pourtant, le tournoi tant attendu laisse parfois la place à des combats à mains nues. Ce choix surprend et déçoit, car il réduit la place de ce qui fait l’identité même de la série : la destruction automobile. 

 

On sent que la production a dû composer avec des limites budgétaires, mais cela crée une certaine frustration. Quand Twisted Metal embrasse pleinement son ADN de démolition sur roues, la série atteint un niveau jubilatoire. Mais quand elle ralentit pour privilégier des bagarres plus classiques, elle perd une partie de sa singularité. Ce qui rend Twisted Metal attachant, au-delà de son univers déjanté, ce sont ses personnages. John Doe (Anthony Mackie) reste le cœur de l’histoire, avec son mélange d’optimisme naïf et de maladresse comique. Quiet (Stephanie Beatriz) conserve sa force de caractère, tout en dévoilant une vulnérabilité plus marquée. Leur relation, parfois complice, parfois conflictuelle, demeure l’un des piliers de la série.

 

Sweet Tooth, interprété par Joe Seanoa et doublé par Will Arnett, continue de voler la vedette. Ce clown meurtrier incarne à lui seul l’esprit chaotique du programme. Violent, imprévisible mais étrangement attachant, il réussit à faire rire autant qu’à mettre mal à l’aise. Ses apparitions sont systématiquement mémorables. La saison 2 introduit aussi de nouveaux venus : Dollface, Calypso, Mr. Grimm ou encore Mayhem. Certains apportent un souffle intéressant, d’autres peinent à s’imposer. La diversité des profils permet d’élargir le spectre narratif, mais la multiplication des personnages dilue parfois l’attention, au détriment des figures déjà installées. 

 

J’ai eu le sentiment que certains arcs étaient sacrifiés ou expédiés, comme si la série voulait absolument tout caser en 12 épisodes. Là où la première saison donnait l’impression d’un road trip décousu, cette suite cherche à proposer une trame plus dense. Les thématiques abordées — la mémoire, la famille, la vengeance, la quête d’identité — offrent des moments de sincérité inattendus au milieu du chaos. Le face-à-face entre John et sa sœur Dollface, par exemple, ajoute une charge émotionnelle bienvenue. Cependant, cette ambition se traduit aussi par des longueurs. Certains épisodes semblent alourdis par des dialogues explicatifs ou des intrigues secondaires qui n’apportent pas grand-chose à l’ensemble. 

 

Cela ne casse pas l’intérêt, mais crée des inégalités de rythme. J’aurais préféré que la série assume davantage son côté absurde et explosive, plutôt que de chercher à creuser des arcs parfois artificiels. L’humour reste une marque de fabrique de Twisted Metal. Entre répliques absurdes, gags visuels grotesques et clins d’œil méta, la série cultive un ton décalé qui lui sied bien. Certaines scènes font mouche et déclenchent de vrais éclats de rire. D’autres tombent à plat, répétant des blagues déjà vues ou forçant un comique potache qui finit par fatiguer. Ce déséquilibre rappelle que la série joue constamment avec la frontière entre comédie et action. 

 

Lorsqu’elle trouve le bon dosage, elle brille. Mais quand l’humour prend le dessus sans relief, l’effet devient lassant. Visuellement, la saison 2 reste fidèle à son univers fait de bric et de broc. Les décors désertiques, les entrepôts délabrés et les villes barricadées construisent une ambiance crédible, même si parfois répétitive. Les véhicules customisés, eux, conservent leur rôle de stars visuelles : chaque bolide raconte quelque chose de son pilote, renforçant la personnalité des personnages. La bande-son, très marquée par des morceaux des années 1990 et 2000, participe à cette identité. Elle rythme les courses et accentue le décalage comique, même si certains choix paraissent moins inspirés que dans la saison 1.

 

Au final, cette saison 2 de Twisted Metal confirme les qualités et les défauts déjà présents dans la première. La série gagne en cohérence grâce au tournoi central, mais perd parfois en folie brute. Elle propose des scènes d’action mémorables, mais pas assez nombreuses. Elle développe ses personnages, mais au prix d’intrigues secondaires dispensables. Elle amuse, mais pas toujours avec la même efficacité. Malgré tout, j’ai pris plaisir à suivre ces 12 épisodes. L’énergie des acteurs, l’univers loufoque et la capacité à surprendre suffisent à maintenir l’intérêt. Ce n’est pas une série qui cherche la perfection, mais elle offre un divertissement singulier, entre chaos motorisé et humour noir.

 

Note : 6.5/10. En bref, une suite plus structurée et ambitieuse, qui réussit à captiver malgré ses inégalités. J’attends de voir si une éventuelle saison 3 saura aller encore plus loin dans l’action mécanique, sans perdre cette touche d’absurde qui fait tout le sel de Twisted Metal.

Prochainement sur Ciné+ OCS

 

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