30 Septembre 2025
The Man in my Basement // De Nadia Latif. Avec Willem Dafoe, Corey Hawkins et Brian Bovell.
Je n’avais jamais entendu parler du roman de Walter Mosley avant de découvrir The Man in My Basement. C’est donc sans attente particulière que j’ai lancé le film de Nadia Latif, intrigué uniquement par son pitch et par la présence de Willem Dafoe au casting. L’histoire semblait originale : un homme fauché accepte qu’un inconnu vienne s’installer… dans sa cave. Sur le papier, tout pour éveiller la curiosité. Mais à l’écran, le résultat est loin d’être à la hauteur. Le film nous plonge dans la vie de Charles Blakey (Corey Hawkins), un homme qui traverse une période compliquée.
Charles Blakey est un afro-américain vivant à Sag Harbor sur le point de perdre sa maison lorsqu'un étrange homme d'affaires, blanc, lui propose de louer son sous-sol pour l'été. Il est prêt à payer 50 000 dollars. Cette proposition lucrative entraîne Charles sur un chemin terrifiant...
Sa maison familiale, héritée depuis plusieurs générations, est menacée car il n’arrive plus à joindre les deux bouts. C’est alors qu’apparaît Anniston Bennet (Willem Dafoe), un mystérieux visiteur qui lui propose une somme d’argent énorme pour vivre dans son sous-sol pendant quelques mois. L’idée est absurde, presque inquiétante, mais suffisamment étrange pour donner envie de voir la suite. Les premières minutes installent bien le décor : une maison pleine d’histoire, des dialogues qui laissent planer le mystère, et ce face-à-face improbable entre deux hommes que tout oppose. J’espérais un huis clos étouffant, avec des tensions psychologiques grandissantes.
Malheureusement, après ce départ intrigant, l’histoire se répète et tourne en rond. Les échanges entre Charles et Bennet finissent par manquer de profondeur. Chaque scène semble annoncer une révélation qui n’arrive jamais vraiment. On attend une montée en puissance, une bascule dramatique, mais le film reste bloqué dans une routine de dialogues qui peinent à passionner. Même la mise en scène ne vient pas compenser cette lenteur. Visuellement, le film reste sage, sans véritable parti pris. Pour un huis clos, j’aurais aimé plus de tension, plus d’audace dans la manière de filmer la cave, la maison, ou même les silences entre les personnages. À la place, tout paraît trop lisse.
Le film laisse deviner des thématiques fortes : l’héritage, la mémoire familiale, les rapports de pouvoir, voire une réflexion sur la dépendance financière et morale. Mais tout cela reste à peine effleuré. Les dialogues posent des questions sans jamais leur donner d’épaisseur. Résultat : au lieu d’un récit qui dérange et fait réfléchir, j’ai eu le sentiment d’une histoire qui n’ose jamais vraiment aller au bout de ses intentions. Même les objets retrouvés dans la maison, qui auraient pu enrichir la trame et donner du sens à la présence de Bennet, sont laissés de côté. Le film accumule des pistes prometteuses mais ne les développe pas.
Heureusement, Corey Hawkins et Willem Dafoe apportent un minimum de relief. Hawkins incarne bien un homme dépassé par les événements, même si le scénario ne lui offre pas beaucoup d’évolution. Dafoe, fidèle à lui-même, est fascinant à regarder. Il arrive à rendre son personnage à la fois séduisant et inquiétant, avec ce sourire ambigu qu’il maîtrise si bien. Mais aussi bons soient-ils, les deux acteurs semblent enfermés dans une histoire qui ne leur permet pas d’aller au bout de leur potentiel. On sent qu’il y avait de quoi pousser les personnages plus loin, mais le film se contente de rester à la surface.
Ce qui m’a le plus déçu reste la conclusion. Après presque deux heures de mystère et de tension supposée, le film ne livre pas de véritable réponse. Les motivations de Bennet, le choix de cette maison, le rôle des découvertes de Charles… tout reste flou. Plutôt qu’un final marquant, j’ai eu l’impression d’un récit inachevé, comme si le film n’avait pas su comment se terminer. Au lieu d’un twist ou d’une réflexion profonde, il ne reste qu’une accumulation de questions sans réponse. Le spectateur sort avec une impression de frustration, plus que d’émotion. Sans avoir lu le roman, j’ai pris le film pour ce qu’il est : une histoire étrange avec un concept accrocheur.
Mais très vite, la réalisation hésitante, le rythme trop lent et les thèmes mal exploités ont fini par me décrocher. J’espérais un huis clos intense et dérangeant, mais j’ai trouvé un récit qui n’ose pas, qui reste coincé dans une neutralité frustrante. L’ensemble n’est pas totalement raté — les acteurs font le travail et l’idée de départ est bonne. Mais en sortant, la déception domine. Ce film aurait pu être marquant, mais il se contente d’être fade. The Man in My Basement avait toutes les cartes en main pour surprendre : une intrigue originale, un décor chargé d’histoire et un duo d’acteurs solides. Pourtant, il passe à côté de son potentiel en choisissant la prudence et en s’éparpillant au lieu d’approfondir.
Note : 3.5/10. En bref, un film qui intrigue au départ mais s’enlise rapidement. Je ne connaissais pas le roman, et je n’avais aucune attente particulière. Mais même sans point de comparaison, difficile de ne pas ressortir frustré.
Sorti le 27 septembre 2025 directement sur Disney+
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