26 Mars 2026
Trust // De Carlson Young. Avec Sophie Turner, Katey Sagal et Billy Campbell.
Officiellement présenté comme un thriller haletant avec Sophie Turner en tête d’affiche, Trust ressemble plutôt à une publicité déguisée pour les tutos YouTube “comment ouvrir une porte bloquée”. Une poignée cassée, un scénario bancal, et une heure trente à regarder une actrice talentueuse gaspiller son énergie dans un projet qui aurait dû rester coincé au stade de brouillon. L’idée de départ : Sophie Turner se retrouve enfermée dans une pièce parce qu’une poignée lâche, pendant qu’un cambriolage tourne mal. Simple, efficace ? Pas vraiment. Le concept aurait pu fonctionner cinq minutes dans un court-métrage.
Une starlette hollywoodienne se réfugie dans un Airbnb isolé à la suite d'un scandale, avant de se retrouver à la merci de criminels à la recherche d'un butin.
Mais étirer ça sur un long film entier, c’est comme regarder quelqu’un lutter avec une boîte de conserve sans ouvre-boîte pendant une heure et demie. La tension supposée se transforme rapidement en comédie involontaire. Sophie pousse la porte alors qu’elle devrait tirer. Elle ignore l’évidence, comme si l’univers entier conspirait pour que rien n’ait de sens. Et tout cela est présenté comme un suspense insoutenable. Résultat : impossible de ressentir la moindre peur, seulement un rire nerveux devant autant d’absurdités. Le scénario est une mine d’or pour les amateurs de “erreurs de logique”. La poignée tombe ? Pas de panique, un spectateur lambda aurait su comment s’en sortir en deux minutes.
Mais pas notre héroïne, condamnée à s’acharner comme si la sortie était une énigme métaphysique. Et que dire du tuyau qui explose sans prévenir, histoire d’ajouter un pseudo-drame sorti de nulle part ? C’est le genre de détail qu’on pardonne dans une série B assumée, mais ici, tout est pris au sérieux, ce qui rend la chose encore plus ridicule. Le film n’avance pas, il piétine. Les rares tentatives de créer du rythme tombent à plat, car elles reposent sur des situations tellement tirées par les cheveux qu’elles en deviennent insultantes pour l’intelligence du spectateur. Sophie Turner est probablement la seule raison qui empêche Trust de sombrer dans l’oubli total dès ses dix premières minutes.
Elle fait ce qu’elle peut : elle crie, transpire, s’agite, tente d’incarner une peur crédible. Mais difficile de sauver un rôle qui consiste essentiellement à se battre avec une porte récalcitrante. Son talent est indéniable, mais il est malmené ici. Difficile de croire qu’une actrice capable de porter une série comme Game of Thrones en soit réduite à jouer une héroïne coincée dans des incohérences de bricolage. Elle méritait mieux. Beaucoup mieux. Un thriller sans antagoniste crédible, c’est comme un polar sans enquête. Les cambrioleurs de Trust sont l’incarnation du cliché : idiots, interchangeables et dénués de menace réelle. À chaque apparition, ils rappellent moins des criminels redoutables qu’un duo de figurants en roue libre.
Difficile d’avoir peur de personnages qui semblent sortis d’une mauvaise parodie. Le danger est censé venir d’eux, mais leur maladresse et leur manque de substance réduisent toute tension à néant. Ironie totale : le seul personnage qui dégage un semblant d’intérêt dans ce film, c’est un chien. Oui, un chien. Plus crédible, plus utile, et surtout plus attachant que tous les humains réunis. Le moment où l’animal prend littéralement le relais pour sauver la situation aurait pu être une belle trouvaille, si cela ne ressemblait pas autant à un aveu de faiblesse. Quand le meilleur acteur d’un thriller censé reposer sur le jeu psychologique d’une star internationale est un labrador anonyme, on sait que quelque chose a très mal tourné.
Le pire dans Trust, ce n’est pas seulement son manque de crédibilité. C’est aussi cette impression de gâchis. Avec une actrice de la trempe de Sophie Turner et une idée de départ qui, bien travaillée, aurait pu donner un huis clos étouffant, il y avait matière à un vrai suspense. Mais le film choisit systématiquement la facilité, le cliché et la maladresse. Plutôt que d’offrir une montée d’angoisse progressive, il se contente de répéter les mêmes ficelles : une héroïne qui s’agite, des méchants qui gesticulent, et un spectateur qui attend désespérément que quelque chose de crédible se produise.
À la fin, le film laisse une impression amère : celle d’avoir perdu son temps. Trust est un thriller qui n’a jamais compris ce qui fait la force du genre. Pas de tension, pas de logique, pas de personnages consistants. Seulement un enchaînement d’idées mal exploitées et de scènes bâclées. Le plus ironique dans tout ça ? Le titre. Trust, la confiance. Difficile de faire plus cynique. Parce qu’après avoir vu ce film, la seule confiance que j’ai perdue, c’est envers ceux qui ont cru qu’un scénario pareil méritait d’être tourné. Trust (2025) n’est pas un thriller, c’est une longue farce qui ne dit pas son nom. Sophie Turner méritait mieux, les spectateurs aussi. Si l’objectif était de créer une tension psychologique, c’est raté : le film échoue à tous les niveaux.
Note : 0/10. En bref, Trust donne surtout envie de vérifier l’état de ses poignées de porte avant de lancer un film, histoire de ne pas finir soi-même prisonnier d’une mauvaise blague cinématographique.
Sorti le 26 mars 2026 directement sur Paramount+
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