Critiques Séries : Tulsa King. Saison 3. Episode 1.

Critiques Séries : Tulsa King. Saison 3. Episode 1.

Tulsa King // Saison 3. Episode 1. Blood and Bourbon.

 

Après une saison 2 qui avait laissé un goût amer avec un final expédié et frustrant, Tulsa King revient enfin pour une troisième saison. Et dès ce premier épisode intitulé "Blood and Bourbon", le ton est donné : drame, humour et nouveaux ennemis entrent en scène. Pour autant, derrière l’énergie retrouvée, je garde quelques réserves sur la direction prise par la série. On reprend l’histoire là où on l’avait laissée : Dwight Manfredi (Sylvester Stallone) est interrogé par l’agent fédéral Musso. Ce dernier, rancunier depuis la mort de Ripple — son informateur abattu par Dwight dans ce qui ressemblait plus à un acte de miséricorde qu’à un meurtre —, décide de ne pas l’envoyer en prison… mais de le placer sous sa coupe. 

 

Résultat : Dwight est libre, mais tenu en laisse par le FBI. Ce rapport de force est l’une des meilleures idées de l’épisode. Musso ne cherche pas seulement à faire tomber Dwight, il veut l’utiliser, l’humilier et contrôler ses moindres faits et gestes. C’est une tension qui promet d’être un fil rouge intéressant tout au long de la saison. De retour à la maison, Dwight va voir Margaret. Il tente de s’excuser, tout en lui avouant que le FBI connaît désormais leur relation et que, pour la protéger, il préférerait couper les ponts. Mais Margaret, fidèle à elle-même, refuse de s’éloigner. Cette dynamique fonctionne : d’un côté, Dwight joue les durs, persuadé qu’il est toxique pour elle ; de l’autre, Margaret incarne la stabilité et la loyauté. 

Ce couple improbable, à la frontière entre le drame et la tendresse, reste l’un des rares ancrages émotionnels solides de la série. L’autre grande intrigue de cet épisode se joue autour du bourbon. Mitch, lassé de son boulot au concessionnaire, retrouve Chloe, une ancienne flamme dont le père cherche à vendre sa distillerie. Une aubaine pour Dwight, qui comprend vite qu’un pied dans l’industrie de l’alcool pourrait diversifier son empire. Mais évidemment, rien n’est simple : Jeremiah Dunmire (Robert Patrick), magnat local autoritaire, convoite lui aussi la distillerie. Ultra-religieux en façade, impitoyable dans les actes, il est prêt à brûler des maisons et écraser sa propre famille pour garder le contrôle. 

 

Avec son fils Cole, caricature du fils-à-papa brutal et arrogant, les Dunmire s’annoncent comme de vrais adversaires pour Dwight. Honnêtement, Jeremiah apporte une noirceur qui manquait à la série. Là où Dwight tente d’unir ses proches par loyauté, Jeremiah gouverne par la peur et la violence. Ce duel de philosophies mafieuses pourrait bien être le moteur de la saison. Autre intrigue marquante : Bodhi. Toujours hanté par la mort de son ami Jimmy, il profite d’un "malentendu" lors d’une livraison pour se retrouver face au meurtrier. Pistolet en main, il hésite entre vengeance et retenue. Finalement, il choisit de ne pas tuer… mais de marquer son territoire en humiliant l’homme.

C’est un arc prometteur. Bodhi, longtemps réduit au rôle de geek cynique, gagne en profondeur. Il incarne désormais cette ambiguïté entre humour et drame, entre gangster amateur et homme brisé par le deuil. L’un des charmes de Tulsa King réside dans son mélange de comédie et de mafia. Ce premier épisode en joue à fond, avec notamment la séquence hilarante du road trip en voiture électrique, Bodhi confondant les sacs de billets avec des comics, ou encore Tyson qui tente de singer le style de Dwight avec des tenues de gangster. Mais attention : si ces scènes m’ont fait sourire, elles risquent aussi de désamorcer l’intensité dramatique. 

 

Entre les règlements de comptes sanglants et les gags façon sitcom, la série flirte parfois dangereusement avec l’auto-parodie. C’est amusant, oui, mais est-ce que ça ne dilue pas la gravité de l’univers mafieux que la série essaie de construire ? En fin d’épisode, Jeremiah lance les hostilités en brûlant la propriété des Montague, scellant ainsi un conflit qui promet d’être central. De son côté, Dwight, de plus en plus surveillé par Musso et pressé par ses ennemis de New York comme Ray, réalise que son empire est plus fragile que jamais. Le final de ce premier épisode ouvre donc beaucoup de portes : la menace fédérale, la guerre du bourbon, les tensions internes à son clan… 

Mais est-ce que la série saura tout mener à bien ? Après la déception du final de la saison 2, j’avoue rester prudent. Le premier épisode de la saison 3 de Tulsa King réussit son pari : relancer l’intérêt après une saison 2 inégale. Avec de nouveaux ennemis charismatiques, un Dwight sous pression, et un Bodhi en pleine crise existentielle, il y a de quoi tenir en haleine. Cependant, la série continue de jongler entre drame et comédie d’une manière parfois maladroite. Les blagues fonctionnent, mais elles risquent de réduire la crédibilité d’un univers qui se veut brutal et impitoyable. 

 

En bref, Tulsa King revient avec énergie et idées, mais il faudra que la suite confirme cette dynamique sans tomber dans la caricature. Si la saison garde le cap, elle pourrait bien redonner à la série tout son éclat… mais si elle abuse des gags et expédie ses intrigues, on risque un nouvel effondrement façon saison 2.

 

Note : 7/10. En bref, Tulsa King revient avec énergie et idées, mais il faudra que la suite confirme cette dynamique sans tomber dans la caricature. 

Disponible sur Paramount+

 

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G
en ce moment je regarde la saison 2<br /> donc oui tres hate de voir ce que va donner la saison 3 :OP<br /> merci pour ton article<br /> bonne soiré
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D
tiens bon car la saison 3 démarre bien contrairement au dernier épisode de la saison 2 qui est raté mdr