Marvel Zombies (Mini-series, 4 épisodes) : quatre épisodes qui laissent un goût amer

Marvel Zombies (Mini-series, 4 épisodes) : quatre épisodes qui laissent un goût amer

L’annonce de Marvel Zombies sur Disney+ avait de quoi piquer ma curiosité. L’idée d’un univers où les héros du MCU se transforment en morts-vivants promettait une ambiance différente, plus sombre, et surtout un ton qui se démarquerait de la routine super-héroïque. Quatre épisodes ont finalement vu le jour, mais après visionnage, difficile de cacher une certaine déception. La série n’est pas catastrophique, mais elle souffre de choix scénaristiques discutables, d’incohérences gênantes et d’un ton hésitant qui finit par l’affaiblir. J’ai eu envie d’y croire, et par moments, j’ai trouvé matière à accrocher, mais l’ensemble manque de cohérence et de profondeur.

 

Série d’animation de studios Marvel qui réinvente l’univers Marvel en mettant en scène une nouvelle génération de héros en guerre contre une invasion de zombies.

 

Le premier épisode m’a donné de l’espoir. Le décor post-apocalyptique est bien posé, la menace est claire et la survie des personnages semble au cœur de l’intrigue. Mais dès la suite, le récit prend une direction confuse, presque brouillonne. Le problème n’est pas seulement dans la mise en scène, mais surtout dans l’écriture. Le scénario cherche constamment à surprendre par des rebondissements, sans prendre le temps de développer ses personnages. Résultat : la tension retombe rapidement, et l’immersion s’effrite. Certains héros sont mis en avant comme figures centrales, à commencer par Kamala Khan. J’aurais aimé que ce choix permette d’explorer son évolution dans un contexte extrême, mais son parcours reste trop naïf face à l’horreur. 

 

Lui faire tendre la main à une zombie responsable de massacres, par exemple, m’a semblé peu crédible. Ironheart n’apporte pas grand-chose, et ce manque de relief la rend encore moins attachante. Quant à Blade, présenté comme un atout potentiel, il se réduit finalement à un personnage secondaire qui traverse les épisodes sans véritable rôle. On sent bien que sa présence tient plus d’une anticipation marketing que d’un choix narratif réfléchi. Thor, de son côté, cristallise une bonne partie de mes frustrations. Son état de zombie lui confère soudain des capacités incohérentes avec ce qu’on avait vu auparavant. 

 

Comment accepter qu’un dieu dépressif peine à se battre en version humaine, mais qu’une fois zombifié, il déclenche des éclairs surdimensionnés ? Ce genre d’inconsistances retire toute crédibilité aux enjeux. La Scarlet Witch occupe une place importante en tant que “Reine des morts”. Son pouvoir et son aura auraient pu faire d’elle une adversaire mémorable, mais là encore, l’exécution laisse à désirer. Son rôle est réduit à une menace quasi omniprésente qui surgit au gré des besoins du récit. J’aurais aimé que son objectif, ses dilemmes ou même son fonctionnement soient davantage creusés. À la place, elle devient une force abstraite, utilisée surtout pour maintenir artificiellement le suspense.

 

Au-delà du traitement des personnages, la mini-série accumule des facilités scénaristiques difficiles à ignorer. Le Stormbreaker, détruit par Thanos avec la Pierre du Pouvoir, réapparaît sans explication. Thor survit à proximité d’une explosion d’Infinity Stones, alors que l’univers a établi à quel point elles sont destructrices. Le Nova Corps choisit de laisser une planète infestée de zombies en quarantaine, sans jamais envisager de solution pour éradiquer la menace. Une décision peu cohérente quand on connaît leur rôle supposé de protecteurs galactiques. Ces détails donnent l’impression d’un récit bâclé, où la logique interne passe au second plan.

 

Ce qui m’a sans doute le plus dérangé, c’est l’incapacité de Marvel Zombies à assumer un ton clair. La série oscille entre une volonté de proposer un spectacle horrifique et l’envie de rester dans l’humour typique du MCU. Les blagues arrivent souvent au mauvais moment, réduisant l’impact dramatique des scènes les plus violentes. Au lieu de ressentir le désespoir d’un monde envahi par des zombies, je me suis retrouvé face à une aventure qui ne sait pas si elle doit effrayer, amuser ou simplement divertir. Ce décalage crée une distance avec les personnages. Même dans les moments censés être graves, la légèreté forcée empêche de ressentir un véritable attachement ou une émotion sincère.

 

Un autre problème réside dans l’envie de surcharger l’histoire de concepts et d’artefacts mystérieux. Le fameux “Project: Lifeshot” et l’émetteur subatomique deviennent des éléments centraux, mais ils brouillent plus qu’ils n’enrichissent le récit. Une série sur les zombies aurait pu se contenter d’explorer les rapports humains dans un contexte extrême : la survie, la perte, les dilemmes moraux. Au lieu de ça, la narration ajoute couches sur couches de pseudo-science, au risque de perdre de vue son sujet initial. Avec seulement quatre épisodes, la série ne se donne pas les moyens de développer correctement ses personnages. Le groupe de survivants est trop large pour que chacun existe réellement. 

 

Certains disparaissent brutalement, sans que cela ait le moindre poids émotionnel. Les morts de figures emblématiques devraient marquer, mais elles sont expédiées. On finit par s’habituer à voir des héros tomber comme de simples figurants, ce qui enlève toute intensité dramatique. Visuellement, Marvel Zombies reprend le style graphique des autres projets animés du MCU. C’est fluide, coloré, mais il manque une certaine rugosité qui aurait mieux collé au sujet. Les combats sont lisibles, mais trop lisses pour une histoire de zombies. J’attendais une atmosphère plus oppressante, plus crue. À la place, j’ai eu droit à un rendu aseptisé, presque clinique, qui atténue l’impact des scènes censées choquer.

 

Ce que révèle Marvel Zombies, au-delà de son intrigue, c’est la tendance de Marvel à multiplier les projets sans toujours leur donner une véritable identité. On sent un recyclage d’idées, une envie de capitaliser sur le succès d’un concept (les zombies, ici), sans forcément prendre le temps d’aller au bout de la démarche. Ce n’est pas la première fois que je ressens ça dans une production Marvel récente : beaucoup d’ambition sur le papier, mais une exécution qui peine à convaincre.

 

Au final, Marvel Zombies m’a laissé une impression mitigée. L’idée avait du potentiel, et quelques passages montrent ce que la série aurait pu devenir si elle avait pris plus de risques. Mais entre incohérences, personnages mal exploités et ton hésitant, le résultat tombe à plat. Quatre épisodes suffisent largement pour constater les limites de ce projet. Je n’ai pas trouvé de véritable attachement aux héros, ni de tension suffisante pour me faire vibrer. En refermant cette parenthèse, je garde surtout le sentiment d’un rendez-vous manqué.

 

Note : 4/10. En bref, Marvel Zombies avait tout pour bousculer le MCU animé, mais au lieu d’une immersion dans l’horreur et la survie, j’ai eu droit à une aventure confuse qui ne tient pas ses promesses.

Disponible sur Disney+

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article