Nouveau Jour (Saison 1, épisodes 1 à 50) : chronique d’un pétard mouillé

Nouveau Jour (Saison 1, épisodes 1 à 50) : chronique d’un pétard mouillé

Lors du lancement du feuilleton, je me suis installé devant le premier épisode de Nouveau Jour avec une curiosité sincère. Le décor était séduisant, le casting intriguant, et l’idée d’un nouveau feuilleton quotidien avait de quoi piquer mon intérêt. Pendant une vingtaine de minutes, j’ai presque cru à la naissance d’un soap français qui saurait trouver sa place. Le Domaine Bartoli avait de l’allure, le soleil du sud faisait le reste, et l’atmosphère respirait la promesse d’une intrigue familiale riche en rebondissements. Mais cette impression s’est vite effritée. 

 

Plus les épisodes défilaient, plus j’ai eu la sensation d’assister à une grande mascarade : un projet qui avait des moyens, quelques bonnes idées de départ, mais qui s’est enfoncé dans la paresse narrative. Le premier épisode m’avait semblé « sympa ». Cinquante épisodes plus tard, je considère ce feuilleton comme un pétard mouillé. Impossible de nier que les paysages autour de Montpellier donnent un certain charme à la série. Le soleil, les vignes, l’hôtel avec ses façades immaculées : tout ça flatte l’œil au début. Mais une fois passé l’effet carte postale, la beauté des lieux ne suffit plus. J’ai vite eu l’impression que les décors, pourtant soigneusement mis en valeur, étaient utilisés comme cache-misère pour masquer la pauvreté du scénario. 

 

L’hôtel Bartoli devait être un personnage à part entière, un cadre qui inspire des intrigues multiples et variées. Malheureusement, il devient surtout un décor figé et souvent aux abonnés absent où se rejouent toujours les mêmes disputes, les mêmes confrontations stériles et les mêmes conversations creuses autour d’un verre de rosé. On retrouve alors le bar de la ville, la caserne, la boîte de locations de paddle, etc. Des décors répétitifs qui n’apportent plus rien. À force de voir les personnages piétiner dans les mêmes salons ou se disputer dans les mêmes couloirs, j’ai eu l’impression que les murs eux-mêmes soupiraient d’ennui. Au départ, j’étais content de retrouver Helena Noguerra et Laetitia Milot. Leurs personnages semblaient solides, prêtes à porter l’intrigue sur leurs épaules. 

 

Mais très vite, elles sont reléguées à l’arrière-plan, presque sacrifiées pour laisser la place à des intrigues centrées sur de jeunes personnages sans grande consistance. Résultat : deux actrices censées incarner des héroïnes fortes finissent par errer de scène en scène comme des figurantes de luxe. Quant aux autres, difficile de garder de l’attachement. Ceux qui paraissaient sympathiques deviennent vite agaçants. Certains secondaires ont été introduits comme des bouffées d’air frais mais se révèlent être des caricatures grossières. Et puis il y a ces nouveaux arrivants censés rajeunir le feuilleton : en réalité, ils plombent le rythme et installent une banalité redoutable. 

 

J’ai fini par trouver certains personnages tellement insupportables que je levais les yeux au ciel à chacune de leurs répliques. Un comble pour une série qui prétendait proposer une galerie riche et équilibrée. Si je devais résumer les intrigues de Nouveau Jour en une phrase, ce serait : « toujours la même chose ». Secrets de famille déjà vus ailleurs, triangles amoureux sortis de la boîte à clichés, disputes qui explosent pour se résoudre trois épisodes plus tard, puis repartent comme si de rien n’était. Tout semble prévisible, écrit avec un pilote automatique qui refuse la moindre audace. Le suspense ? Un mot qui devrait être rayé du vocabulaire de la série. Les cliffhangers finissent par ressembler à des petites piqûres d’insectes : agaçants mais pas menaçants. 

 

À force de vouloir créer de la tension, les scénaristes multiplient des « faux chocs » tellement artificiels que j’en suis venu à sourire, non pas d’amusement, mais de lassitude. Même le fameux mystère de départ, censé être le moteur de la saga, finit par se diluer et s’achever dans l’indifférence. Au lieu d’un fil rouge puissant, j’ai vu un fil effiloché qui s’accroche mal aux épisodes et se perd dans des digressions sans intérêt. Nouveau Jour avait annoncé vouloir marier soap, thriller et comédie. Sur le papier, l’idée semblait attrayante. En pratique, c’est un mélange tiède. Les moments censés faire sourire tombent à plat, les rares tentatives de thriller ressemblent à des sketchs involontaires, et les intrigues « dramatiques » manquent cruellement d’intensité.


Plutôt qu’un cocktail savoureux, le feuilleton ressemble à une boisson mal dosée où chaque goût annule l’autre. Ni vraiment drôle, ni vraiment haletant, ni vraiment émouvant. J’ai regardé les épisodes comme on sirote un verre d’eau tiède : ça passe, mais ça ne laisse aucune saveur. Difficile de ne pas comparer Nouveau Jour à ses concurrents. TF1, avec ses feuilletons quotidiens, a trouvé une formule qui équilibre assez bien les générations : les intrigues des jeunes côtoient celles des adultes sans que l’un n’éclipse l’autre. Ici, le déséquilibre est flagrant. Les adultes, censés porter l’histoire, sont mis de côté au profit de romances adolescentes plates comme du papier à cigarette.


Le résultat est cruel : là où ailleurs les personnages donnent l’impression de vivre dans un univers riche et cohérent, Nouveau Jour ressemble à une suite de saynètes bricolées sans grande direction. Après cinquante épisodes, ma patience a atteint ses limites. J’ai tenté de rester accroché, pensant que les scénaristes allaient enfin trouver un souffle. Mais plus les semaines avançaient, plus j’avais la sensation d’assister à un spectacle qui se répète. Les dialogues tournent en boucle, les enjeux s’évaporent, et les personnages s’enlisent dans des intrigues secondaires inutiles. Là où j’attendais des révélations fracassantes, je n’ai trouvé que des banalités recyclées. 

 

Là où j’espérais une montée en puissance, j’ai vu une descente dans l’ennui. À force, j’ai lâché prise. Plus aucun intérêt à suivre les déboires de personnages qui se contredisent d’un épisode à l’autre et qui se contentent de meubler du temps d’antenne. Nouveau Jour avait tout pour devenir un divertissement correct. De beaux décors, un casting attractif, et la promesse d’un soap moderne. Mais après cinquante épisodes, le constat est brutal : tout cela s’est effondré. Ce feuilleton est devenu une mécanique creuse, incapable d’assumer une identité forte, et surtout incapable de surprendre.


J’ai commencé l’aventure avec une curiosité bienveillante, j’ai poursuivi avec une dose de patience, et j’ai terminé dans l’indifférence totale. Au final, ce feuilleton n’aura été qu’un pétard mouillé : beaucoup de bruit au début, puis une fumée sans éclat.

 

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