Critique Ciné : Adulthood (2025)

Critique Ciné : Adulthood (2025)

Adulthood // De Alex Winter. Avec Josh Gad, Kaya Scodelario et Billie Lourd.

 

Dans Adulthood, réalisé par Alex Winter, tout part d’un incident banal : une mère âgée hospitalisée après un malaise. Ses deux enfants adultes, Meg (Kaya Scodelario), institutrice rangée, et Noah (Josh Gad), écrivain raté et fumeur invétéré, reviennent dans leur maison d’enfance pour s’occuper des affaires familiales. Mais ce qui aurait pu n’être qu’une réunion forcée vire au cauchemar. Dans les murs du sous-sol, un cadavre est découvert. Pas un symbole, pas une métaphore : un véritable squelette, enterré depuis des années. La révélation fait éclater au grand jour une question terrible : et si leurs parents, jusque-là perçus comme des figures imparfaites mais respectables, avaient commis l’irréparable ? 

 

Les frères et sœurs, Megan et Nathan, voient leur quotidien bouleversé quand ils découvrent un cadavre, enterré depuis longtemps dans la cave de leurs parents.

 

Ce genre de secret ne s’efface pas. Il oblige les personnages à choisir : alerter la police ou étouffer la vérité. Le film joue sur un thème universel : tôt ou tard, chacun découvre que ses parents ne sont pas des héros infaillibles, mais des êtres humains, avec leurs failles. Ici, la révélation va beaucoup plus loin. Meg et Noah ne doivent pas seulement accepter les erreurs de leurs parents, mais aussi décider jusqu’où ils sont prêts à aller pour protéger l’image de leur famille. C’est là que Adulthood trouve son intérêt : montrer deux adultes incapables d’assumer pleinement leur rôle. Au lieu d’affronter la réalité, ils s’enfoncent dans une spirale de décisions absurdes et de mensonges. 

 

Chaque tentative pour régler la situation empire le problème. Ce n’est plus seulement l’histoire d’un squelette caché, mais celle d’une succession d’erreurs qui les mènent droit dans le mur. Le ton oscille entre comédie noire et drame familial. Certaines scènes flirtent avec le burlesque, comme si Alex Winter voulait s’inspirer des frères Coen ou de Guy Ritchie. Le problème, c’est que l’équilibre n’est jamais atteint. Là où un film comme Shallow Grave utilisait un cadavre comme point de départ pour un récit cruel et brillant, Adulthood se contente de répéter le même schéma : cacher, mentir, improviser. Le mélange des genres finit par desservir le récit. 

 

Trop sérieux pour être une vraie comédie, trop absurde pour fonctionner comme un thriller dramatique, le film reste coincé dans un entre-deux. À force d’hésiter entre rire et malaise, il perd en intensité. Côté casting, le film repose principalement sur Kaya Scodelario et Josh Gad. Scodelario s’en sort honorablement malgré un rôle limité, fait de réactions plus que d’actions. Son personnage reste souvent passif, ce qui finit par devenir frustrant. Josh Gad, lui, cristallise les critiques. Il est omniprésent, mais son jeu divise. À force d’être cantonné au rôle de l’adulte infantile et agaçant, il ne parvient pas à inspirer l’attachement nécessaire. Le film semble miser sur son énergie comique, mais il manque de nuances et de profondeur. 

 

Au lieu d’apporter un contrepoint au drame, il accentue le décalage de ton. Parmi les seconds rôles, Billie Lourd apparaît comme une opportuniste au potentiel comique non exploité. Anthony Carrigan, dans le rôle du cousin, aurait pu apporter un contrepoids intéressant, mais ses scènes restent anecdotiques. Finalement, le film donne l’impression de gâcher un casting qui aurait pu être mieux utilisé. Visuellement, Adulthood n’est pas déplaisant. La caméra de Christopher Mably capte bien l’atmosphère oppressante d’une banlieue tranquille rongée par les secrets. Les champs clôturés, les intérieurs trop propres, les routines suburbaines contrastent avec la noirceur de ce qui se trame dans le sous-sol. 

 

Quelques montages alternant scènes de quotidien et moments de tension rappellent que l’horreur peut se cacher derrière les façades les plus banales. Mais malgré cette esthétique, la mise en scène ne parvient pas à renouveler son énergie. Les scènes s’étirent, la tension retombe vite, et l’effet de répétition finit par peser. On attend une montée dramatique, un twist inattendu, une résolution choc… mais rien ne vient vraiment. Derrière son intrigue parfois maladroite, Adulthood soulève une question intéressante : jusqu’où peut aller la loyauté familiale ? Les parents laissent derrière eux un héritage, pas seulement matériel mais aussi moral. 

 

Meg et Noah doivent faire face à ce poids, mais au lieu de se libérer, ils choisissent la compromission. Ce choix dit quelque chose de l’âge adulte : grandir ne signifie pas seulement assumer son passé, mais aussi prendre des décisions éthiques. Le film montre à quel point il est facile de tomber dans la facilité et l’égoïsme, même quand l’occasion de faire le bon choix est là. Adulthood n’est pas un navet, mais il n’exploite pas tout le potentiel de son idée de départ. L’intrigue aurait pu donner un drame familial puissant ou une comédie noire jubilatoire. À la place, le résultat reste tiède, avec quelques moments intrigants mais une exécution trop hésitante.

 

Le film a le mérite de poser un décor accrocheur et de proposer une réflexion sur les secrets de famille. Mais le rythme inégal, des personnages trop caricaturaux et une intrigue qui s’épuise trop vite limitent l’impact. C’est le genre de film qui passe sur une plateforme de streaming un soir d’hiver, qu’on regarde sans déplaisir, mais qui ne laisse pas un souvenir durable. Avec Adulthood, Alex Winter signe un film inégal, entre drame familial et satire inachevée. Le squelette trouvé dans les murs aurait pu être l’élément déclencheur d’un récit grinçant et profond, mais il devient une mécanique répétitive qui s’essouffle avant la fin. Kaya Scodelario parvient à maintenir un peu d’intérêt, mais Josh Gad, en tête d’affiche, finit par agacer plus qu’il ne séduit.

 

Note : 5.5/10. En bref, Adulthood illustre bien les dilemmes de la vie adulte : choisir entre vérité et silence, responsabilité et lâcheté. Malheureusement, le film, lui, choisit la facilité.

Prochainement en France

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article