Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 6), Chicago Fire (Saison 14, épisode 6), Chicago PD (Saison 13, épisode 6)

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 6), Chicago Fire (Saison 14, épisode 6), Chicago PD (Saison 13, épisode 6)

Chicago Med // Saison 11. Episode 6. The Story of Us.

 

Après plusieurs épisodes plutôt solides en début de saison, Chicago Med retombe dans ses travers avec l’épisode 6, diffusé cette semaine. Il y a bien des émotions, quelques scènes bien jouées, et un vrai sujet autour de la famille Goodwin, mais l’ensemble manque d’équilibre. Là où l’épisode 4 retrouvait une forme de tension médicale, et où l’épisode 5 tentait au moins de donner une place aux urgences, ce chapitre 6 s’éloigne encore davantage de l’ADN de la série pour glisser vers le soap assumé — mais pas totalement maîtrisé. Ce qui frappe d’emblée, c’est la construction centrée presque exclusivement sur les vies personnelles des personnages, au détriment des cas médicaux. 

 

Ce n’est pas un problème en soi : Chicago Med a déjà prouvé qu’elle savait mêler vie privée et médecine. Le problème, ici, c’est que les arcs dramatiques prennent toute la place… sans que les enjeux soient vraiment solides. On sort de l’épisode avec le sentiment que beaucoup de choses ont été lancées pour provoquer une réaction émotionnelle immédiate, mais que rien n’a de vraie profondeur. L’intrigue autour de Sharon Goodwin reste pourtant le point fort de l’épisode, et même le seul qui semble écrit avec un minimum de cohérence. Le déclin de Bert touche juste, sans tomber dans le pathos forcé. 

Les scènes familiales, notamment autour du fameux rituel des hauts et bas de la journée offrent un vrai moment d’intimité et rappellent que Chicago Med est capable de sincérité quand elle ne cherche pas l’effet choc. La révélation concernant David, qui découvre que Bert n’est pas son père biologique, est clairement là pour créer un twist, mais elle est sauvée par l’interprétation. Ce rebondissement ne change pas grand-chose au fond — c’est presque un détail à ce stade — mais il permet d’illustrer le besoin de repères familiaux face à la perte. C’est d’ailleurs l’une des rares intrigues qui aurait mérité davantage de temps, car la série choisit encore une fois de saupoudrer quelque chose qui pourrait être réellement puissant si développé sur plusieurs épisodes.

 

Là où l’épisode échoue vraiment, c’est dans sa gestion des autres histoires. L’axe autour de Ripley et Sadie, par exemple, avait du potentiel : une relation déjà fragile, un problème de santé, des questions financières, et la tentation de s’installer ensemble pour des raisons médicales. Ce sont des sujets réalistes, qu’une série hospitalière peut parfaitement exploiter. Sauf qu’ici, tout est accéléré, théâtral, presque caricatural. On passe de tout va bien à on rompt en une scène expédiée, sans que le chemin émotionnel soit crédible. La rupture semble écrite pour créer un moment choc plutôt qu’une évolution logique. Même constat pour Frost, encore une fois traité comme un élément secondaire comique-romantique. 

Toute la promotion autour de l’épisode insistait sur son flirt, et pourtant, la relation n’est ni construite, ni utile à la série, ni liée à ce qui se passe à l’hôpital. On enchaîne les petits dialogues, les sous-entendus, et à la fin, la storyline ne sert à rien d’autre qu’à illustrer que Chicago Med veut absolument garder son quota romance, quitte à ignorer le reste. Ce n’est pas que la romance soit illégitime — mais elle manque de substance, de contexte, de conséquences. C’est une sensation d’écriture automatique, comme une case à cocher. L’épisode inclut bien quelques patients, mais là encore, on sent que le cœur n’y est pas. Certains cas pourraient être intéressants, comme ce patient anémique dont l’origine de la maladie est plus complexe qu’elle n’y paraît, mais tout est survolé. 

 

Les scènes médicales deviennent des pauses entre deux intrigues personnelles, alors qu’elles devraient être le moteur de la série. Même les séquences censées apporter de la tension clinique sont anecdotiques, sans enjeu ni réflexion éthique comme la série savait le faire dans ses meilleures saisons. On finit par avoir l’impression que la médecine n’est plus qu’un décor, plus un moteur narratif. Après six épisodes, on commence à voir la direction de la saison 11 — et cet épisode 6 en est la preuve : Chicago Med semble s’installer dans un modèle émotionnel au détriment du médical. L’épisode n’est pas désagréable à regarder, mais il laisse un goût d’inachevé. Trop de ruptures soudaines, trop de réponses faciles, trop peu de conséquences.

 

Dans les épisodes précédents, même quand la série déviait un peu, il restait un équilibre. Ici, il se brise, et le résultat est un épisode médiocre comparé aux cinq premiers. L’émotion est là, oui, mais elle est mal distribuée, et le reste n’existe plus que par obligation.

 

Note : 4.5/10. En bref, pas un mauvais épisode, mais clairement un pas en arrière pour la saison 11, qui semblait enfin retrouver un peu de stabilité. Si la série continue dans ce sens, on risque une année très inégale, oscillant entre émotions sincères et soap inutile.

 

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 6), Chicago Fire (Saison 14, épisode 6), Chicago PD (Saison 13, épisode 6)

Chicago Fire // Saison 14. Episode 6. Broken Things.

 

Il y a un moment où une série doit accepter qu’elle a terminé un cycle. Chicago Fire semble refuser de l’admettre, mais l’épisode 6 de la saison 14 le confirme une nouvelle fois : on s’ennuie, et pas parce que le rythme ralentit volontairement, mais parce que la série ne sait plus quoi raconter. Ce n’est pas une question de qualité technique ou d’acteurs. Le problème est plus profond : il ne se passe plus rien qui fasse vibrer, ni les personnages, ni les spectateurs. L’épisode donne l’impression d’être coché dans un calendrier de diffusion, pas écrit par nécessité narrative. Le constat devient difficile à ignorer : même les acteurs semblent jouer des scènes sans véritable enjeu.


Severide donne l’impression d’être en pilotage automatique, Stella passe d’une intrigue à l’autre sans jamais en vivre les conséquences, Violet enchaîne les interventions sans évolution personnelle, et Vasquez n’a toujours pas trouvé sa place. Ils sont là, mais l’écriture ne leur donne plus rien à défendre. Il y a quelques saisons, on avait au moins le sentiment qu’on avançait, même quand l’épisode n’était pas brillant. Aujourd’hui, chaque nouvel épisode ressemble à une variation du précédent : un peu de bureaucratie, un peu d’action, un peu de drame, mais rien qui bouleverse l’équilibre. Le risque n’est plus seulement la lassitude. C’est l’indifférence. On pourrait accepter le rythme lent si la série savait transformer ce temps libre en développement émotionnel. 

Mais tout ce qui pourrait être intéressant — la fausse couche de Stella, la parentalité d’accueil, la crise dans le service des incendies — est évoqué, jamais creusé. À force de ne jamais aller au bout des choses, Chicago Fire laisse l’impression que tout est provisoire. Les intrigues, les émotions, les personnages. On regarde une série qui autrefois assumait ses choix (bon ou mauvais), et qui aujourd’hui cherche surtout à remplir 42 minutes sans déranger personne. Le vrai problème, c’est qu’on ne sent plus de fin, plus d’urgence, plus d’intention. Les départs d’acteurs auraient pu créer un choc narratif, mais deviennent de simples ajustements de casting. Les intrigues personnelles pourraient nourrir la saison, mais restent anecdotiques.


Même les interventions, autrefois le cœur battant de la série, semblent tournées en mode automatique. On n’attend plus le prochain épisode : on le subit. Ce qui faisait la force de Chicago Fire, au-delà des interventions spectaculaires, c’était le sentiment de famille, de caserne soudée, d’histoires qui comptaient. Aujourd’hui, il reste le décor, mais pas la chaleur. Stella et Severide sont ensemble, mais leur relation n’évolue plus. Violet est là, mais elle n’a plus de trajectoire claire. Même Herrmann et Mouch, qui ont longtemps porté l’âme de 51, sont devenus des figurants émotionnels. Si la série continue comme ça, elle risque de perdre ce qu’elle avait réussi à construire pendant plus d’une décennie : l’impression que chaque épisode comptait. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

 

Note : 2/10. En bref, ce qui faisait la force de Chicago Fire, au-delà des interventions spectaculaires, c’était le sentiment de famille, de caserne soudée, d’histoires qui comptaient. Aujourd’hui, il reste le décor.

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 6), Chicago Fire (Saison 14, épisode 6), Chicago PD (Saison 13, épisode 6)

Chicago PD // Saison 13. Episode 6. Send Me.

 

Ce sixième épisode de la saison 13 de Chicago PD m’a laissé avec un sentiment difficile à définir. Impossible de dire que je l’ai aimé ou détesté ; il fait plutôt partie de ces épisodes qui restent dans un coin de la tête, parce qu’ils ne se livrent pas complètement. Et que, quelque part, ils dérangent volontairement. Après un épisode 5 centré sur Atwater et sa difficulté à se projeter dans sa propre vie, cet épisode 6 déplace le curseur vers Dante Torres. Pourtant, ce n’est pas vraiment un épisode “sur” Torres : c’est avant tout un épisode qui utilise son personnage pour raconter quelque chose d’autre, quelque chose d’assez trouble, presque mystique, et qui rompt avec la structure habituelle de la série.

 

Dès les premières minutes, on sent que l’épisode ne suit pas les codes classiques de Chicago PD. Pas d’affaire de la semaine qui prend forme étape par étape : tout démarre au milieu du chaos, avec Torres pris dans une situation où il doit faire un choix instinctif, et où la loyauté au règlement devient secondaire face à une forme de croyance presque intime. Cette tension morale n’est pas nouvelle chez Torres — la série en a fait un personnage constamment tiraillé entre sa foi, son passé, et ce qu’exige son rôle de policier. Mais ici, cette dualité prend une dimension plus mystique encore. La religion, le destin, les symboles, tout revient à la surface. 

Au point que Torres agit plus comme un messager — ou un justicier — que comme un enquêteur formé par l’Intelligence Unit. C’est d’ailleurs l'un des paradoxes de l’épisode : tout semble s’appuyer sur une logique émotionnelle et spirituelle, alors que dans les faits, la situation repose sur une suite de décisions irrationnelles, parfois même discutables. Et pourtant, on comprend pourquoi il fait ce qu’il fait. Même si l’écriture n’est pas toujours équilibrée, Benjamin Levy Aguilar livre une performance marquante. Il est sans doute l’un des acteurs qui fait le plus exister son personnage au-delà des dialogues. Les silences, la gestuelle, la manière d’encaisser, de s’effondrer intérieurement sans jamais lâcher physiquement : tout est là.

 

Ce qui surprend, c’est que l’épisode s’appuie davantage sur lui que sur l’équipe — même Voight, pourtant omniprésent dans les épisodes à forte implication émotionnelle, reste en retrait. Cela donne presque l’impression que Torres joue dans une version parallèle de Chicago PD, plus intérieure, plus symbolique. Comparé à l’épisode précédent, où Atwater avait droit à un cheminement personnel clair (même si non résolu), Torres se retrouve ici dans un récit moins structuré, mais plus intense. On ne sort pas avec une réponse, ni avec un arc clairement défini ; on sort avec une tension qui ne se relâche pas. Cet épisode met aussi en lumière un défaut persistant de Chicago PD : sa difficulté à développer certains personnages de manière cohérente sur la durée. 

Torres, comme Atwater avant lui, avance par à-coups — on le plonge dans un épisode profond, puis plus rien pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’un nouveau chapitre arrive, sans véritable continuité émotionnelle. À force, cela donne l’impression que la série “utilise” ses personnages au lieu de les construire. Et cela se ressent dans le ressenti global : on finit la plupart des épisodes sans savoir si on a appris quelque chose sur eux, ou simplement vécu un fragment d’histoire qui ne servira que de prétexte la prochaine fois. Atwater, dans l’épisode 5, avait au moins une direction possible, même incertaine. 

 

Torres, ici, repart dans le flou, et la série semble presque compter sur le fait que la performance de l’acteur suffira à compenser le manque de suivi narratif. Le dernier acte change radicalement le ton. Ce qui semblait être une affaire isolée prend soudain la forme d’un complot plus large, avec ce qu’il faut de zones d’ombre, d’alliances cachées, et de danger qui plane au-delà de l’épisode. C’est efficace, mais c’est aussi un peu le problème : si le meilleur moment arrive au bout d’une heure, c’est que tout le reste servait surtout à nous y amener. On devine que ce fil rouge reviendra plus tard dans la saison — mais uniquement quand la série décidera de redonner l’écran à Torres. 

En attendant, il faudra accepter que cette intrigue se mette en sommeil, comme c’est souvent le cas ici. L’épisode ose une rupture de ton, ce qui change du format procédural habituel et Benjamin Levy Aguilar prouve une nouvelle fois qu’il peut porter un épisode entier sur ses épaules. Le final donne envie de voir la suite, mais laisse l’impression que tout le reste existait surtout pour y arriver. Cet épisode 6 n’est pas simple à classer. Il est loin d’être inutile, mais il laisse une sensation d’inachevé. Il propose des idées fortes, mais les exploite partiellement. Il donne de la matière à Torres, mais pas forcément un chemin.

 

Note : 5/10. En bref, peut-être que la suite de la saison viendra donner une vraie place à Torres, comme l’épisode précédent tentait de le faire avec Atwater. En tout cas, il pose une question qui dépasse le personnage : combien de temps Chicago PD peut-elle continuer à avancer sans vraiment faire évoluer ceux qui la portent depuis plusieurs années ?

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