Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 7), Chicago Fire (Saison 14, épisode 7), Chicago PD (Saison 13, épisode 7)

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 7), Chicago Fire (Saison 14, épisode 7), Chicago PD (Saison 13, épisode 7)

Chicago Med // Saison 11. Episode 7. Double Down.

MID-SEASON FINALE

 

Après un épisode 6 clairement en dessous, je m’attendais à ce que Chicago Med relève un peu la barre avec ce septième épisode, annoncé comme le final de mi-saison. Et effectivement, la série retrouve par moments ce mélange de tension et d’émotion qui fait sa force. Mais, à l’image de cette saison 11 jusque-là très inégale, tout cela reste brouillon. « Double Down », le titre de cet épisode, illustre bien le sentiment global : une série qui double les enjeux sans vraiment savoir où elle va. L’ouverture fonctionne. Le rythme est plus soutenu, les intrigues s’entremêlent sans confusion, et l’ensemble dégage une énergie que Chicago Med avait un peu perdue ces dernières semaines. 

 

Le retour de Dr. Charles apporte une profondeur bienvenue : son enquête sur un collègue soupçonné de manipuler des résultats de recherche donne enfin une intrigue médicale solide, ancrée dans les dilemmes éthiques du métier. C’est d’ailleurs l’un des points positifs de cet épisode : on retrouve ce Med des débuts, où la psychologie et la science se confrontent de façon nuancée. Dommage, cependant, que la série n’aille pas plus loin dans sa réflexion sur la place de la technologie dans le diagnostic médical. Tout est amorcé, mais vite laissé en suspens. L’autre grand axe, c’est Lenox, dont le comportement devient de plus en plus imprévisible. On comprend mieux maintenant que ses prises de risque ne sont pas seulement impulsives : elles traduisent une urgence intérieure, une envie de vivre pleinement avant que sa maladie ne la rattrape. 

Ce fil narratif est intéressant, car il humanise le personnage tout en posant une vraie question : jusqu’où peut-on aller au nom de la vocation médicale ? Mais l’exécution laisse à désirer. Le fait qu’elle se mette elle-même en danger, au point d’intervenir dans une affaire de violence domestique, fait basculer la série dans un registre plus policier qu’hospitalier. L’intention est claire — montrer le courage et les limites de Lenox —, mais le résultat est forcé. Le cliffhanger final, où elle se retrouve agressée après être partie seule sur le terrain, ressemble davantage à un moyen de maintenir l’attention pendant la longue pause hivernale qu’à une conclusion organique.

 

Ce n’est pas mauvais, mais c’est maladroit. On sent que Chicago Med veut faire vibrer son public, quitte à sacrifier la cohérence pour le suspense. Parmi les intrigues de cet épisode, celle de Hannah reste la plus touchante, même si elle joue sur des ressorts déjà vus. Sa rencontre avec un patient atteint d’un cancer en phase avancée, prêt à tout pour rencontrer son futur enfant, donne lieu à des scènes simples mais sincères. La série retrouve un ton plus humain, plus doux, qui tranche avec le reste du chaos ambiant. Ce parallèle entre la situation du patient et la grossesse d’Hannah fonctionne bien. Sans en faire trop, la série relie subtilement les thèmes de la vie, de la perte et de la résilience. 

Malheureusement, ces moments sont rapidement éclipsés par les intrigues secondaires, comme celle d’Archer et Kingston, dont les échanges flirtent avec le cliché. Côté psychiatrie, la dynamique entre Dr. Charles et Theo offre enfin quelque chose d’intéressant. Leurs visions opposées sur la place de l’intelligence artificielle dans la médecine permettent d’aborder un sujet actuel sans tomber dans la caricature du “techno-sceptique contre le scientifique fou”. Pour une fois, Chicago Med trouve un équilibre dans son propos : ni glorification aveugle de la technologie, ni rejet complet. La conclusion, où Charles reconnaît s’être trompé sur les intentions de son collègue, ramène une forme d’humilité qu’on aimerait voir plus souvent dans la série. 

 

C’est aussi une belle façon de rappeler que le cœur de Chicago Med reste humain avant tout — pas seulement médical. En revanche, les intrigues sentimentales continuent de tirer la série vers le bas. Le triangle entre Frost, Naomi et Novak n’apporte rien, sinon quelques scènes légères sans intérêt narratif. Les scénaristes semblent vouloir injecter de la légèreté, mais ça sonne creux. Après plusieurs saisons, la mécanique du flirt entre collègues tourne en rond, d’autant qu’elle détourne l’attention des arcs plus profonds. Le seul duo qui tire son épingle du jeu, c’est celui d’Archer et de son fils Sean. Leur relation, longtemps conflictuelle, gagne enfin en sincérité. 

La scène où Sean apprend la grossesse d’Hannah et soutient son père est l’un des rares moments d’émotion authentique de l’épisode. Globalement, cet épisode 7 fait mieux que le précédent, mais sans effacer la sensation d’inconstance qui colle à cette saison 11. Certaines intrigues sont fortes, portées par de bons dialogues et des enjeux émotionnels justes. D’autres tombent à plat, plombées par des choix scénaristiques discutables. Le blackout final et l’agression de Lenox laissent sur un suspense efficace, certes, mais un peu artificiel. Ce n’est pas tant le manque d’action qui dérange que l’impression que Chicago Med ne sait plus vraiment ce qu’elle veut raconter.

 

Note : 5/10. En bref, un épisode de transition mieux rythmé, mais encore loin de la justesse émotionnelle que la série peut atteindre. Si Chicago Med veut reconquérir ses fidèles, il faudra que la seconde moitié de saison recentre le propos sur ce qu’elle sait faire de mieux : la médecine, l’humain, et des émotions vraies, pas fabriquées.

 

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 7), Chicago Fire (Saison 14, épisode 7), Chicago PD (Saison 13, épisode 7)

Chicago Fire // Saison 14. Episode 7. Pierce the Vein.

MID-SEASON FINALE

 

Après sept épisodes, Chicago Fire tire sa révérence pour sa pause de mi-saison. Pourtant, cette coupure arrive moins comme un moment de suspense que comme un constat : la série s’essouffle, et elle ne parvient plus à rallumer l’étincelle qui faisait sa force. L’épisode 7, intitulé “Pierce the Vein”, devait marquer une étape importante avant le retour prévu en janvier. Mais au lieu de créer une attente, il laisse surtout une impression de vide. Le principal reproche que l’on peut faire à cet épisode, c’est qu’il n’a rien d’un fall finale. Pas de vrai enjeu, pas de tension durable, pas même de sentiment d’urgence. 

 

On navigue entre plusieurs intrigues secondaires – un possible flirt de Pascal, la gestion d’un incendie dans une école, quelques développements autour de Vasquez et Novak – sans jamais avoir la sensation qu’un fil conducteur tient l’ensemble. Tout est là, mais rien ne prend. Les situations s’enchaînent mécaniquement, comme si la série devait remplir le cahier des charges de son propre format : un feu, une enquête, un drame personnel, et un retour au calme. Le problème, c’est que ces ingrédients, qui faisaient autrefois la réussite de Chicago Fire, ne provoquent plus rien. Stella est absente, en congé, et Severide se retrouve seul à la caserne. Ce duo, pourtant central, manque cruellement à la dynamique de l’épisode. 

Sans leur présence commune, la série perd une partie de son équilibre. Quant à Violet et Novak, elles essaient tant bien que mal d’apporter de la fraîcheur à travers leurs intrigues, mais leurs histoires semblent se dérouler en parallèle du reste, sans réelle connexion avec le cœur de la série. Même Vasquez, que l’on tente encore de développer à travers son conflit familial, ne parvient pas à convaincre. On a l’impression que Chicago Fire s’obstine à creuser des pistes qui n’intéressent plus grand monde. Son passé, son père, sa place dans l’équipe : tout semble écrit pour meubler le temps d’antenne. Et à chaque tentative, on ressent davantage la fatigue du scénario que la passion des débuts.

 

On pourrait croire que les baisses de rythme font partie d’un plan plus large, mais la réalité est plus simple : la série n’a plus grand-chose à dire. Les intrigues administratives sur les coupes budgétaires, la menace de fermeture de la caserne ou les querelles internes ont déjà été vues plusieurs fois. Même les interventions sur le terrain n’ont plus le même impact émotionnel. Là où les premières saisons parvenaient à transmettre la tension, la peur et la solidarité, on assiste aujourd’hui à des scènes d’action fonctionnelles, presque neutres. Le feu n’est plus qu’un décor. Et quand la fumée retombe, il ne reste pas grand-chose à raconter. Le plus frappant dans ce midseason finale, c’est qu’il arrive sans réel climax.


Pas de révélation, pas de rupture dramatique. Juste une fin d’épisode qui tombe comme un point final à une phrase sans verbe. Et c’est sans doute là le vrai problème de Chicago Fire aujourd’hui : la série avance sans direction. L’absence de Stella, les hésitations autour de la parentalité, les promesses non tenues depuis la saison précédente — tout cela aurait pu former un fil narratif solide. Mais à force de tout repousser à “plus tard”, la série donne l’impression de repousser son propre intérêt. Quand on regarde Chicago Fire aujourd’hui, on ne ressent plus l’attachement qui faisait sa force. Les personnages ne semblent plus motivés, et nous non plus.

 

Après plus de dix ans, il est normal qu’une série change, qu’elle évolue. Mais dans le cas de Chicago Fire, cette évolution ressemble plutôt à une lente érosion. L’équipe de la caserne 51 reste familière, mais l’âme du show semble s’être diluée au fil des saisons. Là où l’on attendait un épisode de mi-saison capable de relancer l’intérêt, on se retrouve face à une succession de scènes qui peinent à retenir l’attention. Et si la pause hivernale devait offrir un peu de souffle à la série, elle risque surtout de permettre aux spectateurs de réaliser qu’ils n’en attendent plus grand-chose. L’épisode 7 de la saison 14 de Chicago Fire confirme ce que les dernières semaines laissaient déjà pressentir : la série tourne en rond.


Les personnages semblent perdus, les intrigues se répètent, et la tension dramatique a disparu. On ne regarde plus Chicago Fire avec impatience, mais par habitude. Et si la série veut retrouver un semblant de passion, il va falloir qu’il accepte de changer profondément — ou d’éteindre, pour de bon, la flamme qui brûle encore faiblement à la caserne 51.

 

Note : 3/10. En bref, l’épisode 7 de la saison 14 de Chicago Fire confirme ce que les dernières semaines laissaient déjà pressentir : la série tourne en rond.

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 7), Chicago Fire (Saison 14, épisode 7), Chicago PD (Saison 13, épisode 7)

Chicago PD // Saison 13. Episode 7. Impulse Control.

MID-SEASON FINALE

 

Le septième épisode de la saison 13 de Chicago PD, intitulé « Impulse Control », s’inscrit dans la continuité directe de l’épisode 4, tout en ravivant des intrigues et des blessures à peine refermées. Après plusieurs semaines où la série s’était davantage concentrée sur des récits personnels — notamment avec Atwater et Torres — cet épisode recentre l’attention sur Voight et Imani, deux personnages dont les colères et les blessures intérieures s’entrechoquent jusqu’à brouiller la frontière entre instinct et déraison. Dès les premières scènes, l’épisode place le spectateur dans une tension familière : celle de la chasse à Raymond Bell, ce prédateur insaisissable déjà aperçu plus tôt dans la saison. 

 

Cette reprise rapide de l’intrigue a quelque chose de presque oppressant. Rien n’a été oublié, ni par les enquêteurs, ni par nous. Bell est cette ombre qui hante la série depuis plusieurs épisodes, et la façon dont « Impulse Control » le ramène au centre montre que la menace dépasse le simple cadre d’une enquête criminelle. L’épisode se concentre en grande partie sur Hank Voight, dont les obsessions et la colère réapparaissent sous une forme plus maîtrisée, mais toujours inquiétante. Ce qui frappe ici, c’est cette contradiction permanente entre l’homme qui dit vouloir contrôler ses émotions et celui qui, dans les faits, reste guidé par elles. 

Son obsession pour Bell n’est pas qu’une question de justice : elle réveille un passé douloureux, matérialisé par cette photo d’enfance et ce message lié à son père violent. Cette intrigue, amorcée plus tôt dans la saison, prend ici une tournure plus intime. Elle ne cherche pas à expliquer Voight, mais à le révéler autrement — non pas comme un flic brisé, mais comme un homme encore prisonnier de ses blessures. L’idée que Devlin soit derrière les messages laisse entendre une guerre personnelle en cours, mais le choix de cette photo, de ce souvenir précis, semble aller plus loin que la simple vengeance. On devine que la série amorce ici une exploration plus profonde du passé de Voight, peut-être même de ce qui a façonné sa brutalité. 

 

C’est une piste intéressante, d’autant qu’elle offre à Jason Beghe un terrain plus intérieur, où la rage laisse place au trouble. Face à lui, Eva Imani agit comme un reflet inversé. Là où Voight tente de se contenir, elle s’abandonne à ses impulsions. Sa détermination à coincer Bell la pousse à franchir les lignes rouges que l’unité essaie encore de respecter. On comprend ses motivations : il y a derrière son entêtement une douleur encore floue, celle de la disparition de sa sœur, évoquée sans être vraiment expliquée. Cette part d’ombre donne de l’épaisseur à Imani, tout en soulignant son isolement. Elle agit souvent seule, comme si la loyauté envers les victimes comptait davantage que la cohésion de l’équipe. 

Cette fragilité émotionnelle devient le moteur de l’épisode : son impulsivité, sa colère, sa foi en une forme de justice immédiate la mènent droit dans la gueule du loup. La mise en parallèle entre Voight et Imani fonctionne particulièrement bien. Tous deux sont mus par des blessures semblables, par une histoire de violence et de perte. Mais là où Voight apprend à feindre le contrôle, Imani n’en est qu’au début du chemin. Cette différence d’âge et d’expérience crée un rapport presque filial entre eux, une dynamique que la série gagnerait à explorer davantage. « Impulse Control » s’impose comme un épisode très axé sur l’enquête. 

 

Les interrogatoires, menés avec méthode et une certaine tension, rappellent ce que Chicago PD sait faire de mieux : créer du suspense dans le silence, dans les regards, dans les moments où la vérité menace de surgir. Le montage de la séquence d’interrogatoire de Bell est particulièrement efficace, enchaînant les interventions des membres de l’unité avec fluidité et réalisme. Ces transitions, simples mais précises, traduisent le temps qui passe et la fatigue qui s’installe dans la salle. Cependant, ce choix de tout miser sur la mécanique du cas a un revers : l’épisode reste en surface du point de vue émotionnel. 

Pour un 250e épisode — un jalon symbolique — on aurait pu s’attendre à un récit plus centré sur le collectif, sur la dynamique d’équipe qui a toujours été la force de Chicago PD. Ici, tout semble graviter autour de Bell, Voight et Imani, au détriment des autres personnages, presque absents. C’est d’autant plus flagrant quand on compare à l’épisode précédent, celui consacré à Torres, qui, malgré ses faiblesses, avait su faire exister un vrai parcours intérieur. Ici, l’émotion est plus dispersée, moins incarnée. La fin de l’épisode laisse Imani dans une situation critique, piégée dans la maison de Bell. Ce cliffhanger, attendu mais efficace, installe une tension qui promet de tenir pendant la pause hivernale. 

 

Il laisse surtout une question ouverte : jusqu’où Imani devra-t-elle aller pour prouver qu’elle est à la hauteur de l’unité, ou au contraire, combien de fois devra-t-elle tomber avant de comprendre que la colère n’est pas une stratégie ? Ce n’est pas un épisode spectaculaire, mais il parvient à relier plusieurs fils narratifs tout en plantant les graines d’une suite plus introspective. La série, en renouant avec ses thématiques de violence et de rédemption, semble prête à creuser davantage la psychologie de ses personnages — à condition de ne pas se perdre dans la répétition. 

C’est un épisode de transition, tendu, parfois frustrant, mais nécessaire. Il ramène des intrigues laissées en suspens, relie Voight et Imani dans une même fêlure, et rappelle que derrière les affaires criminelles, ce sont toujours les blessures personnelles qui font avancer — ou dérailler — les membres de l’unité. On sort de cet épisode avec la sensation que tout est sur le point d’exploser, mais sans certitude sur la direction à venir. Et c’est peut-être ce flou-là, ce mélange de contrôle et d’impulsion, qui résume le mieux l’esprit de Chicago PD à ce stade de la saison.

 

Note : 6/10. En bref, c’est un épisode de transition, tendu, parfois frustrant, mais nécessaire. Il ramène des intrigues laissées en suspens, relie Voight et Imani dans une même fêlure, et rappelle que derrière les affaires criminelles, ce sont toujours les blessures personnelles qui font avancer — ou dérailler — les membres de l’unité. 

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