Critique Ciné : Five Nights at Freddy's 2 (2025)

Critique Ciné : Five Nights at Freddy's 2 (2025)

Five Nights at Freddy’s 2 // De Emma Tammi. Avec Josh Hutcherson, Elizabeth Lail et Matthew Lillard.

 

Après le succès commercial du premier film, malgré des retours critiques déjà tièdes, Five Nights at Freddy’s 2 arrive avec la promesse d’aller plus loin. Plus de personnages, plus d’animatroniques, une intrigue censée être plus sombre et une mythologie toujours aussi riche en théorie. Sur le papier, la suite avait de quoi corriger le tir. À l’écran, le résultat donne surtout l’impression d’assister à un long épisode de remplissage, sans peur, sans rythme et sans réelle direction. Dès les premières minutes, le film installe un malaise… mais pas celui attendu. Les réactions des personnages manquent de crédibilité, au point de casser toute tension. 

 

La suite de Five Nights at Freddy’s.

 

Des enfants en danger, des situations urgentes, et des adultes qui réagissent comme des figurants en pilote automatique. Chaque scène semble écrite pour forcer les personnages à être au mauvais endroit au mauvais moment, sans que cela paraisse naturel. Cette accumulation de petits détails incohérents finit par peser lourd et empêche toute immersion. Le scénario tente pourtant de reprendre certains éléments intéressants : les traumatismes laissés par les événements du premier film, la relation entre Mike et sa sœur Abby, et les conséquences psychologiques de ce qu’ils ont vécu. Sur ce point précis, le début montre une intention louable. Les sequels existent, elles ont un impact sur les personnages. 

 

Malheureusement, cette piste est rapidement mise de côté au profit d’une intrigue confuse, qui empile des situations sans vraiment les développer. L’un des gros problèmes de Five Nights at Freddy’s 2 reste son écriture. Le film semble constamment hésiter entre deux publics. D’un côté, un fan service appuyé pour les connaisseurs de la licence, avec des références et des personnages issus des jeux. De l’autre, une narration qui devrait rester compréhensible pour un public plus large. Le résultat ne satisfait personne. Les fans risquent de trouver l’exploitation du lore trop superficielle, tandis que les spectateurs non initiés peuvent vite se sentir perdus, faute d’explications claires. 

 

Un film ne devrait pas demander de regarder des heures de vidéos explicatives pour être compris. Le rythme n’aide pas non plus. Les scènes s’enchaînent sans montée progressive de la tension. Les moments censés faire peur sont téléphonés, souvent annoncés à l’avance par la mise en scène ou la musique. Les jumpscares tombent à plat, et l’absence d’atmosphère pesante empêche le film de fonctionner comme un vrai film d’horreur. Le problème ne vient pas seulement du manque de violence. C’est surtout une question de mise en scène et de suspense, deux éléments quasiment absents ici. Visuellement, le film est inégal. Les décors et les sets donnent parfois une impression de faux, presque de plateau de série télé. La caméra reste très sage, sans réelle recherche, ce qui renforce cette sensation de produit formaté. 

 

En revanche, difficile de nier le travail effectué sur les animatroniques. Les créatures conçues par le Jim Henson’s Creature Shop sont clairement le point fort du film. Leurs designs, leurs textures, leurs mouvements et leurs sons sont réussis. Malheureusement, même cet atout est mal exploité. Les animatroniques sont souvent utilisés comme simples silhouettes menaçantes, sans mise en valeur de leur potentiel inquiétant. Le film introduit de nouveaux antagonistes mécaniques, censés renouveler la menace. Certaines idées sont intéressantes sur le papier, et quelques scènes parviennent à créer un léger malaise. Mais là encore, le manque de tension et un montage maladroit viennent gâcher l’effet. 

 

Les animatroniques font parfois un bruit assourdissant en se déplaçant, avant d’apparaître soudainement de manière furtive, sans logique interne. Ces incohérences techniques finissent par sortir complètement de l’histoire. Côté interprétation, le constat est mitigé. Le casting comprend pourtant des acteurs capables, mais leurs talents sont largement sous-exploités. Josh Hutcherson et Matthew Lillard font ce qu’ils peuvent avec des dialogues faibles et des situations peu inspirées. Piper Rubio, dans le rôle d’Abby, peine à rendre certaines émotions crédibles, notamment dans les scènes les plus dramatiques. Ce n’est pas tant une question d’âge que de direction d’acteurs, clairement insuffisante. 

 

Beaucoup de répliques sonnent comme récitées, ce qui renforce l’impression d’un film peu travaillé sur le plan humain. Le ton général pose aussi problème. Five Nights at Freddy’s 2 ne sait jamais s’il doit assumer un côté enfantin ou tenter quelque chose de plus sombre. Certaines scènes flirtent presque avec la comédie involontaire, notamment quand le scénario mise sur des valeurs comme “la force de l’amitié” pour résoudre des situations censées être terrifiantes. Ce choix dénature complètement l’esprit de la licence, qui reposait à l’origine sur la solitude, l’angoisse et l’incompréhension. Au final, Five Nights at Freddy’s 2 donne l’impression d’un film conçu avant tout pour exister, pas pour marquer. 

 

Les idées sont là, le potentiel aussi, mais l’exécution manque de rigueur à tous les niveaux : écriture, rythme, mise en scène et cohérence. Le film ne fait pas peur, n’est pas vraiment drôle, et peine à captiver sur la durée. Il reste quelques instants divertissants, principalement grâce aux animatroniques, mais cela ne suffit pas à justifier l’ensemble. Cette suite confirme surtout une chose : adapter Five Nights at Freddy’s au cinéma demande plus qu’un empilement de références et de robots inquiétants. Sans une vraie vision et un scénario solide, la licence continue de tourner en rond. L’espoir repose désormais sur un éventuel troisième film, à condition qu’il ose enfin sortir de cette formule tiède et assumer pleinement ce qu’il veut être.

 

Note : 2.5/10. En bref, Five Nights at Freddy’s 2 donne l’impression d’un film conçu avant tout pour exister, pas pour marquer. Les idées sont là, le potentiel aussi, mais l’exécution manque de rigueur à tous les niveaux : écriture, rythme, mise en scène et cohérence. Le film ne fait pas peur, n’est pas vraiment drôle, et peine à captiver sur la durée.

Sorti le 3 décembre 2025 au cinéma

 

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