1 Décembre 2025
J’attendais Malice avec une vraie curiosité. Une série centrée sur un précepteur qui infiltre une famille riche pour régler un compte personnel, cela promettait une atmosphère tendue et un récit psychologique intéressant. Avec ses six épisodes, la saison 1 semblait calibrée pour une intrigue compacte, sans remplissage inutile. Mais après avoir terminé l’ensemble, la sensation laissée n’est pas celle d’un thriller maîtrisé. L’idée de départ m’a séduit, le résultat beaucoup moins. La série s’ouvre sur une parenthèse grecque pleine de lumière, de mers bleues et de villas luxueuses. Ce contraste entre beauté du lieu et intentions troubles du personnage principal avait tout pour créer une tension originale.
Un jeune homme tente d'infiltrer le monde d'une riche famille.
L’esthétique fonctionne, d’ailleurs : certaines scènes respirent le calme alors que la menace couve déjà en arrière-plan. Ce cadre paradisiaque aurait pu accentuer la noirceur du récit, mais la narration ne parvient jamais à utiliser réellement cette opposition. Une fois la famille Tanner rentrée à Londres, l’histoire change de rythme. L’ambiance devient plus grise, plus feutrée, mais sans gagner en intensité. Le décor semble avoir été pensé pour accompagner une montée dramatique qui, à mes yeux, ne prend jamais vraiment. Le cœur de Malice repose sur Adam, ce précepteur qui s’immisce au cœur de la famille Tanner avec un passé enfoui. Dès le début, ses intentions sont évidentes.
Ce choix peut fonctionner lorsqu’un thriller joue sur la façon dont le plan s’exécute plutôt que sur l’identité du coupable. Malheureusement, Adam manque d’épaisseur. Ce n’est pas un mystère complexe, ni un manipulateur fascinant. Au contraire, son comportement semble parfois trop transparent pour être crédible. Il existe des moments où la série tente de montrer ses deux facettes : un homme charmant, doux avec les enfants, et un esprit marqué par quelque chose de plus sombre. Mais ces deux versions ne fusionnent jamais vraiment. L’interprétation reste figée, presque monotone, ce qui enlève tout relief à ses motivations.
La série mise énormément sur lui, mais il ne parvient jamais à porter seul le poids de l’intrigue. Face à lui, la famille Tanner aurait pu offrir un contrepoint passionnant. Jamie, le patriarche, possède ce mélange de réussite, d’arrogance et de fragilité que l’on rencontre parfois chez les personnages puissants. Il essaie de tout contrôler, mais laisse entrevoir des fissures. Nat, sa femme, alterne entre confiance et doute, entre loyauté et désir d’échapper à la cage dorée qu’elle a contribué à construire. Le couple fonctionne grâce à une tension interne constante : amour sincère, agacement mutuel, erreurs accumulées. Ce duo donnait matière à un thriller psychologique. Pourtant, la série survole leurs contradictions.
Les tensions sont esquissées mais rarement développées. Les enfants ajoutent une couche supplémentaire de conflits familiaux, mais rien n’est réellement creusé. Tout reste à la surface. Le principal problème de Malice réside dans son rythme. La saison avance lentement, très lentement, comme si elle cherchait constamment à retarder une révélation qui devrait arriver bien plus tôt. Pendant quatre épisodes, le récit multiplie les faux mystères sans donner de substance à ce qui se joue réellement. Le Mobile d’Adam arrive tard, trop tard pour relancer une intrigue qui avait déjà perdu de sa tension. J’ai souvent eu l’impression que la série craignait de dévoiler ses cartes, alors qu’en réalité, elle n’en possède pas assez pour maintenir le suspense sur six épisodes.
Cette rétention permanente finit par créer de la lassitude au lieu de l’anticipation. Au-delà de la famille Tanner, d’autres personnages gravitent autour du drame. Ils pourraient enrichir l’histoire, ouvrir de nouvelles pistes, offrir des contrepoints à Adam. Mais plusieurs d’entre eux disparaissent presque du jour au lendemain. Certains enjeux initiés en début de saison ne sont jamais repris. Quelques scènes semblent même posées là sans réelle finalité, comme si la série avait commencé à tracer des routes qu’elle n’a finalement pas empruntées. Cette impression d’inachevé pèse sur l’ensemble du récit. Le sixième épisode est censé conclure l’histoire, révéler les motivations, et apporter une forme d’aboutissement.
Pourtant, la résolution arrive brusquement. Pendant plusieurs heures, Malice étire ses intrigues, puis tente de tout attacher dans une poignée de scènes. Le résultat laisse un goût d’incohérence. La fin semble plus dictée par la nécessité de terminer que par un réel choix dramaturgique. Je suis resté avec une sensation étrange : tout cela pour ça ? La montée dramatique annonce un choc qui ne viendra jamais vraiment. Et lorsque le générique final apparaît, j’ai ressenti un vide, comme si la série n’avait pas su décider si elle voulait raconter une histoire de vengeance ou une exploration psychologique plus intime. Malice possède des qualités visuelles.
Les décors grecs donnent envie de s’évader, la maison londonienne installe un climat plus étouffant, et certaines scènes bénéficient d’une mise en scène soignée. La série propose aussi quelques moments où le malaise est palpable, notamment lorsque l’équilibre familial commence à se fissurer. Mais cela ne suffit pas. Sans personnages forts, sans motivations bien construites, sans véritable prise de risque narrative, la saison manque d’impact. Malice avait un vrai potentiel. L’idée d’un homme qui infiltre une famille pour régler un compte ancien pouvait offrir un thriller psychologique captivant. Le décor et la distribution promettaient un mélange intéressant de tension, de secrets et de drame.
À l’arrivée, la saison se perd dans sa lenteur, dans des personnages qui manquent de nuance, et dans une écriture qui retarde les révélations au point de casser la dynamique. Le final ne rattrape pas cette construction hésitante. J’ai eu du mal à m’attacher à l’histoire, et le manque de profondeur a fini par m’empêcher de ressentir le moindre frisson. Malice attire d’abord par son atmosphère, mais n’a jamais réussi à m’emporter pleinement. Une saison courte qui aurait mérité un scénario plus resserré, des personnages plus consistants et une idée plus claire de ce qu’elle souhaitait raconter.
Note : 4/10. En bref, Malice (2025) propose un décor séduisant et un concept de vengeance intrigant, mais une lenteur narrative et des personnages peu nuancés rendent la saison 1 frustrante à suivre.
Disponible sur Amazon Prime Video
Amazon n’a pas encore renouvelé Malice (2025) pour une saison 2. Compte tenu des retours mitigés et que la série doit coûter un petit billet, je doute qu’une saison 2 voit le jour. D’autant plus que la série est sortie dans l’indifférence la plus totale (comme à chaque fois avec Prime Video qui ne fait la pub de rien).
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