1 Décembre 2025
The Astronaut // De Jessica Varley. Avec Kate Mara, Laurence Fishburne et Gabriel Luna.
The Astronaut est un film qui commence commencent avec une vraie promesse, un souffle particulier qui laisse croire à une œuvre divertissante, mais il finit par se perdre dans ses propres ambitions. La première moitié captive par son atmosphère, son rythme posé et une direction qui semble savoir où aller. Puis vient une bascule, et tout ce qui tenait le spectateur jusque-là s’effondre au profit d’un récit hésitant et maladroit. Dès les premières scènes, The Astronaut installe un cadre intriguant. L’image est soignée, les références à certains classiques de la science-fiction se devinent sans être trop appuyées, et la mise en scène donne l’impression d’une maîtrise certaine. L’idée de mélanger l’intime et le grandiose de l’espace intrigue.
L'astronaute Sam Walker est retrouvé miraculeusement vivante dans une capsule perforée flottant au large des côtes de l'océan Atlantique. Le général William Harris prend des dispositions pour qu'elle soit placée sous la surveillance intensive de la NASA. Lorsque des événements étranges commencent à se produire autour de la propriété, Walker craint que quelque chose d'extraterrestre ne l'ait suivie sur Terre.
Il y a quelque chose d’hypnotique dans ce contraste : l’infiniment grand face à l’infiniment personnel. À ce stade, le film parvient à créer une tension discrète mais efficace. Les choix de réalisation évoquent une ambiance qui rappelle parfois des univers plus connus, mais sans tomber dans la copie pure. Ce début laisse espérer un voyage qui sort des sentiers battus, une plongée dans les doutes humains face à l’inconnu. Le problème survient à mi-parcours. Le film change de ton brutalement, comme si deux projets distincts s’étaient télescopés. Le mystère, jusque-là bien entretenu, laisse place à une intrigue confuse et prévisible.
La lenteur du rythme devient pesante, non pas parce que le réalisateur prend son temps, mais parce que l’histoire n’a plus grand-chose à offrir. Ce glissement casse l’élan du récit. Là où la première moitié donnait l’impression de suivre une ligne claire, la suite s’enlise dans des choix scénaristiques convenus. Les dialogues n’aident pas : plats, souvent forcés, ils enlèvent de la crédibilité aux situations. L’attention du spectateur s’érode, remplacée par une frustration croissante. Un film peut survivre à une écriture fragile si ses interprètes parviennent à lui donner de l’épaisseur. Ici, ce n’est malheureusement pas le cas. Certains rôles secondaires semblent jouer sur pilote automatique, sans conviction particulière.
Mara, qui aurait pu apporter une dimension émotionnelle forte, reste en retrait. Son jeu paraît déconnecté de l’intensité attendue, comme si elle-même ne croyait pas à l’histoire qu’elle raconte. Les autres acteurs, malgré leur notoriété, peinent à apporter un souffle différent. Cela donne un ensemble uniforme, mais sans relief, qui accentue la monotonie de la deuxième partie. Là où le réalisateur aurait pu s’appuyer sur la sobriété, il choisit parfois la démonstration. Des effets visuels rappelant certains classiques apparaissent, mais sans véritable justification narrative. On pense par exemple à des jets de vapeur censés instaurer de la tension, mais intégrés dans un décor où ils n’ont aucune logique.
Plutôt que d’enrichir l’ambiance, ces artifices donnent l’impression que l’intelligence du spectateur est sous-estimée. De plus, les références assumées à d’autres œuvres cultes finissent par poser problème. L’écho trop appuyé à des films comme Jurassic Park ou E.T. paraît gratuit. Au lieu d’un hommage subtil, cela ressemble à une dépendance excessive à des modèles extérieurs, comme si The Astronaut ne faisait pas confiance à sa propre identité. Vers la fin, le film tente un retournement de situation. Pour certains, ce twist apportera une raison de rester jusqu’au bout. Pour d’autres, il paraîtra artificiel, presque collé à la hâte pour redonner de l’intérêt.
Personnellement, ce moment a éveillé une curiosité passagère, mais il ne suffit pas à effacer les longueurs accumulées. Un bon rebondissement doit donner une nouvelle lecture à l’ensemble. Ici, il agit comme une bouée de sauvetage jetée trop tard. Certains reprocheront au film son manque de moyens visibles. Pourtant, le vrai souci n’est pas là. L’essentiel réside dans l’indécision du scénario et de la mise en scène. Le récit ne sait pas s’il veut être une réflexion intime, une fable spatiale ou un thriller d’anticipation. En cherchant à être tout cela à la fois, il finit par ne rien être pleinement. Ce flottement mine la cohérence et laisse une impression d’œuvre inachevée. Un budget plus conséquent n’aurait pas suffi à sauver un projet qui manque avant tout de clarté dans ses intentions.
Il serait injuste de dire que rien ne fonctionne dans The Astronaut. Certaines scènes parviennent à capter l’attention. Une atmosphère planante, un cadre sonore parfois juste, et l’ombre d’une réflexion sur la solitude donnent un peu de matière. Mais ces instants restent isolés, noyés dans une narration hésitante. Le spectateur garde donc le souvenir d’éclats intéressants, mais dispersés. Comme des fragments d’un film qui aurait pu être plus solide s’il avait su choisir sa voie. The Astronaut illustre bien la difficulté de tenir une promesse sur toute la durée d’un film. Le départ intriguant laisse place à une deuxième partie confuse, où la lenteur et les clichés prennent le dessus.
Les acteurs n’apportent pas le supplément d’âme attendu, et la réalisation multiplie les effets gratuits au lieu d’approfondir son univers. En tant que spectateur, il reste la frustration de voir un projet qui avait du potentiel mais qui s’égare en chemin. L’espace, censé ouvrir un champ infini de possibles, devient ici un cadre étroit où l’histoire se répète et s’épuise.
Note : 4.5/10. En bref, The Astronaut illustre bien la difficulté de tenir une promesse sur toute la durée d’un film. Le départ intriguant laisse place à une deuxième partie confuse, où la lenteur et les clichés prennent le dessus.
Sorti le 1er décembre 2025 directement sur Paramount+
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