6 Février 2026
Chicago Med // Saison 11. Episode 12. Spill Your Guts.
Avec l’épisode 12 de la saison 11, Chicago Med propose une pause bienvenue avant son hiatus hivernal. Intitulé Spill Your Guts, l’épisode mise sur un équilibre entre tension médicale, conflits institutionnels et intrigues personnelles. Le résultat est plutôt solide, parfois divertissant, mais reste en deçà de ce que la série pourrait offrir lorsqu’elle ose réellement sortir de ses habitudes. Sans surprise, l’intrigue la plus intéressante de l’épisode est celle de Sharon Goodwin. Cela faisait un moment que le personnage n’avait pas eu droit à une intrigue conséquente sans être directement en danger.
Ici, elle se retrouve au cœur d’une situation à haut risque lors d’un déplacement professionnel, avec en toile de fond un conseil d’administration toujours aussi hostile. Le scénario du drame en avion est un grand classique des séries médicales. Tout y passe : urgence imprévue, conditions précaires, décisions rapides et communication difficile avec l’extérieur. Sur le papier, c’est peu crédible, et l’épisode n’échappe pas à certaines facilités scénaristiques. Pourtant, contre toute attente, l’ensemble fonctionne plutôt bien. Sans doute parce que cette intrigue ne monopolise pas tout l’épisode et qu’elle repose avant tout sur le calme et la détermination de Sharon. Le conflit latent avec Miranda donne également un peu d’épaisseur à cette histoire.
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Le fait que Sharon se retrouve à aider une personne qui cherche ouvertement à lui nuire est prévisible, mais cohérent avec ce que la série raconte depuis des saisons sur son sens du devoir. Ce qui sauve cette intrigue, c’est sa durée raisonnable. Chicago Med a parfois tendance à étirer ce type de situations au détriment du reste, mais ici, le montage évite cet écueil. La tension est là, sans écraser les autres arcs narratifs. Cela dit, certains raccourcis restent frustrants. Le lien entre l’incident en vol et les conséquences concrètes au sein de l’hôpital est à peine esquissé. On devine que la situation au conseil d’administration va évoluer, mais l’épisode s’arrête juste avant d’entrer dans le vif du sujet, laissant une impression d’inachevé.
L’autre intrigue majeure concerne le Dr Charles et l’arrivée de plusieurs étudiants en médecine venus l’observer. Sur le fond, l’idée est pertinente. Montrer la psychiatrie sous un autre angle et confronter Charles à une nouvelle génération de médecins aurait pu donner lieu à des échanges riches. Malheureusement, l’écriture reste assez superficielle. Les hésitations professionnelles des étudiants semblent précipitées et peu réalistes, surtout à ce stade de leur formation. Quant aux conseils de Charles, ils manquent parfois de nuance, ce qui est étonnant pour un personnage habituellement plus à l’écoute et plus lucide sur les limites du système hospitalier.
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Certains éléments prometteurs, comme l’impact émotionnel d’un jeune patient victime de violence, sont à peine développés. Ce choix réduit la portée de l’intrigue et donne le sentiment que ces histoires servent surtout de prétexte pédagogique, plutôt que de véritables récits humains. À l’inverse, l’intrigue autour de Frost est l’une des plus réussies de l’épisode. Le cas médical présenté sort un peu des sentiers battus, et le lien avec son histoire familiale apporte une dimension plus personnelle sans devenir envahissante. Même si Chicago Med continue à faire parler ses médecins de leur vie privée avec une facilité parfois irréaliste, cette fois-ci, cela sert le propos. Le dilemme médical est clair, les enjeux sont compréhensibles, et le personnage de Frost gagne en épaisseur.
Comparé aux intrigues sentimentales répétitives vues récemment, cet arc paraît plus sincère et mieux intégré. En revanche, l’épisode n’échappe pas à l’un de ses défauts récurrents cette saison : l’insistance sur les relations amoureuses. Que ce soit en arrière-plan ou en conclusion, ces scènes donnent parfois l’impression d’être ajoutées par automatisme. Elles n’apportent pas grand-chose à la progression des personnages et finissent par diluer l’impact des histoires médicales. Au final, l’épisode 12 de la saison 11 de Chicago Med remplit son rôle d’épisode pré-hiatus. Il est rythmé, globalement cohérent, et propose quelques moments engageants, notamment grâce à Sharon et Frost. Mais il manque de prise de risque et d’approfondissement pour vraiment marquer les esprits.
Note : 6/10. En bref, un épisode efficace avant la pause, mais sans véritable prise de risque. Après plusieurs épisodes en demi-teinte, la série semble hésiter entre confort narratif et envie de renouveau. Espérons que la seconde moitié de la saison saura trancher plus franchement.
Chicago Fire // Saison 14. Episode 12. Coming in Hot.
Avec l’épisode 12 de la saison 14, Chicago Fire continue de donner l’impression d’avancer… sans vraiment savoir vers où. “Coming In Hot” remet en avant des personnages mis de côté récemment, notamment Cruz et le chef Pascal, mais le résultat reste mitigé. L’épisode n’est pas raté à proprement parler, toutefois il illustre assez bien les problèmes structurels que la série traîne depuis plusieurs saisons. L’intervention dans l’entrepôt est clairement pensée comme le cœur dramatique de l’épisode. Le danger est réel, la mise en scène fonctionne, et la blessure de Tony rappelle que les risques font toujours partie du métier.
Cruz, en lieutenant par intérim, est crédible dans son rôle, et sa réaction après l’accident est cohérente avec le personnage. Le souci, c’est que tout cela semble rester en surface. L’accident a lieu, l’enquête démarre, puis l’épisode passe rapidement à autre chose. On coche les cases d’un épisode classique de Chicago Fire, sans que cela ne laisse une véritable trace émotionnelle. Là où la série savait autrefois exploiter ce genre d’événement pour nourrir les personnages sur le long terme, elle se contente ici de gérer l’immédiat. Cet épisode tente clairement de nous faire investir davantage dans le personnage de Pascal. L’enquête menée contre lui, son passif avec Cranston et la révélation autour d’un drame ancien donnent enfin de l’épaisseur à ce chef encore assez flou.
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Sur le papier, l’idée fonctionne. Dans les faits, on sent surtout une mécanique d’écriture un peu trop visible. Tout dans cette intrigue donne l’impression qu’elle pourrait servir aussi bien à approfondir Pascal qu’à l’écarter définitivement. La série passe beaucoup de temps à nous expliquer pourquoi il faudrait s’attacher à lui, tout en laissant planer l’idée qu’il pourrait disparaître du jour au lendemain. Difficile, dans ces conditions, de réellement s’impliquer. La résolution finale, avec la mort soudaine de Cranston et la confirmation que Pascal n’était pas responsable, arrive presque trop facilement. Elle clôt le conflit sans vraiment en tirer de conséquences durables, renforçant cette impression de récit provisoire.
Heureusement, l’épisode peut compter sur Cruz et Herrmann pour garder un certain ancrage émotionnel. Cruz doute, se remet en question, et agit comme un véritable pilier pour Pascal sans jamais perdre de vue ses responsabilités envers son équipe. Herrmann, de son côté, continue de gérer les répercussions de l’incendie de sa maison, cette fois à travers le regard de sa fille. Cette storyline fonctionne justement parce qu’elle est simple. Elle parle de traumatisme, de reconstruction et de transmission, sans chercher à en faire trop. L’idée de relier cette peur au programme Girls on Fire est plutôt bien trouvée, même si là encore, la série n’explore pas pleinement ce qu’elle met en place.
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Du côté des relations amoureuses, l’épisode confirme une tendance déjà problématique. Le duo Violet–Novak reste solide, mais la série continue d’empiler les hésitations, les non-dits et les confusions. Novak et Frost illustrent parfaitement ce malaise : deux personnages qui ne veulent pas la même chose, mais qui mettent du temps à se l’avouer, faute d’un cadre clair. Quant à Violet, elle reste coincée dans une dynamique sentimentale qui tourne en rond depuis plusieurs saisons. L’épisode ne fait rien pour clarifier réellement sa trajectoire, et donne plutôt l’impression que la série gagne du temps en attendant de décider quoi faire d’elle. L’épisode 12 souffre aussi de l’absence de personnages clés comme Severide ou Vasquez.
Même si cela s’explique dans l’univers de la série, le résultat à l’écran est déséquilibré. Certaines intrigues sont mises en pause, d’autres prennent artificiellement plus de place, et l’ensemble donne un sentiment de fragmentation. Ce jeu de chaises musicales, déjà visible dans les épisodes précédents, commence à peser. À force de réduire la présence de certains personnages sans compenser par une écriture plus forte, la série demande beaucoup au spectateur en termes de suspension d’incrédulité. “Coming In Hot” n’est ni un très mauvais épisode, ni un moment marquant de Chicago Fire. Il fait le travail, aligne des scènes efficaces, et offre quelques bons échanges entre personnages.
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Mais il souligne surtout les limites actuelles de la série : une difficulté à s’engager pleinement dans ses propres intrigues et une instabilité qui empêche de créer un véritable élan. À ce stade de la saison 14, Chicago Fire semble hésiter entre préparer l’avenir et gérer le présent. Et tant que ce flou persistera, même les épisodes les plus solides resteront frustrants.
Note : 4.5/10. En bref, un épisode de transition qui souligne les limites de la série. “Coming In Hot” n’est ni un très mauvais épisode, ni un moment marquant de Chicago Fire.
Chicago PD // Saison 13. Episode 12. Missing.
Avec l’épisode 12 de la saison 13, Chicago PD choisit une approche plus discrète, presque introspective. Intitulé « Missing », cet épisode ne cherche pas à impressionner par l’action ou les retournements spectaculaires. Il prend plutôt le temps de s’arrêter sur Eva Imani, un personnage encore récent dans l’unité Intelligence, mais qui commence ici à prendre une vraie place dans l’équilibre de la série. Après un épisode 11 très centré sur Kevin Atwater et ses choix de vie, cet épisode s’inscrit dans une continuité logique : celle d’une saison qui s’intéresse davantage à ce que les personnages portent en eux qu’à la seule mécanique policière.
L’enquête du jour reste volontairement simple. Une affaire de disparition, construite autour d’une mère persuadée d’avoir retrouvé son fils disparu depuis vingt ans, sert de fil conducteur. Ce type de dossier, Chicago PD en a déjà proposé beaucoup au fil des saisons. Pourtant, ici, le traitement diffère légèrement. Le cas ne cherche pas tant à surprendre qu’à faire écho à l’histoire personnelle d’Imani. Et c’est précisément là que l’épisode trouve son intérêt. La disparition n’est pas seulement un point de départ narratif : elle devient un miroir de ce que le personnage vit depuis des années avec sa propre sœur. Depuis son arrivée, Eva Imani a été présentée comme quelqu’un de mobile, presque insaisissable, peu encline à s’ancrer durablement.
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L’épisode ouvre pourtant sur un détail révélateur : elle loue un appartement et semble vouloir s’installer, au moins pour un temps. Ce choix, anodin en apparence, en dit long sur son évolution. Elle ne vit toujours pas entourée d’objets ou de souvenirs, mais cette tentative de stabilité suggère qu’elle commence à envisager Chicago comme autre chose qu’un simple passage. L’unité Intelligence, et notamment sa relation avec Voight, semble lui offrir un point d’ancrage qu’elle n’avait jamais vraiment trouvé ailleurs. Le cœur émotionnel de l’épisode repose sur le parallèle entre l’enquête et le passé d’Imani. On découvre plus précisément à quel point la disparition de sa sœur a façonné sa vie, ses choix professionnels et sa manière d’aborder les victimes.
Elle s’investit sans retenue, parfois au point de brouiller la frontière entre empathie et projection. Cette implication rend le personnage profondément humain, mais aussi faillible. L’épisode ne cherche pas à la présenter comme irréprochable, et c’est sans doute ce qui le rend plus juste. Le personnage de Grady, le frère du garçon disparu, apporte une dimension particulièrement sombre à l’enquête. Son existence même est marquée par l’absence de Ben, et l’épisode montre avec une certaine sobriété ce que cela signifie de grandir dans l’ombre d’un fantôme. La manière dont Imani tente de le convaincre d’aider l’enquête est inconfortable, presque dérangeante par moments, car elle révèle à quel point son propre traumatisme influence son jugement.
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Chicago PD ne tranche pas clairement sur la légitimité de ses choix, laissant au spectateur le soin de ressentir ce malaise. La résolution de l’affaire, sans offrir de véritable apaisement aux personnages concernés, renforce cette impression de réalisme. Il n’y a pas de soulagement total, pas de justice réparatrice. Le passé ne peut pas être corrigé, seulement compris. Pour Imani, cette enquête agit comme un rappel brutal : même la vérité n’apporte pas toujours la paix espérée. Une idée déjà explorée dans la série, notamment à travers Voight, mais qui prend ici une résonance différente. Comparé à l’épisode 11, plus rythmé et émotionnellement orienté vers l’avenir de Kevin Atwater, cet épisode 12 se tourne davantage vers le passé.
Les deux se répondent pourtant assez bien. Là où Atwater commence à envisager autre chose que le travail, Imani reste prisonnière d’une quête qui définit toute son existence. Cette opposition enrichit la saison et montre que Chicago PD, même après autant d’années, peut encore trouver de nouvelles nuances dans ses personnages. Sans être l’épisode le plus marquant de la saison sur le plan narratif, « Missing » s’impose comme une étape importante dans la construction d’Eva Imani. Il confirme que la série a pris le temps de penser ce personnage et qu’elle ne se contente pas de l’utiliser comme un simple rouage de plus dans l’unité. Pour une série procédurale aussi installée, c’est un choix qui mérite d’être souligné.
Note : 6.5/10. En bref, sans être l’épisode le plus marquant de la saison sur le plan narratif, « Missing » s’impose comme une étape importante dans la construction d’Eva Imani.
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