Critique Ciné : Golden (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Golden (2026, direct to SVOD)

Golden // De Nick Leisure. Avec Brian Austin Green, Glenn Plummer et Robert Miano.

 

Avec Golden, le réalisateur et scénariste Nick Leisure s’inscrit clairement dans la tradition du thriller criminel classique. Ici, pas de braquage spectaculaire dès les premières minutes ni de héros flamboyant. Le film préfère suivre un homme discret, presque banal, qui a construit toute sa vie sur une compétence bien particulière : fabriquer de faux billets. Une idée simple sur le papier, mais qui va rapidement se transformer en piège. Frank Swain, incarné par Brian Austin Green, n’est pas le genre de personnage à attirer l’attention. Il travaille dans l’imprimerie familiale et utilise ce savoir-faire pour produire de la fausse monnaie. 

 

Dans un monde de trahisons et de braquages à haut risque, un maître faussaire affronte des criminels impitoyables, un détective suspicieux et une conspiration mortelle. Il lutte contre la cupidité, le désir et la séduction pour tromper ses adversaires et s’enfuir avec l’or.

 

Rien de très glamour, mais suffisamment efficace pour nourrir un rêve : quitter cette vie et partir s’installer ailleurs, loin des problèmes. Ce projet, il le prépare depuis un moment. Il a déjà un terrain, imagine une nouvelle existence, presque tranquille. Sauf que ce genre de plan ne reste jamais simple très longtemps. Le film repose sur une mécanique bien connue du cinéma de genre : celle du dernier coup. Frank veut une dernière opération pour sécuriser son avenir. Mais plus il avance, plus les ennuis s’accumulent. Entre criminels intéressés par son talent, figures locales peu recommandables et forces de l’ordre qui commencent à se rapprocher, l’équilibre devient fragile.

 

Ce qui fonctionne plutôt bien dans Golden, c’est cette idée que le personnage principal est à la fois maître de son art et complètement dépassé par ce qu’il a déclenché. Frank donne l’impression de contrôler la situation, mais chaque décision l’enfonce un peu plus. Il y a une tension constante entre ce qu’il pense pouvoir gérer et la réalité qui lui échappe. Brian Austin Green joue cette dualité de manière assez sobre. Son personnage ne cherche pas à impressionner. Il avance, calcule, hésite parfois. Derrière son assurance apparente, il y a une fatigue, une forme de résignation. Le film ne fait pas de lui un héros charismatique ni un anti-héros fascinant. 

 

C’est un homme coincé dans ses propres choix, et c’est sans doute ce qui le rend intéressant. Face à lui, plusieurs figures viennent compliquer les choses. Un détective déterminé, des criminels aux intentions floues, et surtout des alliés qui ne le sont jamais vraiment. Dans cet univers, la loyauté a une durée de vie limitée. Chaque interaction peut basculer à tout moment. Cette instabilité alimente une bonne partie du suspense. Le scénario prend aussi le temps de s’attarder sur le processus de contrefaçon. Ce n’est pas qu’un détail de fond, mais presque un élément central. Le geste, la précision, la technique… tout cela participe à construire le personnage. 

 

Et au-delà de l’aspect technique, il y a une idée intéressante : celle d’un homme qui vit dans le faux, au sens propre comme au figuré. Fabriquer de l’argent, mentir, manipuler… tout se mélange. Mais malgré ces bonnes intentions, Golden n’évite pas certains pièges. Le premier, c’est une intrigue parfois trop chargée. Les personnages secondaires s’accumulent, chacun avec ses motivations, ses secrets, ses liens avec les autres. Résultat : il devient difficile de suivre qui manipule qui, et pour quelle raison. Le film avance vite, mais sans toujours prendre le temps de clarifier les enjeux. Cette complexité donne parfois une impression de confusion. 

 

Certaines situations semblent arriver sans vraie préparation, comme si le récit empilait les idées sans toujours les développer. Cela peut sortir du film, surtout dans un genre où la compréhension des alliances et des trahisons est essentielle. Autre limite : le manque d’attachement aux personnages. Frank reste en retrait, presque opaque. Le film donne peu d’éléments sur son passé ou sur ce qui le pousse vraiment à agir. Son objectif est clair, mais ses motivations profondes le sont moins. Du coup, difficile de s’impliquer émotionnellement dans son parcours. Malgré cela, Golden parvient à maintenir un certain intérêt grâce à son rythme. 

 

Les situations s’enchaînent rapidement, les tensions montent progressivement, et le spectateur reste accroché, même quand tout devient un peu confus. Il y a une volonté de créer un thriller nerveux, où chaque décision compte. La relation entre le criminel et le détective apporte aussi un peu de relief. D’un côté, un homme qui tente de garder le contrôle. De l’autre, quelqu’un qui refuse de laisser passer une nouvelle occasion d’arrêter un coupable. Ce face-à-face, même s’il reste assez classique, donne au film une direction claire.

 

Note : 5/10. En bref, Golden est un thriller criminel qui repose sur une idée solide mais qui peine à aller jusqu’au bout de son potentiel. Le mélange entre drame personnel et intrigue complexe fonctionne par moments, mais manque de clarté et de profondeur.

Prochainement en France en SVOD

 

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