Critique Ciné : Universal (2026, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : Universal (2026, Amazon Prime Video)

Universal // De Stephen Portland. Avec Joe Thomas, Kelley Mack et Rosa Robson.

 

Avec Universal, le réalisateur Stephen Portland tente de mélanger science-fiction, comédie et réflexion sur la place de la découverte dans nos vies. Sur le papier, le projet attire l’attention. Un huis clos entre trois personnages, une théorie liée à l’ADN qui pourrait tout changer, et une histoire qui promet de basculer d’un simple week-end romantique vers quelque chose de plus vaste. Pourtant, malgré cette base intéressante, le film peine à convaincre sur la durée. L’histoire suit Leo et Naomi, deux universitaires qui décident de s’éloigner du monde pour quelques jours. Le cadre est simple : une cabane isolée, sans connexion, loin du bruit et des écrans. 

 

Un couple d'universitaires profitant d'une escapade romantique dans un chalet isolé voit son séjour interrompu par une personne qui les a retrouvés et sollicite leur aide pour ce qui pourrait être la découverte la plus importante de l'histoire.

 

Leo envisage même de profiter de ce moment pour faire évoluer leur relation. Mais cette parenthèse va être perturbée par l’arrivée inattendue de Ricky, une jeune femme persuadée d’avoir découvert quelque chose d’important en s’appuyant sur les recherches de Leo autour de l’ADN dit “inutile”. À partir de là, Universal change de direction. Le film quitte rapidement le terrain de la comédie romantique pour entrer dans un registre plus théorique. Discussions scientifiques, hypothèses, débats sur le sens de la vie… le scénario accumule les idées. L’intention est claire : proposer une œuvre qui fait réfléchir, qui interroge la science et notre rapport à la connaissance. 

 

Mais cette ambition se heurte vite à un problème de rythme. Visuellement, le film donne une impression assez pauvre de téléfilm de fond de catalogue Amazon Prime Video. Le décor unique, les plans souvent statiques et une mise en scène très sage donnent à l’ensemble une allure de téléfilm de fond de catalogue. Rien de vraiment marquant dans la photographie ou dans la manière de filmer les personnages. Ce choix de simplicité pourrait fonctionner avec une écriture forte, mais ici, il accentue surtout le sentiment d’un film qui manque d’ampleur. Le huis clos devient rapidement une limite. Les scènes s’enchaînent presque exclusivement autour de discussions. 

 

Les personnages parlent beaucoup, expliquent, débattent, mais l’ensemble reste assez figé. Le film donne parfois l’impression d’assister à une lecture de script plus qu’à une véritable mise en scène de cinéma. Certaines séquences ressemblent à des échanges théoriques un peu lourds, comme si les dialogues servaient davantage à exposer des idées qu’à faire avancer une histoire. Le trio d’acteurs fait pourtant de son mieux pour donner de la vie à cet ensemble. Leo est présenté comme un chercheur en manque de reconnaissance, Naomi comme une partenaire plus ancrée dans le réel, et Ricky comme une figure étrange, à la fois brillante et socialement maladroite. 

 

Sur le papier, ce trio fonctionne. Dans les faits, l’alchimie reste limitée. Le principal problème vient du manque d’attachement. Les personnages existent, mais ils ne prennent jamais vraiment d’épaisseur. Le film donne peu d’éléments sur leur passé ou leurs motivations profondes. Résultat : difficile de s’investir émotionnellement dans ce qui leur arrive. Même les tensions qui émergent avec l’arrivée de Ricky manquent d’impact. Ricky est pourtant censée être le moteur du récit. Son arrivée bouleverse l’équilibre du couple et introduit le cœur du sujet scientifique. Mais son personnage, malgré une certaine originalité, reste difficile à cerner. 

 

Son comportement étrange intrigue au début, puis finit par fatiguer. Le film hésite entre en faire une figure comique, une source de tension ou une voix porteuse de vérité. Cette hésitation affaiblit l’ensemble. Sur le plan narratif, Universal pose des questions intéressantes. Le film évoque la stagnation de la recherche, le manque d’intérêt pour la science, ou encore la manière dont les grandes découvertes naissent parfois dans des contextes inattendus. Ces idées sont présentes, mais elles restent souvent à la surface. Le scénario préfère accumuler les discussions plutôt que de réellement explorer les conséquences de cette fameuse découverte. Le ton du film est également instable. 

 

Certaines tentatives d’humour tombent à côté, notamment lorsqu’elles reposent sur des éléments un peu grossiers ou décalés par rapport au reste. Ces moments cassent la dynamique au lieu de l’alléger. Le mélange entre comédie, romance et science-fiction ne trouve jamais vraiment son équilibre. Le rythme souffre de cette construction. Le film avance lentement, sans réelle montée en tension. L’impression dominante est celle d’un projet qui n’arrive pas à décoller. Même lorsque l’histoire aborde des enjeux plus larges, le traitement reste trop discret pour créer un vrai impact. La promesse d’un basculement vers quelque chose de plus grand reste en grande partie théorique.

 

Pour autant, Universal n’est pas un film totalement raté. L’idée de départ a du potentiel, et certaines scènes parviennent à capter une forme de sincérité dans les échanges entre les personnages. Le film tente quelque chose, ce qui mérite d’être noté. Mais cette tentative reste inaboutie.

 

Note : 3.5/10. En bref, Universal donne l’impression d’un projet coincé entre ses ambitions et ses moyens. Le sujet est intéressant, mais la forme ne suit pas. Le manque de rythme, l’absence d’attachement aux personnages et une mise en scène trop plate empêchent le film de vraiment marquer.

Sorti le 17 mars 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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