18 Mars 2026
NCIS: Origins // Saison 2. Episode 11. Feelin’ Alright?
Avec l’épisode 11 de la saison 2, NCIS: Origins continue d’explorer son idée principale : raconter ce qui se cache derrière les figures que l’on pense connaître. Après un épisode 10 centré sur la cohésion d’équipe et l’émergence de Gibbs comme leader, « Feelin’ Alright? » élargit encore le regard en introduisant un visage bien connu de l’univers NCIS : Dwayne Pride. Un ajout qui apporte quelque chose de différent, sans pour autant bouleverser totalement la série. L’arrivée de Dwayne Pride avait de quoi susciter des attentes, surtout pour ceux qui connaissent déjà NCIS: New Orleans. Pourtant, l’épisode choisit une approche assez mesurée.
Plutôt que de jouer sur une complicité immédiate avec Gibbs, la série installe une forme de décalage entre les deux hommes. Pride est plus détendu, plus spontané, là où Gibbs reste rigide, parfois fermé. Cette opposition fonctionne plutôt bien, même si elle peut surprendre au premier abord. Ce qui m’a marqué, c’est que la série ne cherche pas à forcer leur relation. On sent que le lien qui les unira plus tard n’est pas encore là. Il se construit doucement, presque malgré eux. Et finalement, c’est cohérent avec ce que NCIS: Origins fait depuis le début : montrer que les relations ne naissent pas toutes faites. Après les événements de l’épisode précédent, où Gibbs avait dû prendre les commandes dans une situation de crise, cet épisode vient nuancer son évolution.
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Pride lui propose une approche différente : lâcher prise, observer avant d’agir. Une idée qui ne correspond pas vraiment à la personnalité de Gibbs. Et ça se voit rapidement. Leur dynamique repose beaucoup sur cette incompréhension. Gibbs interprète parfois mal les intentions de Pride, ce qui crée une tension presque inutile… mais assez humaine. Qui n’a jamais eu du mal avec quelqu’un sans vraiment savoir pourquoi ? Ce qui est intéressant, c’est que Gibbs ne change pas radicalement. Il ne devient pas soudainement plus flexible. En revanche, il semble intégrer, à petite dose, l’idée qu’il n’a pas toujours besoin de tout contrôler immédiatement. On est encore loin du Gibbs que l’on connaît dans NCIS, mais on voit clairement les étapes qui y mènent.
L’affaire de l’épisode, centrée sur une mission infiltrée, reste efficace sans être particulièrement marquante. Elle sert surtout de terrain pour observer les interactions entre les personnages. Le duo Gibbs/Pride fonctionne mieux sur le terrain que dans leurs échanges personnels. Une fois confrontés au danger, ils se comprennent davantage. C’est souvent dans ce type de situation que les liens se créent dans la franchise. Mais ce qui ressort le plus, ce n’est pas l’enquête en elle-même. C’est ce qu’elle révèle sur l’environnement dans lequel évoluent les personnages. L’épisode s’attaque à un élément important du lore : les “Fed Five”. Présenté longtemps comme un groupe emblématique, il est ici revisité d’une manière plus critique. Et honnêtement, cette relecture fonctionne.
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On découvre que derrière cette image valorisante se cache une réalité moins flatteuse. Le travail de Vera Strickland, notamment, a été largement invisibilisé. L’idée qu’une femme ait construit une grande partie du projet sans en recevoir le crédit n’a malheureusement rien d’irréaliste. La série ne force pas le trait, mais elle insiste suffisamment pour que le message passe. C’est d’ailleurs un fil rouge depuis plusieurs épisodes : montrer les limites du système, notamment pour les personnages féminins. Dans cet épisode, Mike Franks est aussi intéressant à observer. Il passe une bonne partie du temps à admirer McLane, au point d’en oublier son propre jugement. Ce comportement peut être frustrant, surtout après ce que la série a déjà montré de lui.
Mais il reste cohérent avec le personnage : un homme influençable sur certains aspects, mais capable de se remettre en question. Son évolution arrive tardivement dans l’épisode, mais elle a le mérite d’exister. Et surtout, elle passe par sa relation avec Vera. Le respect qu’il finit par lui accorder compte plus que le reste. Encore une fois, NCIS: Origins met en lumière la place compliquée des femmes dans cet environnement. Que ce soit Vera, Lala ou Mary Jo, toutes doivent composer avec un système qui ne leur laisse pas toujours la place qu’elles méritent. L’épisode ne cherche pas à résoudre ce problème, mais à le montrer. Et c’est sans doute ce qui le rend crédible.
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Même dans l’enquête, ce sont souvent les hommes qui sont perçus comme les leaders, alors que la réalité est différente. Gibbs est d’ailleurs l’un des rares à remarquer certains détails, notamment sur qui tire réellement les ficelles. Ce type d’observation renforce l’idée qu’il n’est pas seulement un exécutant, mais quelqu’un qui apprend à lire entre les lignes. Si je devais situer cet épisode dans la saison, je dirais qu’il s’inscrit dans la continuité de ce que la série construit depuis quelques semaines. Après avoir renforcé l’idée de groupe dans l’épisode 10, celui-ci élargit le cadre en introduisant de nouveaux enjeux et en questionnant certains mythes fondateurs.
Note : 6/10. En bref, ce n’est pas un épisode qui marque par son intensité, mais plutôt par ce qu’il ajoute à l’ensemble. Et surtout, il rappelle que NCIS: Origins ne se contente pas de raconter une origine. Elle cherche aussi à montrer que ces origines ne sont pas toujours aussi simples — ni aussi glorieuses — qu’on pourrait le penser.
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