22 Avril 2026
NCIS: Origins // Saison 2. Episode 16. Who's Gonna Drive You Home?
L'épisode 16 de la saison 2 de NCIS: Origins, intitulé « Who’s Gonna Drive You Home? », marque un vrai tournant. On sent que la série passe un cap, mais elle le fait avec une finesse assez rare. Après le tourbillon d'émotions de l'épisode précédent centré sur Lala et Manny, on revient ici aux fondamentaux : Gibbs, ses doutes et surtout ses éternelles contradictions. Ce qui frappe d'entrée de jeu, c'est le traitement de la rupture entre Gibbs et Diane. On aurait pu s'attendre à des cris, des larmes ou un clash mémorable. Mais non. La série choisit la voie du réalisme froid.
On assiste à une fin de mariage qui ressemble plus à un constat d'échec silencieux qu'à une explosion. C’est comme si les deux savaient déjà que le moteur avait lâché depuis des kilomètres, et qu’ils décidaient enfin de s'arrêter sur le bas-côté. Honnêtement, on le voyait venir. Depuis un moment, le couple Gibbs-Diane sonnait un peu creux. Il y avait une forme de confort, une habitude sécurisante, mais la flamme n’y était plus (si tant est qu’elle ait un jour vraiment brillé). Dans cet épisode, les silences en disent long. Gibbs n’est pas un monstre d’indifférence, il tient sincèrement à elle, mais il est incapable de s’investir totalement. C’est là que l’écriture est brillante : on reste fidèle au personnage qu’on connaît.
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Gibbs est un homme qui se protège. Après le traumatisme de la perte de Shannon et Kelly, il s’est construit une armure. Diane était une sorte de refuge temporaire, une tentative de retrouver une vie normale, mais on comprend vite que cette sécurité était factice. Il ne peut pas donner ce qu'il n'a plus en stock. À l'inverse, il y a Lala. Si Diane représentait le calme (un peu ennuyeux), Lala, c'est celle qui voit à travers lui sans qu'il ait besoin de sortir une seule phrase. Leur lien est organique, presque instinctif. Pourtant, l'épisode évite de tomber dans le cliché du grand amour facile. C’est même l’inverse. Suite aux secousses de l’épisode 15, Lala est en mode protection. Elle a pris des coups émotionnels et elle a besoin de mettre de la distance.
On se retrouve avec deux personnages qui s’attirent magnétiquement mais qui passent leur temps à reculer pour ne pas se brûler. C'est frustrant pour le spectateur, mais tellement plus crédible. La série prend son temps et refuse de brûler les étapes, ce qui rend leur dynamique bien plus profonde. Le retour du père de Gibbs, Jackson, apporte une couche supplémentaire de complexité. Ce n'est pas juste un caméo pour faire plaisir aux fans de la première heure. Jackson est là pour bousculer son fils. Leurs échanges sont parfois tendus, pleins de non-dits, mais ils sont nécessaires. Jackson agit comme un miroir. Il pointe du doigt ce que Gibbs essaie désespérément d'ignorer : le fait qu'il ne vit pas vraiment son présent.
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Le symbole de la maison est d'ailleurs super bien trouvé. Une maison, c'est censé être un foyer, un endroit où l'on se pose. Pour Gibbs, c'est juste quatre murs où il attend que le temps passe. Jackson le voit, et il ne se gêne pas pour lui mettre le nez dedans. Côté action, l'enquête de la semaine ne révolutionne pas le genre, mais elle fait le job. Comme souvent dans ce spin-off, l'aspect procédural sert de décor pour faire avancer les personnages. Les parallèles entre l'affaire traitée et les déboires sentimentaux de Gibbs sont évidents sans être trop lourds. Cela permet de voir comment les autres gèrent l'engagement, ce qui souligne par contraste tout ce qui cloche chez notre héros.
On notera aussi que Mike Franks continue d’évoluer. Après avoir montré ses griffes face à Gary Callahan, il dévoile ici une facette un peu plus humaine, notamment dans sa façon d'interagir avec Lala. C'est l'une des grandes forces de cette saison 2 : aucun personnage n'est figé dans un rôle. Ils évoluent, font des erreurs et changent de trajectoire. Si on regarde le tableau d'ensemble, cet épisode 16 est une pièce maîtresse. On a eu la loyauté explorée avec Gary, le sacrifice émotionnel avec Lala, et maintenant, on se retrouve face au mur de briques de Gibbs. C’est une progression logique qui récompense ceux qui suivent la série de près.
Note : 7/10. En bref, ce n'est pas l'épisode le plus spectaculaire en termes d'explosions, mais c'est l'un des plus solides sur le plan psychologique. La sobriété de la rupture avec Diane est un choix payant qui évite le mélo inutile. On sent que Gibbs arrive au bout d'un cycle et que la suite va l'obliger à sortir de sa zone de confort, qu'il le veuille ou non. NCIS: Origins prouve une fois de plus qu'elle sait construire une narration sur le long terme, en privilégiant l'humain au spectaculaire.
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