Critique Ciné : Brothers Under Fire (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Brothers Under Fire (2026, direct to SVOD)

Brothers Under Fire // De Justin Chadwick. Avec Kiefer Sutherland, Omar Chaparro et Laura Osma.

 

On est d'accord : quand on lance Brothers Under Fire, on n'est pas là pour le grand cinéma. On sait d'avance qu'on va se taper un Direct-to-VOD de seconde zone, une série B un peu fauchée qui ne brille pas toujours par son bon goût. Le genre de film qu'on regarde d'un œil distrait, déjà prêt à râler sur les incohérences. Et sur ce point, le film ne déçoit pas : c'est exactement le produit générique qu'on attendait, sans aucune bonne surprise pour rattraper le coup. Le film essaie de nous la jouer sérieux dès l’ouverture en Syrie. C’est le passage obligé : des tirs, des explosions, du sable et des soldats qui courent dans tous les sens. 

 

L’escadron du capitaine Jordan Wright, en permission pour assister à un mariage au Mexique, se retrouve confronté à un cartel meurtrier.

 

Sur le moment, l’action fait illusion, mais on sent très vite le manque de moyens et d'idées. On est balancé dans une mission dont on ne comprend pas la moitié des enjeux, face à des ennemis qui servent de cibles de foire. Le réalisateur tente d’installer une ambiance de guerre viscérale, mais ça sonne creux. Au milieu du chaos, on a le capitaine Jordan Wright. Kiefer Sutherland fait du Kiefer Sutherland : il fronce les sourcils, prend sa voix de daron autoritaire et donne des ordres. Il apporte la caution "acteur connu" au projet, mais on sent qu'il est là pour le chèque. Son personnage de leader indestructible est vu et revu, sans aucune épaisseur. C’est du service minimum, propre mais totalement désincarné.

 

Le vrai problème arrive quand le film tente d'injecter de l'émotion. Alberto, l'un des soldats, obtient sa citoyenneté américaine et décide de fêter ça en se mariant dans son pays d'origine. Toute l'escouade débarque pour la fête. À ce moment-là, le rythme s'effondre. On se retrouve devant de longues séquences de fiesta, des dialogues ringards et une tentative désespérée de nous montrer que ces gars sont des frères. Sauf que l'écriture est tellement plate que la sauce ne prend jamais. On s'ennuie ferme devant ces scènes de camaraderie forcée, en attendant que le film se souvienne qu'il est censé être un thriller d'action. Pour pimenter cette pause mariage, il fallait bien un méchant. 

 

Voici Baker, le chef de cartel de service. Le film en fait des caisses pour nous montrer qu'il est cruel et imprévisible. On a droit à tous les clichés du genre : le regard fou, la violence gratuite et les menaces à deux balles. C'est une caricature totale qui n'effraie personne. Sa présence s'étire en longueur, et chaque scène où il apparaît semble plus téléphonée que la précédente. Quand le cartel finit par passer à l'attaque, le film retrouve un semblant d'intérêt. Les scènes de combat, notamment la confrontation sur la route et l'assaut final dans le village, sont à peu près lisibles. C'est le seul moment où le budget semble avoir été utilisé intelligemment.  Il y a un peu de tension, quelques échanges de tirs nerveux, et on retrouve enfin l'efficacité basique de la série B militaire. 

 

Mais même là, rien ne vient sauver le scénario de sa paresse. Tout est prévisible, du premier mort au dernier duel. Les personnages secondaires n'existent pas vraiment et le contexte (cartels, zones rurales poussiéreuses) est exploité sans aucune finesse. Brothers Under Fire, c'est typiquement le film qu'on oublie dix minutes après l'avoir fini. C'est une production de seconde zone qui ne cherche jamais à dépasser son statut de Direct-to-VOD un peu miteux. Si vous avez vraiment deux heures à perdre et une passion dévorante pour Kiefer Sutherland en treillis, ça peut passer. Pour les autres, c'est un thriller militaire sans âme qui coche les cases sans jamais y mettre la moindre conviction.

 

Note : 3/10. En bref, Brothers Under Fire, c'est typiquement le film qu'on oublie dix minutes après l'avoir fini. C'est une production de seconde zone qui ne cherche jamais à dépasser son statut de Direct-to-VOD un peu miteux. 

Prochainement en France en SVOD

 

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