29 Mai 2026
Storm Rider: Legend of Hammerhead // De Zoran Lisinac et Domagoj Mazuran. Avec Marco Ilsø, Billy Barratt et Sarah-Sofie Boussnina.
Avec son titre à rallonge et sa promesse de mélanger science-fiction, course nautique et dystopie post-apocalyptique, Storm Rider: Legend of Hammerhead avait de quoi piquer ma curiosité. Sur le papier, vendre un projet comme un mix entre Mad Max, Waterworld et Hunger Games version maritime, c'était franchement tentant. L’idée avait un vrai potentiel. Malheureusement, après visionnage, le résultat laisse surtout un gros sentiment de frustration. L’histoire nous plonge aux côtés d’un jeune pilote dans un monde éclaté en plusieurs îles rivales, où les compétitions de bateaux dictent visiblement l’équilibre des pouvoirs.
Trois cent ans après le Grand Déluge, la légende d'un cavalier hors-la-loi incite deux rebelles à découvrir la vérité sur l'origine de leur monde.
Suite à un mystérieux phénomène lié à la foudre et à une énergie étrange qui booste certains navires, notre héros se retrouve embarqué dans une aventure complexe. On y croise des visions, des complots politiques et des affrontements sur l’eau. Le gros problème, c’est que le film ne prend jamais le temps de poser les bases de son univers ni d’expliquer clairement les enjeux de son intrigue. Très vite, le scénario devient un vrai casse-tête à suivre. Les visions mystiques s'enchaînent avec des flashbacks, les changements de ton perturbent le rythme et on finit par s'y perdre. Certaines scènes donnent carrément l'impression qu'il manque des morceaux entiers de l’histoire, tandis que d'autres s'assemblent sans logique apparente.
Pendant une bonne partie du long-métrage, je me suis posé la même question : mais où les réalisateurs veulent-ils en venir ? C’est d’autant plus dommage que l’univers de SF possède de bonnes idées. Cette idée de civilisation fragmentée sur l’océan aurait pu offrir un lore super riche visuellement et narrativement. Mais le film survole tout. Les autres territoires restent invisibles et les personnages secondaires manquent tellement de profondeur que les rivalités entre les clans n'ont aucun impact. Même les fameuses courses de bateaux, qui devaient être le clou du spectacle, tournent vite au grand n'importe quoi visuel. La mise en scène rend l’action totalement illisible.
Par moments, impossible de savoir qui est en tête ou à qui appartient le navire à l'écran. La réalisation abuse des gros plans mécaniques, des ralentis inutiles et des effets numériques agressifs, en oubliant l'essentiel : la clarté. Au lieu d'être spectaculaires, ces séquences fatiguent les yeux. Le film souffre d’ailleurs d’une surutilisation flagrante des images de synthèse. La production a pourtant tourné dans des décors naturels magnifiques, notamment sur les côtes de la Croatie, mais ces paysages se retrouvent souvent noyés sous des couches de CGI ratées. Par moments, Storm Rider: Legend of Hammerhead ressemble plus à une cinématique de vieux jeu vidéo qu’à un grand film de science-fiction immersif.
Heureusement, la beauté des paysages de l'Adriatique sauve quelques meubles. Les falaises, l'immensité de la mer et les plans larges sur les îles de Hvar, Split ou Pag apportent un vrai cachet visuel. Le tournage s'est étalé sur plusieurs années et on sent que la région a du potentiel à l’écran. Ces quelques plans donnent presque envie de voir un autre film, qui se concentrerait sur la beauté de cet univers plutôt que sur cette intrigue confuse. Du côté des acteurs, le niveau reste assez inégal. Caroline Goodall s'impose comme la seule à s'en sortir correctement, apportant une vraie présence à chacune de ses apparitions. Autour d'elle, le reste du casting semble un peu perdu face à des dialogues très artificiels.
Les relations entre les personnages sonnent faux et les scènes censées nous émouvoir tombent complètement à plat. La romance, par exemple, ne fonctionne pas du tout à cause d'un manque total d'alchimie entre les acteurs principaux. Même les moments dramatiques ne déclenchent aucune émotion. Le film tente de créer des séquences fortes, mais sans écriture solide pour les soutenir, l’impact est nul. L'antagoniste principal sort un peu du lot. Pendant une bonne partie de l'histoire, il reste plutôt sobre, évitant de tomber tout de suite dans le cliché du méchant hystérique. Ce n'est que dans la dernière partie que sa violence explose. Cette approche nuancée aurait pu être intéressante, mais le scénario ne pousse jamais l'idée assez loin pour le rendre mémorable.
Le rythme général n'arrange rien. Le film est long et étire inutilement de nombreuses scènes. Les dialogues tournent en rond et les plans contemplatifs ressemblent surtout à du remplissage. Un montage plus serré aurait fait un bien fou à l'ensemble. Au fond, on sent pourtant des traces d’une ambition sincère. Les costumes, le design des bateaux et le concept de cette dystopie marine prouvent qu’il y avait une envie de bien faire. Mais sans une direction claire, toute cette bonne volonté s'effondre. Comme les personnages manquent d'épaisseur, on ne ressent aucune tension, que ce soit pendant les courses ou lors des affrontements.
Note : 2/10. En bref, Storm Rider: Legend of Hammerhead ressemble à un projet plein de promesses qui n'a jamais su transformer ses concepts en une histoire cohérente. Perdu entre des effets spéciaux envahissants et une narration chaotique, le film finit par lasser. Il reste quelques superbes panoramas maritimes et de bonnes intentions, mais c'est bien trop maigre pour sauver un film qui semble ignorer lui-même ce qu'il cherche à raconter.
Prochainement en France en SVOD
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog