16 Juin 2026
Je viens de me poser devant les deux premiers épisodes de Bust Up, une nouveauté néo-zélandaise qui tente un pari un peu couillu : mélanger de la vraie enquête policière avec du drame intime et une pointe d'humour bien dosée. Le genre policier est rincé jusqu'à l'os, alors quand une série essaie de sortir des sentiers battus, ça m'intrigue forcément. Après ce premier contact, le bilan est globalement positif, même si tout n'est pas encore parfait. Dès le départ, la série installe une ambiance particulière. L'enquête qui ouvre le bal commence sur un ton un peu absurde, presque décalé, avant de glisser vers quelque chose de beaucoup plus sombre.
Dans la petite ville fictive de Waitote, deux anciennes amantes, Deb Brighton et Mihi Renata, se retrouvent forcées de travailler ensemble comme partenaires policières après dix ans de séparation. Mihi est revenue dans sa ville natale, maintenant mariée à un homme. Deb y est gardienne de la paix depuis huit ans et n’a jamais vraiment tourné la page. Leurs retrouvailles inattendues se produit pendant un braquage de banque improbable, et elles doivent mettre de côté leurs tensions personnelles pour enquêter sur un réseau de crimes locaux impliquant des voitures de luxe volées et d’autres affaires bizarres mais dangereuses.
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C'est un grand écart permanent qui surprend au début. Mais ce qui m'a vraiment branché, c'est le point de départ relationnel : deux flics obligées de bosser ensemble alors qu'elles ont un passé amoureux en commun. Visuellement et textuellement, le courant passe par de petits riens. Deb et Mihi n'ont pas besoin de s'étaler dans de longs dialogues explicatifs pour qu'on capte le malaise. Un regard qui dure une seconde de trop, un silence pesant après une remarque bien sentie, et on comprend tout de suite que les plaies sont encore ouvertes. La série choisit de suggérer plutôt que de tout surcharger, et franchement, ça fait du bien. L'autre très bon point, c'est le cadre.
L'histoire se déroule dans une petite communauté isolée où tout le monde se connaît, s'observe et se juge. On est loin des décors en carton-pâte ou des cartes postales lissées pour touristes. Les routes désertes, les quartiers un peu ternes et la nature sauvage font partie intégrante de l'intrigue. On sent que les affaires criminelles découlent directement de la vie locale, de ses misères et de ses secrets, ce qui donne un vrai sentiment de réalisme. Pour autant, le premier épisode souffre de quelques défauts de jeunesse. À vouloir trop en faire, le pilote s'éparpille un peu. On passe du rire aux larmes, du polar pur au drame familial, tout en essayant de piger les rancœurs du passé.
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Par moments, j'ai eu l'impression de regarder trois séries différentes qui essayaient de gratter du temps d'écran dans le même épisode. Le rythme est tellement dense qu'on manque parfois d'air pour bien digérer les infos. Heureusement, le deuxième épisode redresse la barre de manière très fluide. Le ton devient plus posé, plus naturel. L'intrigue policière s'ancre dans une réalité sociale touchante, avec une famille en pleine galère. La série ne se contente plus de chercher un coupable idéal, elle explore les zones grises où la justice stricte se heurte aux difficultés du quotidien. C'est plus nuancé, plus humain, et ça permet enfin aux personnages secondaires de respirer et de prendre de l'épaisseur.
Si la sauce prend malgré les petits ratés du début, c'est surtout grâce au duo principal. Le contraste entre Deb et Mihi fonctionne à plein régime. Deb est un électron libre, impulsive, parfois à côté de la plaque, mais sa vulnérabilité la rend immédiatement attachante. En face, Mihi joue la carte de la flic droite dans ses bottes, rigoureuse, mais on sent bien que la carapace se fissure à chaque fois qu'elle croise son ex. Ce que je trouve vraiment réussi, c'est que leur ancienne histoire ne bouffe pas tout le reste. C'est une facette de leur vie, ça influence leurs choix, mais ça ne se transforme jamais en un feuilleton romantique lourd qui viendrait gâcher le côté polar.
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Bust Up en profite pour aborder des thèmes assez lourds, mais toujours de façon organique, sans nous faire la leçon. Ça parle de retour aux sources, de deuil, de choix de vie compliqués et de dépendance sans jamais tomber dans le misérabilisme. L'homosexualité des deux héroïnes est traitée avec une normalité absolue, comme un simple fait de leur existence, loin des clichés ou des quotas forcés qu'on voit parfois ailleurs. L'humour reste discret, distillé par petites touches pour désamorcer les scènes trop tendues. Ce ne sont pas des blagues lourdes, plutôt des réactions ironiques ou des situations absurdes provoquées par des villageois un peu lunaires.
Dans l'épisode deux, cet équilibre est d'ailleurs bien mieux maîtrisé, permettant de relâcher la pression sans casser le suspense de l'enquête. Au final, ces deux premiers épisodes posent des bases solides. Même si le démarrage est un peu chaotique à cause d'un trop-plein d'intentions, la suite montre que la série sait exactement où elle va. L'intérêt ne réside pas tant dans la résolution des crimes que dans l'évolution de ces deux femmes et de la communauté qui les entoure. Le potentiel est là, bien réel, et si la suite confirme la trajectoire plus maîtrisée du deuxième épisode, on tient là un excellent mélange de chronique sociale et de drame policier qui ne cherche pas à en faire des tonnes pour exister. Je vais clairement regarder la suite.
Note : 6/10. En bref, ces deux premiers épisodes posent des bases solides. Même si le démarrage est un peu chaotique à cause d'un trop-plein d'intentions, la suite montre que la série sait exactement où elle va.
Prochainement en France
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