17 Juin 2026
À contre-sens 2 : Londres // De Charlotte Fassler et Dani Girdwood. Avec Asha Banks, Matthew Broome et Kerim Hassan.
Après le carton du premier film, la saga de Mercedes Ron revient squatter nos écrans avec À contre-sens 2 : Londres. On retrouve Noah et Nick dans une toute nouvelle adaptation anglaise du deuxième tome de la série littéraire. Pour être tout à fait franc, l’équipe derrière le projet reprend quasiment les mêmes mécaniques que la version espagnole que les fans connaissent déjà par cœur. Difficile dans ces conditions d'avoir de vraies surprises face à un scénario dont on devine les moindres virages. Pourtant, même si l'effet de surprise est totalement absent, cette suite s’en sort un peu mieux que le premier volet.
Noah se rend à Oxford pour poursuivre ses études, tandis que Nick se retrouve submergé par les exigences croissantes du travail. Quand de nouvelles personnes entrent dans leurs vies, suscitant des émotions inattendues et une jalousie persistante, des fissures commencent à se former. La confiance est mise à l'épreuve, les passions s'enflamment, et le lien qu'ils pensaient indestructible commence à se fragiliser. Maintenant au carrefour, Noah et Nick doivent décider : lutter pour l'amour qui les a réunis... ou risquer de le perdre à jamais.
L’intrigue reprend exactement là où tout s’était arrêté. Noah et Nick tentent de faire fonctionner leur couple ultra-compliqué, au milieu des secrets de famille, des drames intimes et des jugements constants de leur entourage. Cette fois, l'histoire ajoute une barrière de taille : l'éloignement géographique. Noah fait sa rentrée sur le campus prestigieux d'Oxford pendant que Nick commence à faire ses armes dans la boîte de son père. Ces trajectoires différentes vont créer un vrai fossé entre eux, laissant la porte grande ouverte aux doutes, aux malentendus à répétition et aux crises de jalousie massives. C’est clairement sur cette dynamique passionnelle que le film mise tout son développement.
Pendant près de deux heures, le rythme s'emballe autour de disputes explosives, de réconciliations sur l'oreiller et de gros quiproquos sentimentaux. Si vous adorez les romances adolescentes intenses et pleines de rebondissements dramatiques, il y a de fortes chances que vous passiez un super moment. Pour les autres, cette accumulation de conflits un peu artificiels risque de devenir assez lourde et répétitive à la longue. Le vrai point noir du film reste sa frilosité à faire grandir ses personnages principaux. Au fond, Noah et Nick se heurtent exactement aux mêmes barrières que dans le premier épisode.
Leurs réactions semblent souvent téléguidées par les besoins du script plutôt que par une vraie logique psychologique. C’est parfois frustrant, car on sent que la majorité de leurs problèmes de couple pourrait se régler en cinq minutes autour d'une vraie discussion. Mais le film choisit délibérément de faire traîner les secrets pour alimenter le mélodrame à fond. Si la machine tourne encore à peu près rond, c’est surtout grâce au jeu et à l’alchimie évidente du duo central. Asha Banks et Matthew Broome s’investissent pleinement et font tout leur possible pour donner un peu de relief et de sincérité à leurs personnages. Même lorsque les dialogues tournent en rond ou s'enfoncent dans le cliché, leur connexion à l’écran fonctionne et permet de rester accroché à leur histoire.
Ils portent clairement le long-métrage sur leurs épaules. Là où ce deuxième volet marque des points par rapport au premier opus, c’est sur le plan visuel. La réalisation est propre, la photographie est soignée et l'esthétique générale est beaucoup plus fluide. Le changement de décor pour l'Angleterre apporte un vrai coup de jeune à la saga. Entre l’ambiance des facs historiques, les appartements luxueux et les soirées de la haute société, le film soigne son look et cherche constamment à en mettre plein la vue au spectateur. Cette opulence visuelle montre aussi les limites de la production. Derrière les berlines de luxe, les sapes de créateurs et les décors parfaits, l’écriture manque cruellement de substance.
On a constamment l'impression que le film privilégie les belles images au détriment d'une vraie profondeur thématique. Le point de départ avait pourtant le potentiel d'offrir une histoire plus mature. Cette relation intense pose pas mal de questions sur les codes sociaux, le regard destructeur des autres et la transition difficile vers la vie d'adulte. Malheureusement, les scénaristes préfèrent rester bien confortablement dans leur zone de confort. Ils se contentent d'appliquer à la lettre la check-list habituelle des romances adolescentes sans jamais chercher à aller plus loin. Ce manque flagrant de prise de risque empêche le film de sortir du lot au milieu de toutes les productions du même genre qui inondent les plateformes de streaming depuis quelques années.
Les crises de jalousie non fondées, les rivaux amoureux qui débarquent de nulle part et les décisions stupides prises sur un coup de tête prennent toute la place. Cela finit par étouffer les rares enjeux qui auraient mérité un vrai traitement. Le rythme général se prend un peu les pieds dans le tapis à cause de ces redites. Plusieurs scènes donnent une sensation désagréable de déjà-vu, comme si on assistait en boucle au même conflit remaquillé différemment. Atteindre la barre des deux heures me paraît franchement excessif pour raconter une histoire aussi légère. Malgré tout, si on pose les choses à plat, le visionnage reste plus fluide que la première fois.
Les bases étant posées, on s'épargne les longues introductions de personnages. L’intrigue démarre au quart de tour et certaines séquences clés s'avèrent plutôt efficaces sur le plan émotionnel. Sans réinventer l'eau chaude, cette suite polit les angles de ce qui marchait déjà auparavant. Il faut se rendre à l'évidence : le film vise juste et connaît parfaitement sa cible. Les spectateurs mordus de la romance entre Noah et Nick vont retrouver exactement ce qu'ils sont venus chercher. De la tension charnelle, des obstacles insurmontables, des regards chargés d'électricité et un enchaînement non-stop de drames amoureux. La saga assume totalement son statut de plaisir coupable pour un public jeune et ne cherche jamais à prétendre être autre chose.
C’est ce qui résume le mieux ce long-métrage. À contre-sens 2 : Londres ne surprendra personne, mais il fait le job pour lequel il a été conçu. Le seul problème, c'est que ses ambitions s'arrêtent là. On recycle des situations usées jusqu'à la corde, des dynamiques toxiques bien connues et des protagonistes qui bloquent au même stade de maturité. Au final, mon avis reste assez partagé. Le film est techniquement plus solide que le volet précédent, bien porté par un casting principal qui fait des étincelles et une esthétique impeccable. Mais le manque d’ambition flagrant du scénario, qui préfère se reposer sur des recettes faciles plutôt que d’exploiter ses thèmes de fond, gâche un peu le tableau.
Note : 3/10. En bref, pour la communauté de fans purs et durs, ce voyage à Londres est une super occasion de retrouver le couple phare dans un tout nouveau cadre sympa. Pour les spectateurs occasionnels en quête d'un bon film de cinéma, cette suite ressemblera surtout à une énième version d’une histoire d'amour ado déjà vue mille fois ailleurs. C'est plus carré, plus efficace, mais cela manque encore cruellement d’identité propre.
Sorti le 17 juin 2026 directement sur Amazon Prime Video
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