17 Juin 2026
Saving Buddy Charles // De Grace Wethor. Avec Analesa Fisher, Jillian Shea Spaeder et Ariel Martin.
Les comédies indépendantes sur le passage à l'âge adulte et les virées entre potes, on commence à connaître le refrain. Pourtant, Saving Buddy Charles débarque avec une proposition plutôt cool : deux meilleures amies, un lézard disparu, une dernière aventure avant le grand saut vers la fac et une série de galères plus ou moins absurdes. Sur le papier, la formule a tout pour donner un film léger et hyper attachant. Dans la réalité, le résultat fait un peu les montagnes russes, oscillant sans arrêt entre des moments super sincères et des choix de mise en scène franchement discutables.
Clara et Sydney se lancent dans une mission à travers le pays pour récupérer un lézard de compagnie chez l’ex-petit ami de Sydney avant de se séparer pour l’université. À l’insu de Sydney, Clara porte un secret qui pourrait changer sa vie.
Le film nous plonge dans le quotidien de Clara et Sydney, deux amies fusionnelles qui s'apprêtent à prendre des chemins différents après le lycée. Alors que le départ pour l’université approche à grands pas, elles se lancent dans une mission improbable : récupérer Buddy Charles, leur lézard de compagnie, resté coincé chez un ex particulièrement relou. Ce prétexte un peu loufoque lance un road trip rythmé par des rencontres bizarres, des décisions pas toujours très malignes et pas mal de remises en question. Ce qui marche le mieux dans Saving Buddy Charles, c’est clairement le fond de cette quête un peu ridicule. Derrière l'histoire du lézard, le film parle surtout d’une amitié qui arrive à un tournant crucial.
Clara et Sydney captent très bien que leur quotidien va basculer et qu’elles ne pourront bientôt plus compter l’une sur l’autre comme avant. Cette angoisse de la séparation et de la distance apporte une vraie touche d’émotion au milieu des gags. Les deux actrices principales portent d’ailleurs le film sur leurs épaules et restent la meilleure raison de rester jusqu'au générique. Leur complicité sonne juste et les moments les plus réussis sont souvent de simples discussions dans la voiture plutôt que les grosses situations comiques forcées. Le film touche dans le mille quand il aborde des peurs qu’on a tous connues : grandir, s'éloigner de ses proches et accepter que nos relations changent avec le temps. Le vrai problème, c’est que le scénario ne sait jamais trop sur quel pied danser.
Le film hésite constamment entre la comédie purement délirante, la chronique adolescente un peu mélancolique et le délire absurde. Du coup, Saving Buddy Charles a du mal à se trouver une vraie identité, et cela finit par plomber le rythme général de l'histoire. On a souvent l’impression que certaines scènes n'existent que pour rallonger le voyage et atteindre la durée standard d'un long-métrage. Des événements déboulent sans aucune logique, tandis que d’autres pistes s’évaporent aussitôt après avoir été montrées. Ce montage un peu décousu casse l'implication émotionnelle du spectateur, donnant parfois l’impression de regarder une suite de sketches indépendants plutôt qu’une véritable histoire fluide.
L’humour reste aussi un gros point d'interrogation. Beaucoup de vannes tombent à plat ou s’étirent beaucoup trop en longueur. Des situations absurdes qui auraient pu devenir cultes avec un meilleur timing tombent ici à l'eau à cause d'une écriture un peu lourde. Heureusement, tout n'est pas à jeter. Une séquence dans un bar redonne un super coup de boost au film et montre ce qu'il aurait pu être : un projet décalé mais toujours ancré dans le cœur de ses personnages. La mise en scène manque malheureusement de punch pour maintenir cette énergie et le tempo reste irrégulier. Les actrices font de leur mieux pour sauver les meubles avec leur authenticité, mais les seconds rôles manquent cruellement de développement.
Ils apparaissent et disparaissent sans laisser de trace, ce qui est dommage pour un road trip où les rencontres font généralement tout le sel de l'aventure. Malgré ses défauts, le film dégage un certain charme, notamment grâce à sa bande originale très cool et à ses jolis décors de routes américaines. Le lézard devient une jolie métaphore : une excuse pour retarder l'inévitable et prolonger un peu l'adolescence avant de basculer dans le monde des adultes. C’est dans ces moments de vulnérabilité que le film est le meilleur.
Note : 5/10. En bref, Saving Buddy Charles laisse un goût d'inachevé. L’histoire d’amitié est touchante et l’ambiance est là, mais le manque de rigueur du scénario et un humour trop inégal gâchent un peu l'expérience. C’est un long-métrage sympa à regarder un dimanche soir pour ses héroïnes attachantes, mais qui rate de peu le coche de la grande comédie générationnelle.
Prochainement en France en SVOD
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