Morpheus (Saison 1, épisodes 1 et 2) : l'avocat, le flic et les gangsters polonais

Morpheus (Saison 1, épisodes 1 et 2) : l'avocat, le flic et les gangsters polonais

On va parler de Morpheus (Morfeusz en version originale), la nouvelle série polonaise de SkyShowtime. Franchement, les productions polonaises commencent à se faire une sacrée place dans le monde des séries criminelles, et cette nouveauté confirme la tendance. Après avoir maté les deux premiers épisodes, je vous balance mon avis à chaud sur ce thriller qui mélange magouilles, mafias et gros secrets de famille. Le pitch de départ n'est pas révolutionnaire, mais il fonctionne toujours. On suit Piotr Leyer, un avocat qui a réussi sa vie, respecté, bon père de famille. Le mec a tout fait pour s'éloigner du business crasseux de ses proches. Sauf que pas de bol, son frère se fait dessouder. 

 

Un avocat hérite de façon inattendue du syndicat du crime de son frère, qui appartenait auparavant à leur père. Malgré sa vie de famille ordinaire, il fait preuve d'une étonnante habileté en tant que chef criminel.

Forcément, cet événement fait voler son quotidien en éclats et l'oblige à replonger les deux pieds dans la boue qu'il fuyait tant. Cette confrontation entre sa vie bien rangée et l'héritage familial toxique, c'est clairement le carburant de la série. Le contraste fonctionne bien : on sent le gars tiraillé entre sa morale et ses vieux démons qui le rattrapent. Le premier épisode pose les bases, et pour être honnête, il prend zéro risque. On est en terrain connu. Si vous avez déjà regardé des films ou des séries de gangsters, vous ne serez pas dépaysés. Soirées bling-bling, deals de drogue, flingues et démonstrations de force gratuites... La mise en scène coche toutes les cases du genre. 

 

C'est propre, c'est bien filmé, le rythme est là, mais ça sent un peu le réchauffé par moments. Heureusement, le contraste avec la vie de Piotr apporte un vrai plus. Quand on le voit dans son cabinet d'avocat ou en train de gérer sa petite famille, ça casse la brutalité ambiante du milieu criminel. C'est cette dualité qui sauve le perso d'un classicisme ennuyeux, même si on sent un peu trop venir sa trajectoire à des kilomètres. Mention spéciale à l'arrivée du patriarche, le père, qui rajoute une bonne dose de tension. Les scènes de famille mettent bien mal à l'aise et montrent à quel point il est impossible de couper les ponts avec son passé quand on vient de là. Le deuxième épisode passe la seconde et fait du bien. 

L'intrigue s'épaissit, les guerres de clans se précisent et ça devient beaucoup plus concret. Le moment fort, c'est l'enterrement du frère. C'est le prétexte parfait pour réunir tout ce beau monde et faire exploser les tensions. Les alliances volent en éclats, on sent que tout le monde est prêt à se planter un couteau dans le dos. C'est là que la série démarre vraiment à mes yeux. Du côté de Piotr, les choses s'accélèrent un peu trop vite à mon goût. Le gentil avocat commence à prendre des décisions bien sombres et à y prendre goût. Son rapport au pouvoir change à vue d'œil. C'est une facette intéressante, mais j'aurais aimé que les scénaristes prennent leur temps. 

 

Sa bascule vers le côté obscur manque un poil de nuances et de progressivité pour être totalement crédible, mais ça reste captivant à suivre. Ce qui fait la force de ce début de saison, c'est clairement la galerie de personnages secondaires. Le père Leyer a une présence de dingue à l'écran sans jamais en faire des caisses. Les chefs de gangs rivaux font le job et installent une menace permanente. Mais mon petit chouchou pour l'instant, c'est Moro. C'est le flic infiltré de service, et son intrigue apporte une tension psychologique bienvenue. Avec lui, on sort des fusillades classiques pour entrer dans le jeu du chat et de la souris, des faux-semblants et de la paranoïa. Ça fait un bien fou à l'histoire. Visuellement, la série tient la route. SkyShowtime a mis les moyens. 

Que ce soit l'ambiance froide des zones portuaires, le clinquant des boîtes de nuit ou la chaleur relative des scènes de famille, les décors sont soignés. La photo joue à fond sur les contrastes de lumière pour appuyer la double vie de Piotr, et la musique colle bien à l'ambiance sans être lourde. Les scènes d'action font le taff, surtout dans l'épisode 2 où la tension monte d'un cran. Le seul bémol, c'est l'écriture de certaines répliques qui manquent de naturel et quelques grosses ficelles scénaristiques un peu faciles. Au final, ces deux épisodes de Morpheus me laissent sur une impression plutôt positive. Oui, le démarrage est ultra classique et recycle pas mal de clichés du polar criminel. 

 

Mais le deuxième épisode corrige le tir en injectant de l'intensité et du conflit. Ce qui me donne envie de voir la suite, c'est l'évolution de Piotr. Plus qu'une simple guerre de gangs, j'ai l'impression que la série veut raconter la corruption d'un homme face à ses racines. Malgré quelques raccourcis un peu grossiers, il y a assez de matière et de mystère pour me donner envie de lancer l'épisode 3. Une série à suivre de près si vous aimez les thrillers sombres et familiaux.

 

Note : 6.5/10. En bref, Morpheus réussit son entrée grâce à une ambiance polonaise sombre et une galerie de personnages secondaires captivants, notamment l'intrigue du flic infiltré. Même si le démarrage reste très classique et que la transformation du héros manque parfois de finesse, la montée en tension du deuxième épisode donne clairement envie de voir la suite.

Prochainement en France

Disponible sur SkyShowtime, accessible via un VPN

 

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