16 Juin 2026
Golden Boy // De Wai-Koon Chan. Avec Louis Cheung, Eric Tsang et Suet Lam.
On ne va pas se raconter d'histoires, les films de boxe finissent souvent par tous se ressembler un peu. Entre la carrière brisée, la quête de rédemption, les séances d'entraînement intensives à la dure et le combat final qui doit tout changer, les codes du genre sont archiconnus. Golden Boy ne cherche jamais vraiment à réinventer la roue ni à cacher ses influences. Le scénario avance sur un terrain balisé que l'on connaît par cœur, mais le long-métrage réussit tout de même à capter l'attention. S'il y parvient, c'est surtout grâce à l'énergie brute de son acteur principal et à une relation père-fils qui s'avère finalement plus touchante que prévu.
Après dix ans de prison, l'ex-boxeur Cheung Lek rencontre son fils pour la première fois. Confronté à la paternité et aux regrets du passé, il cherche la rédemption en retournant sur le ring pour inspirer son fils et retrouver sa raison d'être.
L'intrigue s'articule autour de Cheung Lek, un ancien boxeur qui retrouve enfin la liberté après avoir passé plusieurs années derrière les barreaux. Forcément, le retour à la réalité est brutal. Il découvre notamment l'existence d'un jeune fils qu'il n'a jamais élevé. Tiraillé entre le besoin viscéral de reconstruire ce lien familial brisé et l'envie de remonter sur le ring pour une seconde chance, le protagoniste se retrouve au centre d'une formule qui mélange drame intime et pur film de sport. Le premier contact avec l'œuvre s'avère pourtant assez laborieux. Les vingt premières minutes souffrent de dialogues un peu lourds et d'un faux rythme assez déstabilisant.
Le réalisateur tente de forcer l'émotion un peu trop vite, sans prendre le temps de poser ses personnages. Le gamin, au début, sonne un peu faux avec ses répliques hyper matures qui sortent de la bouche d'un enfant de son âge. Heureusement, la machine se règle au fil des minutes. Le jeune acteur gagne en naturel et la complicité qui s'installe avec son père devient le véritable moteur du film. Leurs scènes partagées, en particulier les moments de complicité durant l'entraînement, fonctionnent super bien parce qu'elles misent sur la simplicité plutôt que sur des effets dramatiques surjoués. La grande force de Golden Boy, c'est sans conteste Louis Cheung.
Son investissement physique est impressionnant et donne instantanément du poids au film. Son visage fatigué et sa transformation corporelle parlent d'eux-mêmes, bien plus que n'importe quelle ligne de dialogue. Il campe avec beaucoup de justesse cet homme brisé par la vie et par ses propres erreurs, qui ne cherche pas la gloire ou les projecteurs, mais simplement à prouver à son fils qu'il a de la valeur. Du côté de l'action, les scènes de combat font clairement partie des meilleurs moments du film. La caméra filme les affrontements de manière directe, brute et frontale. On évite le piège des chorégraphies trop hollywoodiennes ou stylisées à l'extrême.
Ici, les coups font mal, les corps s'épuisent, la sueur gicle et cette approche réaliste apporte une vraie tension à l'écran. Le gros point noir reste la trajectoire ultra prévisible du script. Absolument tous les passages obligés du genre s'enchaînent exactement là où on les attend. Le vieux coach sage, la phase de préparation physique, les coups du sort et le grand match de la dernière chance se succèdent sans jamais dévier d'un poil de la feuille de route. Le film s'éparpille aussi un peu avec des intrigues secondaires dispensables. Toute la partie qui tourne autour d'une histoire d'héritage ou certains personnages secondaires manquent cruellement de développement.
Ils apparaissent et disparaissent sans que l'on comprenne trop pourquoi, ce qui donne parfois l'impression que le réalisateur hésitait sur la direction à donner à son récit. L'émotion fonctionne du coup par intermittence. Le long-métrage utilise parfois de grosses ficelles pour faire pleurer dans les chaumières. Heureusement, la mise en scène sait faire preuve de retenue aux bons moments, ce qui permet aux séquences les plus sincères de faire mouche. La réalisation globale est propre et carrée durant les combats, même si elle s'avère un poil trop académique dans les moments plus calmes. Les acteurs de soutien font le job honnêtement.
L'entraîneur est impeccable de sobriété et l'entourage apporte un peu de chaleur humaine à l'ensemble. On aurait juste aimé qu'ils aient un peu plus d'épaisseur pour s'attacher encore plus à leur destin. Au bout du compte, on retient surtout de Golden Boy la performance habitée de son comédien principal. Malgré un manque d'originalité flagrant et des faiblesses d'écriture, une vraie sincérité se dégage de cette aventure humaine. Ce n'est pas le nouveau chef-d'œuvre du cinéma de boxe, mais ce n'est pas non plus un vulgaire plagiat sans âme. C'est un divertissement honnête, efficace, porté par un Louis Cheung au sommet de sa forme. Les amateurs d'histoires de rédemption et de ring y trouveront largement leur compte pour passer un bon moment.
Note : 5/10. En bref, on retient surtout de Golden Boy la performance habitée de son comédien principal. Malgré un manque d'originalité flagrant et des faiblesses d'écriture, une vraie sincérité se dégage de cette aventure humaine.
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