29 Juillet 2026
Quand la BBC annonce un nouveau cosy crime, on attend une pépite britannique savoureuse, légère et bien ficelée. Malheureusement, avec cette première saison de The Hairdresser Mysteries, la déception est totale. En six épisodes à peine, la série liquide tout le potentiel de son pitch pour nous servir un marasme visuel et narratif assommant. On nous vendait une comédie policière rafraîchissante, je me suis retrouvé face à un vrai désastre d'écriture qui ne sait jamais sur quel pied danser. L'histoire suit Lily Petal, une ancienne coiffeuse de Londres qui décide de tout plaquer pour racheter un salon dans le village de Blossom Vale.
L'histoire de Lily Petal, passionnée des années 70, qui quitte sa vie de coiffeuse urbaine pour un salon de village. Entre confidences de clients et intuition aiguisée, elle élucide les mystères locaux depuis son fauteuil.
Évidemment, la campagne anglaise n'a rien de paisible et les cadavres s'y accumulent plus vite que les rendez-vous pour une couleur. Armée de ses ciseaux et de son sens du commérage, Lily s'improvise détective et résout les crimes bien avant que les flics du coin ne lorgnent sur l'affaire. L'idée de transformer une coiffeuse en miss Marple des temps modernes pouvait sembler amusante. Dans les faits, le résultat frôle le néant. Dès le pilote, la mécanique tourne à vide et répète le même schéma fainéant. Un villageois passe de vie à trépas, Lily va tailler la bavette avec trois voisins excentriques, ramasse un indice absurde au détour d'une phrase, et déballe la solution dans les cinq dernières minutes. Le problème majeur, c'est que le spectateur est mis sur touche.
On ne peut rien deviner, on ne participe à rien. Les preuves décisives apparaissent au tout dernier moment par pure magie scénaristique. Ajoutez à cela un manque absolu de tension : Blossom Vale subit une hécatombe hebdo mais tout le monde s'en fout. Les habitants croisent des morts sur le trottoir avec la même indifférence qu'un jour de pluie. Pas la moindre urgence, pas un gramme d'inquiétude, rien. Tout flotte dans une léthargie mortelle pour le moindre suspense. Au-delà de la pauvreté des enquêtes, c'est le ton global qui agace. The Hairdresser Mysteries ne sait tout simplement pas ce qu'elle veut être.
Un coup elle essaie de jouer la carte du meurtre mystérieux classique, la minute d'après elle dérape vers la farce absurde, avant d'enchaîner sans crier gare sur des intermèdes musicaux où les personnages se mettent à pousser la chansonnette sur des tubes des années 70. Ces parenthèses chantées flinguent le peu de rythme qui restait. C'est lourd, pas drôle, et ça flingue la cohérence globale. Même constat d'échec sur le plan visuel. On sent une volonté appuyée de créer une esthétique rétro, très flashy, presque bande dessinée. Mais au lieu de charmer, le résultat sonne désespérément faux. Les papiers peints agressifs, les salons surchargés et les garde-robes kitsch donnent l'impression de regarder une mauvaise pièce de théâtre enregistrée à la hâte.
Blossom Vale ne ressemble jamais à un vrai village vivant, mais plutôt à un parc d'attractions poussiéreux habité par des caricatures surjouées. Côté distribution, c'est le gâchis. Sally Phillips fait tout son possible pour sauver les meubles dans le rôle de Lily. Elle apporte une vraie sincérité et choisit de jouer son personnage avec de la retenue, refusant d'en faire des caisses. C'est sûrement la seule raison pour laquelle on ne coupe pas l'écran au bout de vingt minutes. À ses côtés, Charlotte Jordan tire aussi son épingle du jeu dans la peau de Clary. La dynamique entre les deux comédiennes fonctionne plutôt bien et offre les seuls rares échanges digestes de la saison. Mais pour le reste du casting, c'est la fête au village dans ce qu'elle a de plus pénible.
Les seconds rôles accumulent les tics d'acteurs, les hurlements et les excentricités forcées. À haute dose, ça devient rapidement insupportable. Quand la résolution d'une enquête arrive, le coupable passe aux aveux en dix secondes chrono, sans aucune émotion, pour des mobiles d'une stupidité affligeante. À aucun moment Lily ne se trouve en danger, et les meurtres n'ont absolument aucun impact sur la vie du village. Vouloir proposer un cosy crime décalé et sans prise de tête est une intention louable. Mais encore faut-il avoir de bons mots, des énigmes tenaces et un minimum de respect pour le public.
Note : 3/10. En bref, The Hairdresser Mysteries échoue sur tous les tableaux. L'humour tombe plat neuf fois sur dix, les intrigues sont d'une pauvreté affligeante et la mise en scène retro-kitsch s'avère indigeste. Sally Phillips et Charlotte Jordan font de leur mieux pour apporter un peu de chaleur à ce ratage complet, mais leur bonne volonté ne suffit pas à sauver ce naufrage. Si vous aimez les mystères britanniques élégants et bien ficelés, passez votre chemin. Cette première saison est un ennui poli mais certain, à éviter de toute urgence.
Prochainement en France
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