Critique Ciné : One Last Shot (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : One Last Shot (2026, direct to SVOD)

One Last Shot // De James Nunn. Avec Scott Adkins, Steven Cree et Hannah Ware.

 

Scott Adkins repasse une troisième fois sur le billard avec One Last Shot, et très franchement, on commence à sentir la sciure sous le tapis. Après One Shot et One More Shot, notre cher Jake Harris n’a toujours pas eu le temps de prendre une tisane ou de poser deux jours de RTT. Non, le voilà immédiatement renvoyé sur le terrain parce que, pas de bol, la sécurité nationale des États-Unis est encore tenue par des bouts de ficelle et trois rouleaux de gaffer. James Nunn rempile à la réalisation pour boucler ce qui ressemble désormais moins à une trilogie culte qu'à un marathon un peu triste où tout le monde tire la langue.

 

Le Navy Seal Jake Harris doit empêcher une équipe de mercenaires, menée par son ancien camarade désabusé, de désactiver le système de défense antimissile américain.

 

Le problème quand on tire trois fois sur la même corde, c'est qu'elle finit par péter. L'histoire reprend pile là où on avait laissé ce pauvre Jake. Un commando prend en otage le gratin militaire américain dans un bunker hautement sécurisé. Enfin, sécurisé, c'est un grand mot, puisque le grand méchant du jour, Elliot Carter, rentre là-dedans comme dans un moulin. Son plan machiavélique ? Voler les données biométriques de la hiérarchie pour pirater le système de défense nucléaire américain. Simple, classique, vu mille fois. Face à ça, on nous colle une responsable du renseignement en fuite dans les couloirs et un amiral qui panique derrière ses écrans. Et pour régler le problème, qui c'est qu'on rappelle ? 

 

Jake Harris, évidemment. Parce que visiblement, l'armée américaine ne compte qu'un seul soldat opérationnel dans tout son annuaire. Sauf que notre bon Jake tire la tronche, et on le comprend. Scott Adkins passe la moitié du métrage avec une tête de mec qui a un lumbago carabiné et trois trains de retard. Il grimace, il boite, il saigne, mais il continue de distribuer des coups de pied retournés parce que c'est écrit sur son contrat. C'est le seul truc qui sauve encore les meubles : Scott Adkins donne tout ce qu'il a. Dans les bastons au corps-à-corps, le mec fait le boulot, c'est sec, c'est lisible et ça fait mal là où ça passe. Mais le personnage est réduit à un pauvre automate. On lui dit d'avancer, il avance. 

 

On lui dit de tirer, il tire. À aucun moment le mec n'existe en tant qu'être humain, c'est juste un pnj géant programmé pour nettoyer des couloirs grisatres. Du côté de la menace, c'est pas franchement plus reluis. Steven Cree fait ce qu'il peut dans la peau de l'ancien SEAL devenu traître, mais sa confrontation avec Adkins a autant de piquant qu'un plat sans sel. L'idée d'opposer deux militaires issus du même moule aurait pu amener un minimum de grain à moudre, mais le film préfère glisser poliment sur le sujet. Heureusement que le film nous sort Kane Kosugi du chapeau pour jouer le bras droit. La revanche entre Kosugi et Adkins, des années après Ninja Shadow of a Tear, c'est à peu près le seul quart d'heure où j'ai arrêté de regarder ma montre. 

 

Là oui, ça défouraille, ça bouge bien, et la chorégraphie a enfin un peu de gueule. Pour meubler le fond du décor, on a droit à Dolph Lundgren dans le rôle de l'amiral Mulholland. À presque 70 balais, le géant suédois impose sa carcasse en uniforme, mais n'espérez pas le voir lever la jambe ou casser des dents. Il passe tout le film assis ou debout derrière un bureau à brailler des ordres radio. On comprend l'envie de coller un grand nom sur l'affiche pour appâter le chaland, mais l'utiliser comme un simple figurant de luxe à côté d'Adkins, c'est quand même un sacré gâchis. Mais parlons un peu du gros morceau, ce fameux concept de faux plan-séquence censé tout révolutionner. 

 

Si le procédé faisait son petit effet dans le premier volet, il commence ici à sentir fort le réchauffé. À force de vouloir tourner en continu sans vraie coupe visible, la caméra s'agite, tourne en rond dans des couloirs qui se ressemblent tous, et les coutures du montage sautent aux yeux toutes les dix minutes. Au lieu de nous plonger dans l'action, le dispositif finit par se voir beaucoup trop. On passe notre temps à repérer le moment où le caméraman passe derrière le dos d'un figurant ou rase un mur pour masquer le raccord. La mise en scène devient une contrainte technique plutôt qu'une vraie idée de cinéma.

 

Au final, One Last Shot souffle sur des cendres déjà bien froides. La mise en scène s'épuise, le scénario tient sur un ticket de caisse et les enjeux sont tellement téléphonés qu'on devine la fin au bout de vingt minutes. Le film se laisse regarder si vous avez vraiment deux heures à perdre un dimanche soir pluvieux, mais on est très loin de la fraîcheur du début. À force d'étirer une formule jusqu'à l'absurde, James Nunn livre un produit mécanique, plat, qui manque cruellement de punch et de personnalité. Scott Adkins a fait ce qu'il a pu avec ce qu'on lui a donné, mais il serait vraiment temps de lui payer des vacances et de classer cette franchise au rayon des souvenirs.

 

Note : 3/10. En bref, One Last Shot souffle sur des cendres déjà bien froides. La mise en scène s'épuise, le scénario tient sur un ticket de caisse et les enjeux sont tellement téléphonés qu'on devine la fin au bout de vingt minutes.

Sorti le 2 octobre 2026 directement en VOD

 

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