Critiques Séries : And Just Like That… Saison 3. Episode 1.

Critiques Séries : And Just Like That… Saison 3. Episode 1.

And Just Like That… // Saison 3. Episode 1. Outlook Good.

 

Le retour de And Just Like That... pour sa troisième saison était attendu. Non pas parce que l’univers de Carrie, Miranda et Charlotte avait su se renouveler lors des deux saisons précédentes, mais plutôt pour cette question laissée en suspens : la série allait-elle enfin trouver un équilibre entre ses ambitions et ses personnages ? L’épisode d’ouverture laisse entrevoir un virage. Il y a une sensation de ménage fait dans les intrigues et les personnages secondaires, comme un grand coup de balai pour laisser respirer les figures centrales. Certains visages ont disparu, sans tambour ni trompette. D’autres reprennent de l’épaisseur. 

 

On retrouve ainsi une dynamique plus resserrée, qui pourrait donner de l’espace aux personnages pour se redéfinir, sans s’éparpiller dans des intrigues trop nombreuses ou trop lourdes. L’un des choix marquants de cet épisode d’ouverture est la disparition de certains personnages secondaires introduits dans les saisons précédentes, qui n’avaient jamais vraiment trouvé leur place. Le départ de Nya et Che est notable, car leur présence semblait souvent artificielle. Ils apparaissaient comme des ajouts forcés à une histoire qui, au fond, ne savait pas quoi en faire. Leur retrait permet de recentrer l’attention sur des figures historiques comme Carrie, Miranda et Charlotte, mais aussi de donner un peu plus de place à des personnages comme Seema, qui avait jusqu’ici surtout servi de faire-valoir à l’intrigue de Carrie.

Seema, justement, trouve ici un peu plus de substance. La série lui offre enfin une histoire propre, détachée de la dynamique de Carrie. Une rupture sentimentale la libère de son rôle d’accessoire dans la vie des autres. Ce n’est pas une révolution, mais au moins un pas dans la bonne direction. On sent que la série pourrait chercher à creuser ce personnage, à explorer ses aspirations et ses contradictions. Reste à voir si cela sera tenu dans la durée. Le cœur de l’épisode repose, comme souvent, sur Carrie. Elle se retrouve face à un Aidan toujours aussi flou, dans une relation qui ressemble à un patchwork de non-dits et de signaux contradictoires. 

 

La fin de la saison précédente avait laissé le couple en suspens, Aidan demandant une pause de cinq ans pour s’occuper de son fils en difficulté. Ce qui pouvait laisser imaginer un saut dans le temps est finalement balayé : l’épisode reprend exactement là où il s’était arrêté. Mais que reste-t-il vraiment de ce couple ? Carrie et Aidan semblent évoluer dans un flou permanent. Des cartes postales avec des cœurs griffonnés, des appels nocturnes à moitié avortés, des moments de tendresse interrompus par des barrières qu’aucun des deux ne sait vraiment justifier. Leurs échanges dégagent une impression d’inachevé, voire d’incompréhension mutuelle. 

L’épisode montre même Carrie simulant un orgasme au téléphone, comme pour masquer l’absurdité d’une situation où ni l’un ni l’autre ne semble prêt à se confronter à la réalité de leur relation. Ce flottement interroge. Ces deux personnages s’accrochent-ils à quelque chose qui n’existe plus que par nostalgie ? La série semble vouloir maintenir ce fil narratif, mais pour quoi faire ? Si la dynamique entre Carrie et Aidan reste en suspens, elle ne donne pour l’instant aucune véritable direction. Miranda, quant à elle, tente de se réinventer. L’ancienne avocate, figure de carrière et de pragmatisme, explore son identité lesbienne avec une curiosité maladroite. 

 

Les scènes la montrent dans des bars, à attendre des femmes qui ne viennent pas, à collectionner les cocktails sans alcool tout en cherchant un nouveau souffle dans sa vie amoureuse. Un début de romance inattendu émerge avec Mary, une nonne canadienne de passage à New York. La situation est cocasse, et Miranda, malgré son expérience, se laisse piéger par cette rencontre improbable. Cette intrigue oscille entre le burlesque et le questionnement plus profond. Miranda semble chercher quelque chose – un ancrage, une direction, peut-être même une confirmation de qui elle est devenue. Mais sa quête se heurte à une réalité parfois absurde : des textos envoyés depuis des lieux touristiques, des quiproquos sentimentaux, des signaux mal interprétés. 

Cela donne des scènes à la fois légères et un peu tristes, où l’on sent Miranda perdue mais toujours volontaire. Charlotte, fidèle à elle-même, oscille entre des intrigues farfelues et des tentatives sincères d’être une mère et une épouse impliquée. Dans cet épisode, son chien est accusé à tort d’avoir mordu un autre animal – une histoire aussi futile qu’inutile, qui aurait pu être évitée. Pourtant, Charlotte, incarnée par une Kristen Davis toujours juste, parvient à donner un minimum de crédibilité à cette intrigue sans grand intérêt. Sa capacité à incarner l’excès avec une forme de sincérité permet à son personnage de rester attachant, malgré la faiblesse des situations dans lesquelles on l’enferme trop souvent.

 

Lisa, de son côté, continue d’exister en arrière-plan, en mère débordée qui jongle entre sa carrière de réalisatrice, ses enfants, et un mari engagé en politique. Ce portrait d’une femme tentant de concilier ambitions professionnelles et vie de famille apporte un contrepoint intéressant, même si l’on sent que la série pourrait aller plus loin dans l’exploration des tensions qui traversent ce couple. Cet épisode d’ouverture laisse une impression ambivalente. D’un côté, la volonté de recentrer les intrigues sur les personnages principaux, en élaguant ce qui n’avait pas fonctionné, est une démarche logique. Il y a une tentative de retrouver ce qui faisait l’essence de la série : des femmes qui naviguent dans les méandres de la vie adulte, entre relations amoureuses compliquées, désirs contrariés, et réalités souvent banales.

D’un autre côté, certaines scènes donnent l’impression d’une série encore engluée dans ses propres hésitations. Les intrigues amoureuses semblent tourner en rond, et certaines situations – comme la relation floue entre Carrie et Aidan ou la mésaventure de Miranda avec Mary – paraissent artificielles. Cela donne un épisode qui oscille entre le retour aux fondamentaux et la peur de vraiment se réinventer. L’épisode se termine sur une image familière : Carrie, devant son ordinateur, reprenant l’écriture après une longue pause. Cette scène rappelle les moments iconiques de la série originale, mais elle pose surtout une question : que peut encore raconter cette série, maintenant que ses personnages ont évolué, parfois de manière chaotique, parfois de façon prévisible ?

 

La réponse se trouve peut-être dans la capacité à oser des arcs narratifs plus profonds, à explorer les contradictions des personnages sans se réfugier dans des clichés. Il ne suffit pas d’empiler des situations improbables ou de recycler des schémas anciens. L’enjeu est de donner à ces femmes la possibilité d’exister à nouveau pleinement, dans des intrigues qui résonnent avec une certaine vérité émotionnelle. Les maladresses peuvent exister, les échecs aussi – mais il faut qu’ils servent à construire des histoires où l’on croit encore à ce qui se joue à l’écran. Ce premier épisode de la saison 3 d’And Just Like That... donne des signes de changement, sans pour autant convaincre pleinement. 

Il y a des pistes intéressantes, comme le recentrage sur les personnages principaux et l’envie de donner plus d’espace à certains personnages sous-exploités. Mais l’ensemble reste fragile, et il faudra sans doute quelques épisodes supplémentaires pour savoir si la série a véritablement trouvé son rythme. Ce qui est sûr, c’est qu’en laissant derrière elle des personnages qui n’avaient pas réussi à s’intégrer, la série se donne une chance de repartir sur de meilleures bases. Reste à voir si elle saura en tirer parti pour proposer des histoires qui valent la peine d’être racontées.

 

Note : 6/10. En bref, ce premier épisode donne l’impression que la série est prête à changer et ce serait une bonne nouvelle. 

Disponible sur max

 

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