After the Flood (Saison 2, 6 épisodes) : une évolution sensible après une première saison hésitante

After the Flood (Saison 2, 6 épisodes) : une évolution sensible après une première saison hésitante

La saison 2 de After the Flood arrive avec une responsabilité claire : faire oublier une première saison qui laissait surtout un sentiment d’occasion manquée. Le concept initial, centré sur une catastrophe climatique et ses répercussions sociales dans une petite ville du Yorkshire, avait de quoi intriguer. Pourtant, malgré un point de départ prometteur, la saison 1 peinait à installer une tension durable, à créer de véritables enjeux émotionnels et à rendre ses personnages mémorables. 

 

Six épisodes plus tard, le constat restait mitigé, avec l’impression d’une série hésitante, coincée entre le polar classique et une ambition qu’elle n’assumait jamais vraiment. Cette deuxième saison, composée elle aussi de six épisodes, cherche clairement à montrer une évolution. Le récit reprend un an après les événements précédents. Joanna Marshall n’est plus simple agente mais enquêtrice à part entière. Sa vie personnelle a changé, son regard sur la police aussi, et Waterside demeure cette ville engourdie par les secrets, les arrangements et les non-dits. Sur le papier, tous les ingrédients sont réunis pour densifier l’univers de la série et lui donner enfin une identité plus affirmée. 

 

Là où la saison 1 utilisait les inondations comme un décor finalement assez anecdotique, la saison 2 élargit son propos environnemental. Cette fois, la menace vient des incendies de landes et de pratiques agricoles et industrielles discutables. Le lien entre catastrophe écologique, décisions politiques locales et violence humaine est davantage assumé. Le scénario tente de montrer comment des choix faits en hauteur, sur les collines ou dans les bureaux, finissent par retomber sur les habitants les plus exposés. Ce thème, plus présent et mieux intégré, donne une cohérence que la première saison n’avait jamais vraiment trouvée. L’intrigue criminelle démarre avec la découverte d’un corps dans un paysage brûlé. 

 

L’enquête progresse de manière assez classique, mais elle s’inscrit cette fois dans un réseau de tensions plus large. Les familles influentes, les promoteurs immobiliers, les élus locaux et les forces de l’ordre forment un ensemble plus lisible. La corruption, déjà évoquée auparavant, devient un fil rouge central. Joanna ne cherche plus seulement à comprendre ce qui s’est passé, mais à démêler un système qui protège certains individus depuis longtemps. Le personnage de Joanna Marshall gagne en épaisseur. La maternité, la séparation et la pression constante liée à son travail façonnent une héroïne plus crédible que lors de la première saison. 

 

Les doutes ne sont plus seulement suggérés par des flashbacks peu inspirés, mais intégrés dans ses choix et ses silences. Sans devenir un personnage marquant du paysage des séries policières britanniques, Joanna apparaît plus humaine, moins mécanique. Cette évolution reste l’un des apports les plus visibles de la saison 2. Le vrai moteur dramatique se trouve cependant du côté des personnages secondaires. La relation entre Joanna et sa mère apporte un ancrage local et générationnel intéressant. Les dialogues, souvent teintés d’un humour sec, donnent un peu de relief à un ensemble parfois très sérieux. Surtout, la série ose enfin installer un antagoniste clairement identifié au sein même de la police. 

 

Cette figure, déjà présente auparavant, prend ici une place centrale et impose une tension constante. La menace ne vient plus uniquement de l’enquête en cours, mais de l’environnement professionnel immédiat de l’héroïne. Visuellement, After the Flood ne change pas radicalement d’approche. La réalisation reste assez sage, parfois trop propre pour un récit qui parle de boue, de feu et de compromissions. L’atmosphère gagne en cohérence mais conserve ce côté très éclairé, presque clinique, qui empêche la série de devenir réellement oppressante. Là encore, une impression de retenue domine. Le Yorkshire est filmé comme un décor fonctionnel plutôt que comme un personnage à part entière, contrairement à ce que certaines séries britanniques ont su faire auparavant.

 

Le rythme, lui, est plus maîtrisé. La saison 2 évite certains temps morts de la première salve d’épisodes. Chaque épisode apporte de nouveaux éléments, même si l’ensemble reste prévisible par moments. La série ne surprend pas vraiment, mais elle avance avec plus de clarté. Les thématiques écologiques et politiques sont mieux intégrées à l’enquête, sans devenir des discours appuyés. Cet équilibre, imparfait mais plus conscient, permet à la série de tenir plus solidement sur la durée. Malgré ces améliorations, After the Flood peine encore à dépasser son statut de polar télévisé correct. Les enjeux restent souvent contenus, comme si la série n’osait jamais aller trop loin dans la noirceur ou la remise en question de ses personnages. 

 

Certains arcs narratifs semblent recycler des idées déjà vues, notamment autour de la corruption policière et des secrets enfouis dans une petite communauté. La saison 2 donne parfois l’impression de rejouer une partition connue, avec des variations plus que de véritables ruptures. L’absence d’une catastrophe spectaculaire équivalente à celle annoncée dans le concept initial se fait également sentir. Le titre de la série évoque toujours une menace climatique majeure, mais celle-ci reste en arrière-plan. Les incendies et leurs conséquences servent surtout de déclencheur narratif, sans jamais devenir un événement pleinement vécu à l’écran. Cette retenue continue d’alimenter un léger décalage entre la promesse et le résultat.

 

Au final, la saison 2 de After the Flood représente une progression par rapport à une première saison décevante. L’écriture gagne en cohérence, les personnages secondaires apportent une vraie valeur ajoutée et les thématiques trouvent enfin une place plus naturelle dans le récit. Pourtant, la série semble encore hésiter entre ambition et confort. Elle corrige certains défauts sans totalement se réinventer. Pour celles et ceux qui avaient abandonné après la saison 1, ce retour pourra apparaître plus solide. Pour d’autres, il rappellera surtout qu’un bon concept ne suffit pas toujours à transformer une série en expérience marquante.

 

Note : 5.5/10. En bref, la saison 2 de After the Flood corrige plusieurs faiblesses de ses débuts en proposant une intrigue plus lisible et des personnages mieux définis, notamment autour de la corruption locale et des enjeux environnementaux. Malgré ces progrès, la série reste prudente dans son traitement et peine encore à dépasser le cadre d’un polar britannique efficace mais rarement marquant.

Prochainement en France

 

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